MOELLE ET CERVEAU
pression intra-crânienne; d’autre part, dans l’exencéphalie, on constate aisément que ce n’est pas le cerveau qui, devenu hydropique, s’est élevé au-dessus du crâne, mais le crâne qui ne s’est pas formé au-dessus du cerveau (Dareste).
L’arrêt de développement qui frappe la région cérébrale du système nerveux central est semblable à celui qui atteint la région médullaire ; la gouttière nerveuse est complètement fermée et ne se clôt pas en un tube. Il peut arriver ensuite, ainsi que cela a été expliqué plus haut et comme l’ont constaté Oellacher, Lebedeff, Dareste, Arnold, que la gouttière nerveuse forme des plis, qui en s’isolant donneront naissance à des kystes (voyez fig. 143). L’état incomplet du cerveau entraîne celui du crâne dont la voûte osseuse ne peut pas se former, parce que le stade de voûte membraneuse n’a jamais existé.
Quelle est la cause de cet arrêt de développement à son tour? La plupart des auteurs sont muets sur cette question. Panum, Péris et surtout Dareste invoquent, comme toujours, la compression exercée sur la partie cérébrale de la gouttière nerveuse par le capuchon céphalique de Pamnios incomplètement développé, ou, en l’absence de ce capuchon et chez le Poulet, par la coquille (1).
§ 3. — Moelle épinière et cerveau. Le cerveau ; ses grandes divisions. — Avant que la gouttière médullaire se transforme en un tube, elle se dilate à son extrémité antérieure ; cette région dilatée est l’ébauche du cerveau; le reste constitue l’ébauche de la
moelle épinière.
La dilatation cérébrale ne fait défaut à aucun Vertébré. L’Amphioxus lui-même, que l’on oppose aux Vertébrés crâniotes sous le nom d’Acrâniote, et qui n’a pas de tête, possède, au moins dans la période larvaire, un cerveau qui apparaît à la 42e heure du développement sous la forme d’un épaississement de la paroi nerveuse; ce cerveau devient rudimentaire pendant la métamorphose par rapport aux autres organes de l’animal (Hatschek).
On sait depuis longtemps déjà que le cerveau de l’Amphioxus se décompose en deux régions. L’une, antérieure, connue sous le nom de premier ventricule primaire ou appelée brièvement le ventricule, correspond à ce que l’on appelle le cerveau ou cerveau proprement dit des autres Vertébrés; elle se caractérise, parce
(1) Nous retrouverons le spina-bifida et L'acrânie à propos du développement du squelette.
DÉVELOPPEMENT DU SYSTEME NERVEUX CENTRAL
qu’elle émet un prolongement aboutissant à la fossette vibratile qui représente à la fois l’hypophyse et la fossette olfactive des Vertébrés crâniotes. L’autre région, postérieure, est homologue par sa forme et sa situation à la moelle allongée des Crâniotes; comme chez ces derniers, elle est dilatée du côté dorsal surtout, en même temps que la paroi qui forme la voûte est considérablement amincie, de telle sorte qu’elle présente vue d’en haut l’aspect caractéristique qui lui a valu le nom de fosse rhomboïdale.
L’étude comparée de l’Amphioxus, de Vertébrés inférieurs tels que le Petromyzon (Lamproie) et YAcipenser (Esturgeon) et aussi de Vertébrés supérieurs, a permis à Kupffer d’établir qu’il n'existe tout d’abord chez tous les Vertébrés que cette division du cerveau en deux grandes régions : 1 e précerveau ( Vorhirn ) et 1 e, postcerveau (. Nachhirn ), séparés par un pli cérébral ventral. — His d’autre part, par desétudes morphologiques trèsprécisesdu cerveau d’embryons très jeunes et principalement d’embryons humains, était arrivé au même résultat et avait aussi distingué dans le cerveau deux régions principales : le bras du grand cerveau ( Grosshirn-Arm ) et le bras du cerveau rhomboïdal ( Rautenhirn- Arm ) à la limite desquelles se fait une inflexion cérébrale prononcée jusqu’à angle aigu, et correspondant à une région intermédiaire qu’il appelle « cerveau moyen » et que nous retrouverons tout à l’heure sous cette même dénomination. — Houssay, chez l’Axolotl, a obtenu un résultat analogue; il admet donc une première division du cerveau en deux vésicules cérébrales, qui ont toutefois une autre valeur que celles reconnues par His et par Kupffer.
Aux deux régions cérébrales de l’Amphioxus, Hatschek en ajoute une troisième, interposée entre les précédentes et qui mérite de par sa place le nom de vésicule cérébrale moyenne; elle est très minime, réduite à un canal étroit. Elle est prise aux dépens de la vésicule cérébrale antérieure, dont elle représenterait la partie postérieure.
La division du cerveau de EAmphioxus en trois vésicules correspond à celle qui, chez les Crâniotes, fait suite à l’état bivésiculaire du cerveau. Chez tous les Vertébrés, il y a ainsi un stade du développement du cerveau où cet organe est partagé en trois régions distinctes (fig. 149). Dans l’opinion classique, encore très