COURBURES DU CERVEAU
plaque terminale qui comble la suture terminale. Telle est, du moins, la terminaison de l’axe géométrique du cerveau, c’est-àdire de la ligne idéale qui court le long du centre de la lumière du tube (Mihalkovics). 11 en serait autrement si, avec Goette et d’autres, on considérait comme ligne axiale la ligne médiane du plancher du tube médullaire; l’extrémité d’un tel axe serait évidemment située plus du côté ventral que celle de l’axe précédent et viendrait tomber à l’extrémité ventrale (ou inférieure et postérieure) de la suture terminale.
Puis en même temps que le cerveau antérieur s’allonge d’une façon notable (fig. 151, 1) et que sa région ventrale s’agrandit (2),
FlG. 151. — Diagramme du mode d'accroissement du cerveau.
A.u stacle le plus jeune (1), le contour du cerveau est marqué par un trait plein ; au stade suivant (2) par un trait interrompu ; au dernier stade (3) par une ligne ponctuée. Les axes (axes géométriques) du cerveau en ces 3 stades successifs sont indiqués par des flèches.
Fig. 152. — Diagramme des çjmrbures du cerveau
u, courbure unciforme. — p,p\ courbures pariétales antérieure et postérieure (His), ou courbures du vertex. — n, courbure nuquale. — po, courbure politique. — Le plancher est indiqué par un trait plus épais. L’étendue de la suture terminale ou frontale (His), de * à *, est marquée par un trait’ dépaisseur moindre. Le reste correspond à la suture dorsale.
il s’infléchit du côté ventral (3), de telle sorte que le cerveau moyen devient à présent la partie culminante du cerveau tout entier et se trouve comme enclavé entre les deux cerveaux antérieur et postérieur qui tendent à se rapprocher. Gomme le sommet de cette courbure correspond au sommet de la tête soulevée en une proéminence du vertex, His a pu l’appeler courbure du vertex . Parce qu’aussi la tête suit les inflexions subies par le cerveau et que sa forme est commandée par la configuration de ce dernier, la courbure qui nous occupe a été nommée successivement courbure céphalo- faciale (Reichert), courbure céphalique (Dursy, Mihalkovics), courbure céphalique antérieure (Kôlliker), par opposi tion
ÉLÉMENTS D’EMBRYOLOGIE
DÉVELOPPEMENT DU SYSTEME NERVEUX CENTRAL
à une flexion céphalique postérieure que nous allons voir se produire. Observant que le sommet de la courbure est non pas simple mais double, et que les deux sommets correspondent respectivement aux limites antérieure et postérieure du cerveau moyen, His a pu distinguer une « courbure antérieure » et une « courbure postérieure pariétales » ou « du vertex » (fig. 152, p , p). Il y ajoute une courbure unciforme (en hameçon), que subit le plancher du cerveau antérieur qui, de cette façon, arrive à se retirer sous le cerveau moyen; elle est la conséquence de la précédente (fig. 152, u).
Le cerveau présente alors, suivant la comparaison de Mihalkovics, la forme d’une cornue. La courbure de la cornue représente le cerveau moyen ; au ventre correspond le cerveau antérieur, au col le cerveau postérieur. La concavité du coude décrit par la cornue est occupée par un tissu conjonctif abondant, qui forme un pli transversal autour duquel s’opère la courbure, et qui constituera plus tard le « pilier moyen du crâne ». Le coude se prononçant de plus en plus par les progrès de la flexion, le pilier conjonctif sus-indiqué devient une lame transversale de plus en plus mince, et les parois ventrales ou planchers du cerveau antérieur et du cerveau postérieur deviennent presque parallèles.
De très bonne heure il se produit, à la limite de la moelle allongée ou arrière-cerveau et de la moelle proprement dite, une courbure qui, par sa situation dans l’ensemble du corps embryonnaire, mérite le nom de courbure nuquale , ou encore de courbure céphalique postérieure (Kolliker) par opposition à celle dont il a été précédemment question (fig. 152, n). Elle détermine à la limite du tronc et de la tête la proéminence nuquale, de même que tout à l'heure nous avons appelé proéminence du vertex celle qui est due à la présence de la courbure du vertex. Beaucoup moins prononcée que la précédente, elle ne se fait que sous un angle obtus plus ou moins ouvert, qui, chez les Mammifères et surtout chez l’Homme, peut devenir presque droit, tandis qu'au contraire la courbure nuquale des Oiseaux et surtout des Batraciens et des Poissons est à peine marquée.
Les deux incurvations que nous venons de voir se font de telle sorte que leur concavité est ventrale. 11 en est une troisième qui