‹ Elements d'electrochimie appliquee aux sciences naturelles et aux artsChapitre 93 sur 111 · CHAPITRE Vin · texte numérisé non relu

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la dissolution où est le zinc. Mais il y a un moyen très-simple d’éviter le dépùt du métal sur le zinc : il suffît de placer en dehors du diaphragme çà et là, sur la toile qui ferme la tubulure, des fragments de ziuc perforés , ét de les retenir avec une antre toile. Avec cette disposition, le zinc interposé décomposera les petites quantités de dissolution d'or à mesure qu’elles passeront à travers le diaphragme; il faudra seulement s’arranger pour que les morceaux de zinc ne le touchent pas , afln d’éviter les dépôts métalliques qui finiraient par obstruer le diaphragme lui-méme.

L’objection la plus sérieuse qu'on puisse former contre l'appareil simple est qu’on n'a pas toujours au même degré]de saturation la solution métallique sur laquelle on opère. Le seul moyen d’y parer, serait de placer dans la partie supérieure du liquide, des cristaux du sel employé, dont la dissolution successive remplacerait le sel réduit ; mais on conçoit que cela ne saurait avoir lieu avec les sels d’or et les sels très-déliquesceiits, toutes les fois surtout qu’on opère avec des dissolutions non concentrées. Ce qu’il y a de mieux à faire dans cette circonstance , est de calculer par des pesées la quantité d'or enlevée dans un certain temps , et de remplacer immédiatement la quantité de métal enlevé par une quantité de sel correspondante. Pendant toute la dorée de l'opération, on n’aura pas à la vérité une dissolution au même degré de saturation ; mais si la quantité d’or en dissolution est considérable relativement à celle qui est décomposée dans un temps donné , on se trouvera dans les conditions les plus favorables pour l’industrie , qui ne recherche pas cette précision qu’exigent les expériences délicates. Il faut autant que possible que la dissolution soit toujours à peu près au même drgré de saturation ; car si cette condition n’est pas remplie, il pourrait se faire qu’en employant le double cyanure d’or et de potassium, le fer fût réduit en même temps que l’or; ce qui donnerait une mauvaise dorure. D'un autre côté , la diminution dans la saturation du sel en amène une dans l’intensité du courant. Cette intensité peut diminuer encore par suite d’un affaiblissement dans l’action chimique du liquide sur le zinc qui plonge dedans. Cet affaiblissement provient de deux causes ; 1° de ce que l’eau salée ou acidulée s’affaiblit de plus en plus ; 2” de ce que la surface de zinc n’est pas toujours dans le même état. Pour éviter l’affalblissement, on peut mettre dans la partie supérieure un sachet rempli de sel marin, qui se dissout à mesure que celui qui se trouve dans la dissolution est décomposé. Pour l’eau acidulée, on place au-dessus un entonnoir à bec capillaire, dans lequel se trouve l’acide qui, s’écon-

ÉLÉUBNTI D’iLBCtBO-CHIMIE.

latlt goutte à goutte i remplace celui qui se eottibinè atec ie *inc.

Quant à la diminution du courant résultant des produits qui recouvrent le zinCi Si on emploie le zinc amalgamé, on n’a besoin que de l’essuyèr de temps en temps pour enlever les alliages.

Si le zinc n’est pas amalgamé , Il faut de toute nécessité le décaper pour mettre la surface au vif. Pour constater la diminution du courant, on se sert d’une boussole simple disposée de la manière suivante t

On place une portion du tll métallique qui unit le zinc et la pièce 8 dorer , dans la direction du méridien mdgnétique , et l’on pose la boussole de manière que l’aiguille soit au-dessus du ill. Aussitôt que l’appareil fonctionne , l’aiguilie aimantée est déviée d’un certain nombre de degrés, et l’angle d’écart sert à mesurer l’intensité du courant. Tant que l’angle ne change pas , c’est une preuve que l’intensité du courant reste constante.

Rien de tout cela n’arrive dans l’emploi des appareils composés; aussi y trouve-t-on de grands avantages ; mais aussi on se prive des avantages résultant des actions lentes, dont on tire des effets si remarquables dans la dorure sur filigrane en argent. Parmi ces avantages , nous citerons celui d’augmenter à volonté l’intensité du courant pour faire adhérer plus ou moins tel ou tel métal sur un métal quelconque. Avec l’appareil simple, on y parvient également ; mais on ifé peut jamais avoir une intensité plus considérable que celle donnée par un seul couple dont les deux éléments sont réunis par un fil très-court.

Dorure éieelro- chimique, par l’action d'un seul couple, sans l’emploi d’un diaphragine.

L’opération se fait dans un vase de grès ou de verre , en chauffant la dissolution d’or, même jusqu’à la température de l’ébullition, lorsqu’on vent avoir une bonne dorure. On place sur le vase une barre de bois , à laquelle est assujettie une lame de zinc recourbée, dont les deux extrémités viennent toueher seulement la dissolution. L’objet à dorer est mis en contact avec la lame avant son immersion ; la pièce ne tarde pas à se dorer. Il est nécessaire de temps à autre de nettoyer les extrémités immergées de la lame de zinc, pour enlever l’or précipité, et ajouter une nouvelle dissolution d’or.

L’argent, le mailleehort, le cuivre , le laiton, se recouvrent ainsi d’une très-belle dorure; mais particulièrement les deux premiers.

M. Frankenstein , qui s’est particulièrement oeeupé de ce genre de dorure , a remarqué que l’acier et le fer se dorent assez bien par ce

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moyen \ surtout quand ils ont été plongés dans de Tacidé tiltHtine étendu d'eau, puis ensuite décapés.

Pour obtenir dans la dorure de l’argent et du maillechort les différentes teintes que prend l’or, en se combinant en diverses proportions avec le cuivre, il suffît de mettre les objets soumis à l’expérience, pendant un temps plus ou moins prolongé , en contact avec un fll de cuivre, sans pour cela interrompre le contact avec le zinc; oh peut encore, et cela est préférable, ajouter à la solution d’or une quantité plus ou moins faible d’une dissolution de cuivre.

M. Fiankenstein a encore reconnu qu’il valait mieux préparer la dissolution avec le chlorure d’or, le carbonate de potasse ou de soude, le sel marin et l’eau, qu’avec le ferro-cyanure de potassium, comme il a été dit précédemment, parce que, suivant lui, la dorure est plus belle. Nous ne voj'ons pas la différence , quand surtout on ne met pas un excès de ferro-cyanure de potassium ; car on n’a pas à craindre alors que le fer se précipite en même temps que l’or.

En ajoutant à une dissolution de chlorure d’or préparée avec le ferro-cyanure de potassium et de sel marin un peu de carbonate de potasse , potas.se ordinaire, pendant que la liqueur est en état d’ébullition , la couleur verdâtre de cette dernière se transforme de suite en jaune clair, attendu qu’il s’en sépare du chloruhe de fer.

La liqueur étant filtrée et claire, il devient facile d’observer l’objet qu’on dore, jusqu’à ce qu’il ail atteint le ton qu’on désire loi donner. Pour obtenir directement une belle dorure mate, sans préparer à cet effet la surface, il suffit d’opérer avec une dissolution renfermant une partie de chlorure d’or et 200 parties d’eau; c’est cè que nous avons observé aussi depuis longtemps , en opérant avec nos appareils.

Règles générales pour les opérations de dorure sur différents

métaux.

Les développements dans lesquels nous sommes entrés mettent à même d’exécuter une bonne dorure en se conformant exacteinent aux prescriptions que nous avons indiquées, soit qu’on opère avec les appareils simples , soit avec les appareils composés. Avant de donner quelques règles générales à suivre, nous allons rappeler les propriétés des cyanures métalliques qu’on a besoin de connaître, non-senlemetit pour la dorure, mais encore pour l’application d'un métal sur un autre métal

Le cyanure d’argent se prépare en versant de l’acido hydro-cya-

étiMKHIS d’slbctro-chimie.

nique ou une dissolution de cyanure simple de potassium dans une dissolution de nitrate d’argent. Il se présente sous la forme d’une poudre blanche, insoluble dans l’eau , et soluble dans l’ammoniaque et dans les cyanures alcalins et terreux avec lesquels il forme des combinaisons doubles. Ces combinaisons ne sont décomposées ni par les chlorures ni par les alcalis, mais elles le sont par les acides qui décomposent le double cyanure jaune de potasse et de fer. Si l’on verse dans leur dissolution des dissolutions neutres métalliques, le cyanure d’argent se précipite avec le métal ajouté, d’où résultent des cyanures doubles.

Le cyanure d’or, qui est jaune pâle et insoluble dans l’eau, forme , comme le cyanure d’argent, des combinaisons doubles avec les cyanures alcalins et terreux, lesquelles sont solubles dans l’eau; de même, quand on mêle la dissolution de ces combinaisons avec plusieurs dissolutions métalliques, il en résulte des doubles cyanures métalliques insolubles.

Le cyanure de platine n’a pas encore été obtenu à l’état isolé. Quant à la combinaison double de cyanure de platine et de potasse, on l’obtient en versant une dissolution de platine dans une autre de cyanure jaune de potasse et de fer, et évaporant jusqu’à cristallisation. Ce sel est très-soluble dans l’eau bouillante et cristallise en grande partie pendant le refroidissement. On obtient des doubles cyanures insolubles en versant dans sa solution des solutions de sels métalliques.

Le proto-cyanure de cuivre s’obtient en chimie en traitant le protoxyde de cuivre à l’état d’hydrate avec l’acide hydro - cyanique. On obtient alors un composé blanc soluble dans l’ammoniaque. Mais il vaut mieux le préparer avec le proto-cyanure de potassium et un sel de cuivre à base de protoxyde.

Le deuto-cyanure de cuivre s’obtient également en traitant de l’hydrate de cuivre par l’acide hydro-cyanique; la combinaison , qui est jaune , est insoluble dans l’eau , mais soluble dans l’acide hydrochlorique.

Le deuto-cyanure est soluble dans le cyanure de potassium, d’où résulte une liqueur jaune clair, dans laquelle le cuivre parait être à l’état de deuto-cyanure. Les alcalis sont sans action sur le double cyanure de cuivre et de potassium, tandis que les acides en précipitent du proto-cyanure de cuivre, qui se dissout dans un excès d’acide, avec dégagement d’acide hydro-cyanique. Quand on verse dans sa

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