‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 117 sur 284 · COURBURES DU CERVEAU · texte numérisé non relu

COURBURES DU CERVEAU

au contraire tourne du coté ventral sa convexité. Elle se produit à la limite du cerveau postérieur et de l’arrière-cerveau et a reçu de Kôlliker le nom de courbure pontique ou du pont , parce qu’elle correspond à la région de l’encéphale qui sera plus tard le pont de Varole (fig. 152, po). Pour la constituer, le plancher de la vésicule cérébrale postérieure s’épaissit et se plisse ensuite jusqu’à ce que la portion de ce plancher qui appartient au cerveau postérieur fasse un angle droit puis aigu avec celle qui fait partie de l’arrièrecerveau, ou même lui devienne presque parallèle. C’est chez les Poissons osseux, les Mammifères et surtout chez l’Homme que la courbure pontique est le plus développée. Nous allons voir tout à l’heure quelles modifications de la région cérébrale correspondante accompagnent l’incurvation du pont.

Les diverses courbures cérébrales n’apparaissent pas en même temps; la courbure nuquale, bien que la moins prononcée, est la plus précoce.

Chez l’embryon d’une espèce animale donnée, les différentes courbures ne sont pas également marquées ; mais il semble y avoir entre elles un balancement tel que l’une se développe beaucoup en l’absence d’une autre.

D’une manière générale les incurvations cérébrales sont en rapport avec le grand développement que prend rapidement l’encéphale, chez tous les Vertébrés. Aussi ne manquent-elles pas aux Vertébrés les plus inférieurs eux-mêmes (Petromyzon, Acipenser) (Kupfîer).

Les deux principales courbures, la courbure céphalique et la courbure pontique, ont un degré proportionnel à l’importance des hémisphères cérébraux et du cervelet chez l’animal considéré; chez les Mammifères et l’Homme la courbure céphalique très prononcée est en rapport avec la puissance des hémisphères cérébraux; chez les Poissons, où le cervelet est en général volumineux, la courbe pontique est aussi généralement très marquée. Il ne faut donc pas, pour apprécier les conditions de développement des courbures, se contenter de la formule trop simple, qui consisterait à les dire d’autant plus développées que l’animal appartient à un rang plus élevé dans la série des Vertébrés (Mihalkovics).

Plus tard, les courbures s’effacent ou diminuent. Plus les hémi-

DÉVELOPPEMENT DU SYSTEME NERVEUX CENTRAL

sphères cérébraux (cerveau antérieur) prennent de développement, moindre est la diminution des flexions cérébrales, et inversement. C’est chez les Reptiles et les Oiseaux, dont les hémisphères cérébraux sont peu volumineux, que la régression des courbures est la plus grande. Ainsi, la courbure céphalique antérieure diminue, grâce à ce que la profonde incisure qui sépare les bases des cerveaux antérieur et postérieur est comblée de haut en bas par de la substance cérébrale correspondant à la protubérance, aux pédoncules cérébraux et à l’espace interpédonculaire. On retrouve cette courbure dans la déviation de Y axe de la cavité encéphalique, lorsqu’on passe de l’aqueduc de Sylvius au ventricule moyen (Mihalkovics).

Les causes des courbures cérébrales nous sont aujourd’hui connues, grâce surtout aux efforts faits par His pour comprendre la mécanique du développement embryonnaire. D’anciens auteurs, v. Baër, Rathke, Reichert ont cherché tout d’abord les causes de ces courbures dans un accroissement prépondérant du cerveau par rapport à la base du crâne et au tube digestif. His, qui a fondé le principe de l’accroissement inégal suivant les régions et les organes de l’embryon, a consacré l’opinion précédente par des chiffres résultant de mensurations précises ; il a vu en effet que, tandis que le tube médullaire ne s’allonge dans le tronc que d’un sixième, le tube cérébral s’accroît en longueur de plus du double dans le même laps de temps. La conséquence de cet accroissement considérable ne peut être qu’une déviation de l’axe du cerveau. Et comme le toit du cerveau s’allonge plus que le plancher, c’est évidemment du côté ventral que devra se faire l’incurvation.

Tous les changements de forme du cerveau, spécialement la production de toutes les courbures sont, d’après His, phénomènes purement mécaniques, que l’on peut produire avec un tube de caoutchouc remplaçant le tube cérébral (fig. 153).

A. Si l’on ploie le tube, il se fait au sommet du pli un coude; l’endroit coudé devient plus large que le reste du tube, s’aplatit transversalement; dans la concavité du coude, il se produit un sillon, qui est le plus profond au milieu; le coude se prolonge latéralement par deux saillies que l’on peut appeler oreilles de courbure. — B. Si l’on fixe en un point le tube de caoutchouc ainsi ployé, on verra l’extrémité antérieure du tube s’infléchir vers le point de fixation. — C. En fendant le tube sur une certaine longueur, ou mieux en en réséquant un segment fusiforme, puis ployant le tube, de façon à le courber en dessous, les bords de la fissure ou de l’ouverture deviendront béants, et la lumière du tube s’élargira en une fosse aplatie de forme rhomboïdale, dont la plus grande largeur correspondra

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