CHAPITRE VII
très-chargé de cuivre. On doit conclure de là que dans la dorure pnr immersion , il se précipite sur le cuivre , quand ce métal se trouve déjà dans le bain d'or, un alliage d'or et de cuivre, dont la couleur rougeâtre domine d’autant plus celle de l'or , qu'il y a moins d'or dans la dissolution. Le seul moyen d'éviter cet inconvénient est d’ajouter à celle-ci un sel métallique dont le métal, réduit en même temps que l’or et le cuivre, blanchisse l’alliage de ces deux métaux. Or, comme nous avons montré dans les opérations 9 , 10 , 11 et 1 2 précédemment indiquées , qu’en ajoutant au bain une petite quantité de nitrate d’argent , la dorure de la lame n° 9 renfermait 0', 001 75 d’argent, la lamen° 10 , la même quantité, la lamen” 11 , o', 00150 , et la lame n" 12 , 0 ‘, 00125 , on voit maintenant pourquoi, quand on lyoute une petite quantité de nitrate d’argent au bain qui donne une dorure rouge, la teinte change et prend un ton convenable. Cette addition permet d’épuiser presque complètement un bain d’or sans avoir une dorure rouge.
Il n’est pas inutile de faire remarquer qu’en laissant refroidir le bain , auquel on a ajouté nue petite quantité de nitrate d’argent, il sc dépose un sel de ce métal ; mais il en reste encore une partie en dissolution, puisqu'on y plongeant une lame de laiton décapée, elle prend une teinte verte. Ce sel est évidemment plus soluble à chaud qu’à froid.
Dorure de l’argent par immersion.
M. Levol, auquel est due cette dorure, compose son bain en versant du chlorure neutre d’or dans une dissolution aqueuse de sulfocyanure de potassium, jusqu’à ce que le précipité d’abord formé disparaisse. La liqueur éclaircie doit être légèrement acide; si elle ne l’est pas, on ajoute quelques gouttes d’acide chlorhydrique.
Pour dorer, on plonge l’argent dans cette liqueur presque bouillante et médiocrement concentrée , état dans lequel on la maintient en y versant de temps en temps de l’eau chaude pour remplacer celle qui s’est vaporisée; on évite par là les inconvénients qui résulteraient d’une trop grande concentration de l’acide chlorhydrique, dont la présence est néanmoins utile pour s’opposer à la formation d’un précipité aurifère, qui a lieu par l’élévation de température lorsque c’est l’alcali qui domine.
M. Levol a reconnu en outre que les solations d’or et d’argent dans le cyanure de potassium pouvaient servir à dorer et à argenter par
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immersion le cuivre, le laiton et le bronze , pourvu que les bains fassent portés à une température voisine de l’ébullition.
On ne peut dorer l’argent par ce procédé.
La solution du cyanure de cuivre , dans le cyanure de potassium, ne cuivre pas l’argent, même en contact avec le zinc ; cependant elle cuivre parfaitement ce dernier métal et d’une manière U'ès-soUde.
De la mise en couleur, du bruni et du poli.
Lorsqu’une pièce est dorée, tantôt il faut lui donner le mat , le brillant , tantôt le poli. Le beau mat , dit mat de pendule , ne peut s’obtenir immédiatement qu’avec difficulté , quel que soit le mode de dorure, attendu que la surface est toujours salie, çà et là, par des métaux étrangers , ou leurs oxydes , qui ne peuvent être enlevés que par une nouvelle opération appelée mise en couleur.
Le mat s’obtient en plongeant les pièces, pour les dorui-es épaisses , dans un mélange (dont voici la décomposition) fondu dans son
eau de cristallisation :
Nitrate de potasse 40
ÂluD 25
Sel marin 35
Quand la fusion est opérée, on fixe la pièce à un crochet de laiton et on la plonge à plusieurs reprises dans le mélange fondu. Cela fait, on la pose , en la tenant toujours par le crochet , dans une espèce d’étuve formée d’un manchon en terre , ou fourneau composé d’une grille cylindrique , circulaire , concentrique, intérieure, en fer , reposant sur le fond. Entre le manchon et la grille , on met un mélange de coke et de charbon de bois; il en résulte alors une chaleur élevée, uniforme dans l’intérieur de la grille. C’est dans cet intérieur que l’on met la pièce, que l'on remue pour lui faire prendre la même température, et on la chauffe jusqu’à ce que la matière saline qui la recouvre devienne homogène, presque transparente, et entre en fusion. Immédiatement après , on la plonge dans l’eau froide pour enlever toutes les matières qui se trouvent à la surface. On lave ensuite dans de l’acide nitrique très-faible , puis dans de l’eau, et enfin on la fait sécher sur un réchaud disposé à cet effet, ou bien on sèche à la sciure.
D’après la composition du mélange, on voit immédiatement que l’effet produit est dû au dégagement du chlore ou à la formation de l’eau régale très-iaible.
CHAPITBB VIII.
Cette mise en couleur convient aux pièces qui ont une forte dorure ; mais quand la couche d'or est mince , comme dans la dorure par immersion, il faut bien se garder d'employer un mélange trop actif qui enlèverait l'or. 11 faut se borner à un mélange de sulfate acide et de
nitre.
Nitrate de potasse 350
Alun 250
Sulfate de zinc 125
Sulfate de fer 135
Le bruni et le poli s'obtiennent soit avec la brosse du doreur, autrement dit gratte-brosse , et le brunissoir ; le premier est formé de la réunion de flls de laiton plus nu moins fins, suivant les effets que l’on a en vue, et serrés fortement les uns contre les autres avec un fil de laiton, enroulé de manière que les circonvolutions soient jointives. On frotte la pièce avec cette brosse en la tenant plongée dans de l’eau de savon, de l’eau acidulée par le vinaigre, jusqu’à ce qu'on ait obtenu le brillant désiré. Le bruni consiste à passer une sanguine ou hématite, taillée de diverses manières , suivant que les surfaces sont ou planes on creuses , ou remplies de ciselures dont on veut atteindre le fond. Il faut de temps à autre tremper le brunissoir dans de l’eau acidulée par le vinaigre , jusqu’à ce que la pièce ait acquis un beau poli. Cette opération terminée, on lave la pièce dans l’eau froide, ou l’essuie avec un linge fin, et on sèche lentement sur un grillage placé sur un réchaud rempli de braise allumée.
Nous ne croyons avoir omis aucune des indications générales dont on peut avoir besoin pour la dorure par immersion. Plusieurs de ces indications sont nécessaires pour la dorure électro-chimique ; aussi n’y reviendrons-nous pas.