HISTOGENÈSE DE LA FIBRE NERVEUSE
gique profonde des cellules de l’épithélium du canal central, heureusement comparée par Lowe à celle qui donne lieu dans l’épiderme au stratum lucidum (voy. fig. 189).
D’autre part, en certains endroits du système nerveux, les cellules nerveuses, au lieu de se développer progressivement, prennent un caractère indifférent, et subissent même une atrophie presque complète,étouffées par les tissus conjonctifs et les vaisseaux qui se développent puissamment autour d’eux. C’est ce que l’étude du développement des organes appelés hypophyse et épiphyse nous apprendra plus tard.
§ 2. — Histogenèse de la fibre nerveuse. — Toute fibre nerveuse est le prolongement d’une cellule nerveuse, et, doit-on ajouter, n’en est qu’un prolongement : telle est la proposition que nous avons avancée au début de ce chapitre, et dont il s’agit de vérifier à présent l’exaclitude. Elle a été vérifiée en effet par l’étude histogénétique de deux organes nerveux différents du système nerveux central, c’est-à-dire du tube médullaire et du système nerveux périphérique, représenté par les ganglions cérébro-spinaux. Nous examinerons le développement de la fibre nerveuse dans ces deux organes.
A. Les fibres nerveuses du tube médullaire. — Nous avons montré déjà, quand nous avons pris le tube médullaire pour exemple du développement de la cellule nerveuse, comment les cellules nerveuses acquièrent leur caractère essentiel et nous avons vu que ce caraclère réside dans l’émission d’un prolongement cylindreaxile, ou cylindre d’axe, strié et fibrillaire, qui n’est autre qu’une fibre nerveuse. Nous verrons plus tard comment dans le tube nerveux ces fibres se partagent en deux groupes suivant la direction qu’elles prennent : un groupe constituant les racines antérieures ou ventrales des nerfs cérébro-spinaux; un autre groupe formant les nerfs centraux, décomposé à son tour en plusieurs faisceaux (« fibres arquées » ou « commissurales », « fibres des cordons » ou « fibres longitudinales », fibres allant aux racines postérieures des nerfs cérébro-spinaux). Bien qu’ayant une destination lointaine très différente, toutes ces fibres émises par les cellules nerveuses ont d’abord un trajet commun ; elles
HISTOGENÈSE DU SYSTEME NERVEUX
pénètrent enefïettoutesdansle voile marginalets’engagentdans les mailles que circonscrivent les trabécules de neurosponge dont il est constitué. .Elles forment avec le voile marginal l’ébauche de la substance blanche de l’axe nerveux. Par opposition à la substance grise , qui renferme des cellules nerveuses, la substance blanche ne contient en fait d’éléments nerveux que des fibres ; les cellules qu'elle loge, en faible abondance d’ailleurs, sont névrogliques.
Nous avons vu que les fibres nerveuses en voie de croissance se terminent par un cône d'accroissement (Cajal, Pietzius). La plupart de ces fibres émettent en outre de bonne heure des branches collatérales, brièvement des collatérales (suivant l’expression de Cajal), qui ont été vues par tous les auteurs que l’étude du système nerveux a occupés dans ces derniers temps. Enfin, comme Golgi l’a le premier montré, le cylindre d’axe issu de la cellule nerveuse se divise à une distance plus ou moins grande de sa cellule d’origine ; cette division peut être considérée comme la décomposition du cylindre d’axe en ses fibrilles élémentaires constitutives. Quant à la terminaison des branches de division, elle est évidemment différente, suivant qu’il s’agit des fibres qui sortent de la moelle ou de celles qui y demeurent. Ces dernières, ou fibres centrales, se mettent en rapport avec une cellule nerveuse qu’elles entourent plus ou moins immédiatement de leurs nombreuses ramifications; nous les retrouverons plus tard avec le développement des organes centraux. Quant aux autres (fibres motrices des racines antérieures), elles se ramifient aussi à leur terminaison; leurs extrémités entrent en contact avec une fibre musculaire, et de l’union des deux éléments résulte la plaque terminale motrice (Trinchcse, Mitrophanow, Pietzius) (1).
Un certain nombre de faits récents nous obligent à nous poser à présent cette question. Plusieurs fibres nerveuses peuvent-elles naître d’une seule
(1) D’après Mitrophanow, T extrémité nerveuse d’une fibre motrice s’élargit en une plaque terminale ou éminence de Doyere, qui s’étend ensuite de plus en plus, se bifurque, offre des épaississements mamelonnés et émet des branches latérales, jusqu’à présenter la forme de la plaque motrice adulte, avec laquelle la substance musculaire est en simple contact.
Les quelques observations que Trinchese avait faites auparavant sur ce sujet ne sauraient être comprises que de celui qui connaît déjà le développement des muscles ; elles seront indiquées à cet endroit.