FORMATION DES GAÎNES DE MYELINE
cylindrique très allongée, qui à la manière d’une tuile entoure à demi et tend à envelopper de plus en plus complètement la fibre nerveuse (D).
C’est alors que se fait la production de la gaine de myéline. Celle-ci est reconnaissable à la teinte noire queluicommunique l’acide osmique et qui révèle en elle la présence de la graisse. La myéline paraît sous la forme non de gouttelettes, comme on l’a cru d’abord, mais bien d’une bande continue dès le début (fig. 174 et 175); elle entoure la fibre nerveuse d’une gaine cylindrique, dont la coupe optique, sur une vue longitudinale du nerf, se traduit par deux raies noires situées à droite et à gauche du cylindre d’axe.
La gaine de myéline n’existe que là où des cellules connectives sont accolées au cylindre d’axe ; comme entre ces cellules il y a des portions encore très étendues du cylindre-axile qui sont encore à nu, il en résulte que le jeune tube nerveux présentera suivant sa longueur des portions alternativement minces et renflées ; les parties minces sont réduites au cylindre nerveux ; les parties renflées comprennent en outre la cellule conc tive avec son noyau et la gaine de myéline. Les premières se présenteront comme des étranglements du tube nerveux, peu profonds et très allongés qui sont la première indication des « étranglements annulaires » (Ranvier) du tube nerveux adulte (fig. 175, é). Les parties renflées correspondent aux « segments interannulaires (fig. 175, s).
FlG. 175. — Fibres nerveuses d’une larve de Rana esculenta (d’après Kolliker).
La formation de la myéline a déjà commencé ; à côté de fibres encore dépourvues de myéline on en voit d’autres où la myéline existe déjà, s, futurs segments interannulaires, — e, futurs étranglements annulaires. — f, fibre encore privée de myéline. — r, ramification très fine et sans noyau, partant d’un étranglement.
de Ranvier
HISTOGENÈSE DU SYSTEME NERVEUX
A mesure que le développement progresse, les cellules connectives s’allongent ; corrélativement la gaine de myéline s’accroît aussi en longueur, tandis qu’elle augmente peu à peu d’épaisseur. Les segments interannulaires deviennent donc plus longs, au détriment des étranglements annulaires qui se réduisent d’autant et deviennent plus profonds en même temps que plus courts. A mesure que la cellule connective s’allonge, son protoplasma s’étend nécessairement de plus en plus sur la fibre nerveuse et par suite forme une couche de plus en plus mince ; il ne constitue une masse de quelque importance qu’autour du noyau de la cellule. Ce noyau, avec l’atmosphère protoplasmique qui l’entoure, est situé au milieu de la longueur de la cellule, à égale distance des deux étranglements annulaires qui la limitent. C’est alors que se différencie, à la surface externe de la cellule ainsi constituée, une membrane amorphe, la gaine de Schwann, ou « névrilemme », par un processus qui n’a d’ailleurs pas encore été examiné en détail.
Relativement à la formation de la myéline, il y a lieu d’ajouter quelques considérations, relatives les unes à l’origine de cette substance, les autres à l’époque de son apparition.
On discute encore sur la provenance de la myéline. La plupart des auteurs en font un produit d’élaboration du protoplasma de la cellule conjonctive : manière de voir qui est le corollaire histogénétique nécessaire de la conception de Ranvier sur la nature histologique du tube nerveux. Pour cet auteur, on le sait, la cellule conjonctive, annexée à la fibre nerveuse dans un but trophique et protecteur, est un véritable élément adipeux. Celui-ci, qui, à l’instar de toute cellule graisseuse, contient la myéline dans son intérieur, entoure la fibre nerveuse d’un manchon complet, qui se limite à la fois du côté de l’extérieur et vers l’intérieur : à sa face externe, au moyen de la gaine de Schwann ou « névrilemme externe » ; à sa face interne, c’est-à-dire du côté du cylindre d’axe, par une autre membrane, qui correspond à la « couche périaxiale » des auteurs, au névrilemme interne » deRoveri. — D’autres auteurs, au contraire, tels que Kôlliker, considèrent la myéline comme le produit de la fibre nerveuse elle-même ; celle-ci se différencierait en un filament central, ébauche du cylindre d’axe, et