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CELLULES ÉPITHÉLIALES ET CELLULES NÉVROGLIQUES

général donné des chiffres beaucoup plus forls. Chez l’Homme, d’après Yignal, la cellule nerveuse ne serait caractérisée qu’au 3° mois pour la moelle, et au 6e dans le cerveau. D’ailleurs tous les auteurs (Lubimoff, Eichhorst, Vignal) qui ont traité cette question, s’accordent à noter le retard du cerveau sur la moelle au point de vue de l’évolution histologique. Au contraire, l’emploi du procédé de Golgi a permis de reculer plus loin le moment où la cellule nerveuse est déjà reconnaissable ; elle possède sa forme générale et offre un cylindre d’axe puissant dès le 3° jour de l'incubation chez le Poulet (Ramon y Cajal, v. Lenhossék, Retzius) (voir fig. 168, A et B, cr et cm).

Durant leur transformation en neuroblastes, ou même chez nombre d’animaux déjà auparavant, les cellules germinatives quittent, comme nous l’avons indiqué plus haut, la couche la plus interne de la paroi médullaire et s’avancent jusqu’à la limite du voile marginal (Herms, His). En deçà de cetle zone, elles s’accumulent tout d’abord en une couche plus ou moins indépendante, surtout distincte au début de la migration, moins bien délimitée plus tard, c’est la couche engainante ou manteau.

On peut distinguer dès à présent dans la paroi du tube nerveux deux couches cellulaires principales : 1° une interne, la couche épithéliale du canal central ou épendy maire, ébauche de Vépendyme , formée par les spongioblastes auxquels des cellules germinatives sont encore mélangées dans la partie tout à fait interne; 2° l’autre externe, couche engainante ou ébauche de la substance grise. Cette distinction, nettement formulée par His, avait été reconnue avant lui, par exemple par Kolliker, qui chez le Poulet du 4e jour et le Lapin du 10e jour oppose à une couche interne de cellules cylindriques une assise externe de cellules arrondies et leur donne leur véritable signification, « les extérieures, dit-il, s’ordonnant concentriquement à la surface et s’allongeant en fibres, tandis que les cellules internes conservent leur position primitive et deviennent l’épithélium du canal central ». On trouve la même distinction exprimée dans Hensen (Lapin et Cobaye) et dans Yignal (Poulet et Lapin).

C. Cellules épithéliales et cellules névrôgliques. Origine et spécificité de la névroglie. — Nous venons de voir qu’une partie seulement

ÉLÉMENTS D’EMBRYOLOGIE

HISTOGENÈSE DU SYSTÈME NERVEUX

des cellules qui forment la paroi du tube médullaire émettent un prolongement, ébauche d’une fibre nerveuse; celles-là seules donc sont nerveuses. Nous avons trouvé ces cellules localisées dans une couche distincte de la paroi. Les autres éléments, non pourvus de ce caractère et n’appartenant pas à cette couche, sontils autres que des cellules nerveuses?

On doit répondre affirmativement à cette question. A la différence dans la répartition topographique, correspond une différenciation histologique capitale.

Pour His, dont l’opinion procède à cet égard de celle défendue auparavant par Boll, et a été acceptée par v. Lenhossék et par Retzius, l’unité cellulaire disparaît de bonne heure dans le type de la constitution du tube médullaire. Dès maintenant existent : d’une part, des neuroblastes (futures cellules nerveuses) descendus des cellules germinatives; d’autre part, des spongioblastes (cellules de charpente ou de soutien), et la divergence histologique des deux séries va s’accentuant toujours davantage (1).

Cette théorie de la « dualité cellulaire » ne règne cependant pas sans conteste et se voit opposer celle de « l’unité cellulaire » présentée avec ou sans restriction. Selon Hensen, qui paraît en être le promoteur, les cellules, avec les libres radiairesqui les terminent (les spongioblastes, par conséquent), sont les générateurs des cellules et des libres nerveuses, mais ne sont pas elles-mêmes de nature nerveuse, les véritables cellules nerveuses n’apparaissant que plus tard. Vignal a été du même avis, en soutenant que les cellules épithéliales qui bordent le canal central sont les éléments générateurs des autres. Renaut, Magini, avec leurs chaînes moniliformes de prolifération des cellules épithéliales, appartiennent aussi à cette opinion. Récemment l’idée de l’unité cellulaire des éléments médullaires embryonnaires a reçu de Ramon y Cajal un regain de notoriété; cet auteur a pu montrer, sur des préparations faites par la méthode de Golgi, tous les intermédiaires entre les cellules épithéliales ou spongioblastes et les jeunes cellules nerveuses ; il croit que les cellules épithéliales ne sont que

(1) Boll déclare du reste laisser complètement de côté la question de l’origine première de ces deux sortes de cellules et, ne pouvant remonter au delà du stade actuel, ne pas savoir si elles ont ou non une ébauche commune.

ORIGINE ET SPÉCIFICITÉ DE LA NEVROGLIE

des formes jeunes, bipolaires, des cellules nerveuses; le prolongement central de ces cellules, dirigé vers la lumière du canal, disparaîtrait, tandis que le prolongement périphérique s’allongerait en une fibre cylindre-axile ; il soutient donc qu’au moins une partie des cellules nerveuses dérive des cellules épithéliales. Cette manière de voir a été partagée par v. Lenhossék, qui a réussi à voir des formes bipolaires jeunes de neuroblastes ; mais elle ne l’a pas été par Relzius qui n’a obtenu à cet égard que des résultats négatifs.

On vient de voir que tout ou partie des cellules épithéliales n’émettentpasdecylindred’axe et par conséquent neprennentpasle caractère de cellules nerveuses. Ces éléments, outre qu’ils servent à former la bordure épilhéliale définitive du canal central, l’épendyme en un mot, contribuent, par les longs prolongements qu’ils envoientjusqu’à la limitante externe à travers toute la paroi nerveuse, à former la charpente de celle-ci (voy.'fig. 169). Ils en constituent du moins les premiers linéaments, avant l’apparition de tout autre système de soutien plus compliqué et plus parfait. A ce titre ils doivent donc être rangés dans l’appareil de sustentation des centres nerveux, dans le conjonctif nerveux, bref dans la névroglie.

La névroglie, comme nous venons de le laisser entendre, n’est pas seulement formée par les cellules épendymaires, vestiges demeurés en place des cellules épithéliales primitives ; mais il entre encore et surtout dans sa constitution des éléments depuis longtemps connus (Deiters, Golgi, Boll), dont les formes dites « cellules-araignées » (Jastrowitz), « cellules en pinceau » (Boll), sont des plus caractéristiques. La nature histologique de ces éléments n’est plus discutée aujourd’hui; ce sont, au sein du tissu nerveux, des cellules de forme conjonctive. Il n’en est pas de même de leur origine, qui est une des questions les plus controversées de l’histogenèse.

On doit d’abord, dans la foule des observateurs qui se sont occupés de cette question, faire une place à part à Besser, Ch. Kobin, Lahousse, Magini et Falzacappa. Ces trois derniers ne voientdans les cellules névrogliques que des formes embryonnaires de cellules nerveuses. Leur opinion est ainsi imitée de celle de Besser et

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de Robin ; depuis longtemps Robin avait donné à ses « myélocytes », qui sont identiques aux cellules névrogliques, la signification d’une forme embryonnaire.

Frappé de la figure conjonctive des cellules névrogliqueset convaincu d’autre part que les cellules épithéliales du tube nerveux embryonnaire sont toutes employées à former des éléments nerveux, Hensen dut, pour expliquer la genèse des cellules de la névroglie, faire appel aux tissus extérieurs à l’axe nerveux, particulièrement aux tissus conjonctifs. Pour lui, la névroglie tout entière a une origine conjonctive (nous dirions aujourd’hui mésenchymateuse).

A ces opinions on doit opposer celle qui est le plus généralement adoptée : les cellules névrogliques, bien que morphologiquement comparables à des éléments connectifs, sont d’origine ectodermique. Les cellules du névraxe se différencient : en neuroblastes ou futures cellules fonctionnellement nerveuses ; en éléments de soutien, comprenant d’abord les cellules épithéliales ou épendymaires d’apparition précoce, puis les cellules névrogliques proprement dites plus tardives. Telle est à peu près la manière de voir contenue dans les travaux de Ranvier, Renaut, Vignal, Roll, Stricker et Unger, His, Lowe, Gicrke, Golgi, Gajal, Colman, Lahousse, Lachi, Rürckhardt, Kolliker, Valenti, v. Lenhossék, Minot, etc.

Il s'en faut cependant que la formule qui précède traduise fidèlement l’opinion de tous ces auteurs et qu’elle soit acceptable sans restriction pour chacun d’eux.

His, Boll.v. Lenhossék doivent d’abord être distingués, pour avoir admis que la différenciation en cellules nerveuses et névrogliques ne se fait pas secondairement, comme la proposition précédente le renferme implicitement, mais qu’elle est jusqu’à un certain point primitive, ou tout au moins extrêmement précoce.

En outre, pour plusieurs des auteurs susnommés et pour quelques autres encore, l’opinion qui leur est attribuée a besoin, pour devenir exactement la leur, d’un important correctif. Ces auteurs, en effet, ne reconnaissent pas à la névroglie une origine univoque. Mais ils admettent, les uns en considérant la paroi nerveuse à différents moments de son évolution, les autres en l’examinant en divers points de son épaisseur, deux névroglies différentes suivant le temps ou différentes suivant le lieu. — C’est ainsi que Renaut, His, Lachi, Valenti distinguent deux périodes dans le développe-

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ment de la moelle ; dans une première, la substance de soutien est d’origine ectodermique ; dans une deuxième (que Renaut oppose à la période embryonnaire précédente sous le nom de période foetale), la névroglie est d’origine conjonctive ou mésenchymateuse, et ses éléments pénètrent dans le névraxe avec les vaisseaux et la pie-mère. Pour Lachi, il n’y a d’abord que des spongioblastes, c’est-à-dire des cellules ectodermiques ; puis il s’y ajoute des éléments mésenchymateux (cellules endothéliales vasculaires et leucocytes) qui étouffent les précédées. — D’autre part, plusieurs observateurs ont admis que l’origine de la névroglie est autre dans la substance blanche et dans la substance grise : tels Eichhorst, Du val, Lôwe, His, Gadow. Dans la substance grise, ces cellules, développées sur place, seraient d’origine ectodermique. Dans la substance blanche, les éléments névrogliques seraient des cellules immigrées, amœboïdes (His), de véritables leucocytes sortis des vaisseaux (Eichhorst), ou des cellules apportées par les prolongements intra-médullaires de la pie-mère (Duval).

Quelques auteurs seulement, comme Renaut, Vignal, Golgi, v. Lenhossék, Colmau, Oajal, Kôlliker, Minot, ont défendu dans toute son intégrité lathéorie de l’origine ectodermique delà névroglie. Ils ont donc admis que toutes les cellules névrogliques dérivent des cellules épithéliales du tube médullaire. Plusieurs d’entre eux ont distingué deux périodes dans la constitution du tube médullaire au point de vue de sa névroglie. Dans une première période, la névroglie est constituée uniquement par les cellules épendymaires; dans une seconde, il s’ajoute à ces dernières des éléments d’origine également ectodermique, formés sur place dans la plaque médullaire, qui deviendront, sous la forme de cellules-araignées, la partie principale du système névroglique.

Quant au processus qui conduit à la différenciation des cellules névrogliques, il a été évidemment décrit d’une façon variable, selon l’origine que l’on attribuait à ces cellules et aussi suivant la conception histologique que l’on avait du système de la névroglie.

Cajal, v. Lenhosséket Minot par exemple, partisans de la genèse exclusive des cellules névrogliques auxdépensdes spongioblastes, décrivent le processus suivant (fig. 169 et 170). Les spongioblastes commencent par perdre leur prolongement central et ne conservent que celui qu'ils envoient vers la membrane limitante externe. Celui-ci disparaît à son tour, tandis que les prolongements latéraux deviennent de plus en plus importants. Des éléments primitivement allongés prennent ainsi la forme étoilée, richement ramifiée, que Ton connaît aux cellules arachniformes de la névroglie (comp. I, e et n). D’ailleurs tous les éléments épithé-

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baux ne perdent pas leur relation avec le canal central, non plus qu’avec la limitante externe ; mais un certain nombre demeurent étendus delà lumière dece canal à laface externe de l’axe nerveux, ainsi que cela résulte des recherches faites par Rohde sur TAmphioxus par Nansen sur le Myxine (un Gyclostome), etc., et surtout des figures données parCajal, v. Lenhossék,Kolliker, vanGehuchten, Retzius ; ce sont là les cellules épithéliales du canal central ou

Fig. 169. — Coupe de la moelle dorsale d'un embryon de Poulet au 9e jour] de l'incubation. Coloration par la méthode de Golgi (d’après RamcSn y Cajal).

C. canal central. — sa, sillon antérieur avec le faisceau des cellules épithéliales antérieures moyennes. — sp, sillon postérieur avec le faisceau des cellules épithéliales postérieures moyennes. — l, cellules épithéliales latérales. — e, cellule épithéliale, courte et un peu déplacée. — n, cellule épithéliale semblable déjà aux éléments névrogliques.

cellulesépendymaires( «cellules radiales» deHensen et desauteurs précités) (fig. 169, sa, sp, l).

Eichhorst, pour qui la névrogliede la substance blanche dérive de globules blancs transformés, a soutenu que ces globules ne prennent ni directement ni immédiatement les caractères définitifs des cellules névrogliques. Ils se métamorphoseraient d’abord en une forme connue depuis Virchow et étudiée depuis par Jastrowitz et Boll, sous le nom de « cellule granulo-graisseuse ». C’est seulement plus tard que de cette cellule granulo-graisseuse pro-

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viendrait la cellule névrogüque, remarquable par ses prolongements.

Dominé par les idées de M. Schlutze sur « l’activité formative » du protoplasma , Boll admet qu’au début les cellules névrogliques ne sont représentées que par des noyaux confondus dans une masse protoplasmique commune. Celle-ci, de granuleuse

Fig. 170. — Portion d'une coupe transversale de la moelle d’un embryon humain de 23 centim., montrant le système nèvroglique composé des cellules épendymaires et des cellules névrogliques proprement dites. Procédé de Cfolgi (d’après Iænhossék).

e, cellules épendymaires. — n, cellules névrogliques en araignée.

qu’elle était, devient striée, grâce à l’arrangement linéaire des granules qui irradient autour des noyaux ; les stries radiaires deviennent indépendantes en formant les prolongements des cellules névrogliques définitives.

Influencés par les idées de Ranvier sur la constitution des épithéliums en général, sur l’union des cellules épithéliales par des ponts filamenteux d’anastomose, Renautet Vignal comparent le

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système de la névroglie à celui du corps muqueux de Malpighi, c’est-à-dire à un immense réseau dont les points nodaux sont nucléés et qui enferme dans ses mailles tous les élémentsnerveux. Cette formation histologique est pour Renaut tout naturellement préformée dans le réseau constitué par les jeunes cellules épithéliales du tube médullaire ; de légères modifications de cette masse encore neuro-névrogiique, non différenciée en cellules nerveuses et névrogliques, y feront naître la névroglie. Selon Yignal, les choses se passent autrement, et le réseau névroglique n’est pas

Fig. 171. — Beux cellules de la névroglie de la substance grise du cerveau du fœtus humain (d’après Vignal), A, fœtus de 7 mois. — B, fœtus de 9 mois.

primitif mais secondaire. On voit que, parmi les cellules embryonnaires, celles qui doivent devenir névrogliques se prolongent en tous sens par des branches fixes et mutipliées ; leur protoplasma, d’abord granuleux, devient avec l’âge plus homogène (fig.171,À). Plus tard, le protoplasma des prolongements cellulaires et celui du corps même de la cellule prennent une consistance ferme et rigide, en subissant une modification chimique dont Kühne et Ewald ont fait une véritable kératinisation (fig. 171, B). Ces différenciations se font chez l’Homme plus tard que celles des cellules

CELLULES ÉPEND YM AIRES ET SUBSTANCE GELATINEUSE 377

nerveuses : vers le 5° mois pour la moelle, et le 9e pour le cerveau (Vignal) ; dès le 3° mois dans le cerveau d’après Fuchs.

D. Autres formes différenciées des éléments médullaires. Cellules épendy maires, cellidesdela substance gélatineuse , etc. — Les cellules nerveuses et les cellules névrogliques ne sont pas, tout au moins sous les formes que nous avons vues se différencier, les seuls aboutissants des éléments qui composent le tube embryonnaire.

Nous savons déjà qu’une partie des cellules épithéliales qui bordent le canal central ne se transforment pas en éléments névrogliques proprement dits et tels que l’histologie les caractérise; mais, tout en prenant part au système de soutien du névraxe, elles demeurentsous la forme épithéliale et prennent le nom de cellules épendymaires, leur ensemble formant Yépendyme . Ces cellules prennent une forme cylindro-conique; leur base se revêt d’un plateau strié ; puis ce plateau se couvre de cils ; quelques-unes seulement, parmi les cellules épendymaires, sont d’abord ciliées; elles ne le deviennent toutes que plus tard (Eichhorst). Leur pointe se montre prolongée en un long filament qui va jusqu’à la surface extérieure de l’organe (fig. 170, c). Ce filament forme ainsi une fibre de soutien, particulièrement nette et bien connue dans certains organes ( « fibres de Müller » de la rétine, « fibres-chevilles» de la couche moléculaire du cervelet). Toutes les cellules épendymaires ne subissent pas ces transformations, toutes ne deviennent pas les cellules vibratiles de l’épendyme; quelques-unes se transforment intégralement (et non pas seulement par le prolongement périphérique de leur corps cellulaire) en une fibrille cornée, dont l’origine cellulaire est devenue méconnaissable (Lôwe) (voy. fig. 185). La kératinisation des cellules épendymaires n’a rien de surprenant, si l’on songe que les cellules de l’épendyme occupent dans la partie nerveuse de l’ectoderme la même situation superficielle que les éléments de l’épiderme destinés à devenir cornés (Lowe).

Parmi les cellules épithéliales qui bordent le canal central, celles qui forment la couche la plus interne seules deviennent des cellules vibratiles et des fibrilles cornées et constituent le futur épendvme. En dehors de l’épendyme, il y a trois ou quatre rangs de cellules épithéliales qui donnent naissance à la substance gélatineuse, par une différenciation tout autre que celle à laquelle

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nous venons d’assister. Nous retrouverons plus tard le développement morphologique de la substance gélatineuse, qui constitue dans l’axe nerveux des régions bien définies (voy. fig. 188). Il nous suffit d’indiquer pour le moment le caractère de la différenciation histologique. Il consiste, d’après plusieursauteurs (maisil y a beaucoup d’opinions contraires), en cequeles cellules qui constituent la substance gélatineuse ne subissent aucune évolution dans le sens nerveux (Lowe, Gierke, Corning, Bechterew, v. Lenhossék), gardant leur nature embryonnaire, elles prennent seulement uneorientation differente de celle qu’elles avaient au début et, de radiales qu’elles étaient, deviennent longitudinales, c’est-à-dire parallèles à l’axedu tube nerveux (Lowe, v. Lenhossék) (1). Puis une substance fondamentale, de plus en plus abondante avec l’âge, s’accumule entre elles, d’où la raréfaction de plus en plus grande des cellules et la consistance de plus en plus faible de la substance gélatineuse (Lowe, Gierke).

Ges mêmes cellules épithéliales, qui doublent l’épendyme, peuvent éprouver des transformations beaucoup plus profondes encore. C’est ce qu’on observe au niveau de la moelle lombo-sacrée des Oiseaux. Il existe là une cavité apparente, le sinus rhomboïdal , qui se présente avec l’aspect du 4e ventricule, sur une vue dorsale de la moelle. On crut tout d’abord que cette cavité était due à l’évasement et à l’ouverture persistante du canal médullaire à ce niveau. Duval montra que le canal n’est pas ouvert et que la cavité du sinus rhomboïdal est remplie par une sorte de gelée très transparente ; cette gelée est composée d’éléments gonflés, vésiculeux, accolés les uns contre les autres et simulant un tissu réticulé ; elle fut prise, en effet, pour un véritable tissu réticulé par Stieda et par Gadow. L’étude histogénétique de cette substance gélatineuse fit voir à Duval qu’elle n’a pas une autre origine que la matière gélatineuse ordinaire, et qu’elle dérive d’une transformation histolo-

(1) Les recherches histologiques de Gerlach, Meynert, W. Krause, Darkschewitch et Freund, Schwalbe, H. Virchow, Obersteiner (cités d'après v. Lenhossék) tendraient en effet à montrer que la substance gélatineuse contient des éléments nerveux, en particulier des éléments cellulaires. Ces recherches ont vu leurs résultats confirmés par ceux d’auteurs (Cajal, y. Gehuchteu), qui, à l’aide de la méthode de G olgi, ont décelé dans la substance gélatineuse l’existence de nombreuses cellules nerveuses pourvues d’un cylindre-axile bien caractérisé.

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