DÉVELOPPEMENT ANATOMIQUE
(voir plus haut, p. 349). Plus en avant, le tube médullaire subit un arrêt de développement duquel résulte cette partie rudimentaire delà moelle que nous avons appelée déjà le « fil terminal » (voir p. 351).
Dans cette partie, l’accroissement en épaisseur et l’allongement ne se font pas ou ne s’opèrent que dans une très faible mesure.
Tandis que la moelle, chez un embryon humain du 5e mois, présente un diamètre moyen de 3 millim., le fil terminal n’atteint pas un demi-millim. d’épaisseur; plus tard, la moelle augmentant d’épaisseur dans des proportions beaucoup plus considérables que le fil terminal, la différence de calibre va toujours s'accentuant.
L’allongement de l’axe médullaire est beaucoup moindre aussi dans cette région terminale que dans les autres. Il n’est pas non plus en proportion avec l’accroissement en longueur des parties ambiantes et de la colonne vertébrale en particulier. Aussi, dès le 4° mois de la vie embryonnaire chez l’homme, la moelle, ne pouvant suivre la colonne vertébrale dans son allongement, semblet-elle remonter dans l’intérieur du canal vertébral. C’est là la prétendue « ascension de la moelle ». Au 6° mois, la moelle s’étend encore (d’après Kolliker) jusqu’au canal sacré, et à la fin de la vie embryonnaire sa pointe se trouve encore dans la 3° vertèbre lombaire. Les rapports normaux et permanents, dans lesquels l’extrémité inférieure de la moelle proprement dite est à la hauteur de l’intervalle de la 1rc et de la 2e vertèbre lombaire, ne s’établissent donc complètement qu’après la naissance (Kolliker).
La diminution dans l’allongement de la moelle ne porte pas seulement sur la région lombo-sacrée, mais encore sur la partie la plus inférieure de la région dorsale. Pfitzner, en effet, a montré que chez le nouveau-né les derniers nerfs thoraciques naissent plus haut que chez l’adulte. Pour réaliser la disposition définitive, il faut donc que, dans les premières années de la vie, la moelle dorsale récupère l’avance que la colonne vertébrale avait prise sur elle.
Le raccourcissement "relatif de la moelle a pour conséquence nécessaire un changement de direction des nerfs qui partent de la région raccourcie. Au début, ceux-ci sortaient de la moelle à angle droit, comme les nerfs cervicaux et dorsaux. Mais dès que la
ÉLÉMENTS D’EMBRYOLOGIE
DÉVELOPPEMENT DE LA MOELLE
moelle semble remonter, ils s’allongent, prennent une direction de plus en plus oblique et finissent par former le faisceau de nerfs connu en anatomie sous le nom de queue de cheval (fig. 179, q).
La moelle proprement dite arrive donc, après la naissance, à être exclue de la presque totalité du segment lombo-sacré du canal rachidien. Tel est du moins le résultat anatomique, fourni par la dissection de la moelle d’un enfant ou d’un adulte. On voit la moelle se terminer inférieurement, au niveau du disque intervertébral qui relie les deux premières vertèbres lombaires, par une extrémité conique, le cône médullaire (fig. 179, cm), qui se continue à son tour plus bas par le fil terminal (ft). If étude anatomique ne donne cependant pas la mesure exacte du raccourcissement relatif de la moelle, qui est moindre qu’elle ne nous le fait voir, puisque l'examen histologique nous apprend que le fil terminal renferme, au moins dans sa partie proximale, un prolongement de la moelle demeurée à cet endroit en un état quasi-embryonnaire.
Fil terminal . — Le fil terminal, qui passa d’abord pour un nerf impair, fut ensuite considéré par Haller, Gall et Spurzheim, Burdach, E. H. Weber, C. Krause, Arnold, Bidder et Kupffer, comme un filament tendineux inséré sur le canal vertébral ou comme un prolongement delà pie-mère dépourvu de toute substance nerveuse. Bemak le premier et à sa suite Kolliker montrèrent que cette opinion était erronée, Kolliker, par exemple, y ayant trouvé une substance grise, molle, formée de grandes cellules rondes et pâles, mêlées dans la partie supérieure du filum à de vrais tubes nerveux. Luschka, précisant la constitution anatomique et histologique du fil terminal, y distingua deux portions. La première, qu’il appelle « filament interne », parce qu’elle est librement comprise dans l’intérieur de la dure-mère, et qui cesse à l’endroit où le canal durai se termine en cul-de-sac, a une longueur de 16 centim. ; elle contient encore dans son tiers supérieur un canal central plus ou moins net, tapissé par un épithélium vibratile, et se constitue de cellules rondes et de tubes nerveux, enfouis dans une masse moléculaire. La seconde, ou « filament externe », longue de 8 centim., est le prolongement de la gaine médullaire et s’étend du corps de la deuxième vertèbre sacrée à