‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 134 sur 284 · ACCROISSEMENT DES FIBRES NERVEUSES · texte numérisé non relu

ACCROISSEMENT DES FIBRES NERVEUSES

en une écorce protoplasmique mince, qui en se chargeant dégraissé deviendrait la myéline ; la transformation graisseuse du protoplasma se ferait indirectement sous l’influence de la cellule conjonctive qui est indéniable, puisque la myéline apparaît au niveau de chacune des cellules. Enfin v. Lenhossék a révélé la présence, dans l’intérieur des cellules nerveuses jeunes et dans la substance intercellulaire qui les sépare, de « grains myéloïdes » qui sont peut-être la source de la myéline des fibres nerveuses.

Dans une fibre nerveuse donnée, la myéline ne se montre pas en jnême temps sur toute la longueur de la fibre. Nous savons déjà qu’elle n’existe au début qu’à l’endroit des cellules conjonctives. De plus, son apparition est plus précoce sur la partie proximale, voisine de la cellule d’origine, que sur la partie distale ou terminale de la fibre nerveuse ; là aussi, la couche de myéline est toujours plus épaisse et les segments interannulaires sont plus longs sur un tube nerveux en voie de développement. — Dans un nerf composé de plusieurs fibres, la myéline se forme plus tôt sur certaines fibres que sur d’autres. Enfin, il résulte des recherches que Flechsig, Bechterew, von Lenhossék et d’autres ont faites sur le développement des nerfs centraux, que l’apparition de la myéline se fait à des moments différents, très différents même, de la vie embryonnaire ou post-embryonnaire, pour les divers faisceaux ou cordons dont se compose le système conducteur des centres nerveux ; on trouvera donc, à une certaine époque, un faisceau a , dont toutes les fibres sont déjà devenues des tubes nerveux myé Uniques, et un autre faisceau b , dont les fibres sont encore dépourvues de myéline, d’où l’on pourra aisément distinguer a de b (Flechsig).

Les nerfs une fois constitués s’accroissent suivant la longueur et suivant l’épaisseur.

Il est à remarquer, quant à l’épaississement des fibres nerveuses, qu’il s’accompagne d’une striation qui paraît dans la fibre et qu’ainsi semblent se former plusieurs cylindres d’axe au lieu d’un seul que le nerf contenait primitivement. Pour expliquer ce fait, Rouget admettait une division longitudinale de la fibre primitivementunique; Kôlliker suppose au contraire que cet épaississement tient à la production de nouveaux cylindres d’axe, qui cheminent

HISTOGENÈSE DU SYSTEME NERVEUX

à côté de celai ou de ceux existant déjà et empruntent leur trajet. En outre de l’accroissement par multiplication des cylindres d’axe, chaque tube nerveux à son tour peut accroître son diamètre, grâce surtout à l’épaississement de la gaîne de myéline qui l’entoure. Cet épaississement, pouvant être plus ou moins considérable suivant les fibres que l’on considère, paraît atteindre toujours à peu près le même degré dans un faisceau de tubes nerveux donné; il y aura donc définitivement des cordons nerveux à gros tubes et d’autres à tubes relativement grêles, ce qui permettra de distinguer les premiers des autres, ainsi queFlechsig, Bechterew, v. Lenhossék l’ont établi pour les nerfs des centres nerveux.

L’accroissement des nerfs en longueur est dû en première ligne à l’allongement de l’extrémité libre du cylindre d’axe, qui pousse incessamment et progresse toujoursplusloin. En même temps qu’ il s’allonge à son extrémité, le cylindre-axe se ramifie aussi. D’autre part, il subit un allongement intercalaire, qui marche nécessairement depair avec celui du segmentinterannulaire cellulaire. Quant à l’augmentation corrélative de longueur que doivent éprouver les enveloppes de la fibre nerveuse, deux phénomènes différents peuvent la produire, peut-être concurremment. C’est d’abord la multiplication, par division indirecte, du noyau de la cellule connective, successivement constatée chez des larves de Batraciens par Peremeschko, Torre et Kolliker, qui ne l’ont pas vue cependant suivie de celle de la cellule elle-même (fig. 176, D). C’est en second lieu 1’ « accroissement intercalaire » des enveloppes : processus dans lequel Vignal, chez les Mammifères, a vu une cellule conjonctive s’appliquer sur l’étranglement annulaire d’un tube nerveux déjà constitué et s’intercaler à deux segments interannulaires voisins (fig. 176, A, B, C).

D’après tout ce qui précède, la genèse de la fibre nerveuse et l’histoire de sa transformation en tube nerveux peuvent être résumées de la façon suivante. Une cellule nerveuse émet un prolongement cylindre-axile (ou peut-être un prolongement de nature quelconque), qui, s’allongeant et se ramifiantà son extrémité libre, parcourant ainsi de proche en proche un territoire de plus en plus étendu, devient la fibre nerveuse. Des cellules mésenchymateuses s’appliquent ensuite de distance en distance sur celte fibre, qui, de

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