DÉVELOPPEMENT DE LA TEXTURE DE LA MOELLE
terminal réduit à un simple canal épithélial, comme Tout vu par exemple Stieda chez l’Axolotl, Fraisse chez le Pleurodèle, Klaussner chez le Protée, Saint- Remy sur le têtard de Grenouille, Bürckhardt chez le Triton, comme l’a constaté en outre M. Schmidt et ainsi que nous avons pu le vérifier nousmême.
Chez les Poissons osseux, la partie caudale de la moelle se présente dans un état passablement différent. Des recherches de E. H. Weber, Stilling Rauber, il résulte quela moelle offre, un peu avant sa terminaison, un renflement notable. Stilling et Rauber ont vu de plus qu’elle se continue au delà de ce renflement par un fil terminal qui suit la courbe décrite par la colonne vertébrale (chez les poissons qui sont hétérocerques) et s’amincit de plus en plus, n’étant plus représenté à son extrémité que par un canal épithélial aplati dorso-ventralement et limité par quelques cellules seulement. Nous pouvons confirmer, d’après l’examen d’un alevin de truite de 2 centim., l’existence et du fil terminal épithélial et du renflement médullaire qui le précède immédiatement.
Les détails anatomiques qui apparaissent dans la moelle en voie de développement, étudiés chez l’Homme, sont les suivants. La vue de la face postérieure de la moelle d’un fœtus humain offre, au 5e mois, une ligne médiane, le prétendu sillon postérieur (fig. 179, sp), beaucoup plus marquée dans la région lombaire, où elle a l’aspect d’une véritable fissure. De chaque côté de cette ligne, on voit paraître une bande, le cordon postérieur , correspondant d’une façon plus précise au cordon cunéiforme de Burdach (fig. 19, 1er). Entre cette bande et le sillon postérieur, s’intercale une bandelelte plus mince, que l’on peut suivre, chez un embryon jeune, jusqu’au cône médullaire, et qui plus tard paraît limitée à la région dorsale supérieure et à la région cervicale; cette bandelette représente le cordon grêle de Goll ( cg ). En dehors du cordon postérieur, paraît la série des points d’émergence ou plutôt des points d’entrée des racines postérieures spinales [rp). Sur une vue de la face antérieure, on voit se former un sillon de plus en plus profond, le sillon antérieur, et de chaque côté de lui, à une certaine distance, règne la ligne des points de sortie des racines antérieures.
Les renflements cervical et lombaire de la moelle (fig. 179, G et L) apparaissent dès le deuxième mois de la vie fœtale; ils sont bien évidents au troisième.
Pour terminer ce qui concerne le développement anatomique delamoelle
DÉVELOPPEMENT DÉ LA MOELLE
il n’est pas sans intérêt de noter que le caractère segmentaire de cet organe, affirmé au chapitre premier (p. 351 et suiv.), s’accentue de plus en plus avec l’âge chez l’Homme et chez d’autres animaux tels que le Lapin et la Couleuvre, si l’on en croit les observations de Lüderitz. D’aprèscetauteur, la moelle peut être décomposée en une série de segments, dont le milieu répond aux points d’entrée et de sortie des racines postérieures et antérieures. La segmentation est le mieux marquée là où la moelle a subi secondairement l’élongation la plus considérable. Les segments sont en effet de grandeur variable suivant les régions ; courts dans la partie terminale de la moelle, ils atteignent leur plus grande longueur dans la région dorsale. A cette segmentation extérieure répondune organisation intérieure segmentaire ; des différences tranchées séparent histologiquementle milieu d’un segment de ses extrémités; elles portent sur l’importance des diverses parties constitutives de la moelle (cornes antérieures, commissure antérieure par exemple) et aussi sur la forme des éléments, particulièrement des cellules motrices. Les segments longs offrent des différences structurales de même ordre, comparés aux segments courts.
§2. — Premières phases du développement de la texture de la moelle. — Il is a esquissé de la façon suivante le développement chronologique des différentes parties constitutives de la moelle chez l’embryon humain.
Embryon de 2, 5 millim. de long. — La moelle, en partie fermée, est purement cellulaire, sans traces de racines nerveuses ni de cordons longitudinaux.
Embryon de 5,5 millim. de long. — La moelle est partout fermée; apparition des premiers linéaments d’une charpente médullaire et de racines nerveuses motrices; les fibres sensibles, de même que les fibres longitudinales et commissurales sont encore absentes.
Embryon de 6,9 millim. de long. — Les premières fibres sensibles ont pénétré dans la moelle; la commissure antérieure et les cordons longitudinaux commencent à se former. La moelle n’a pas encore de vaisseaux sanguins.
Embryon de 10,9 millim. de long. — Toutes les ébauches existent; le nombre des fibres sensibles et motrices a augmenté d’une façon notable; le développement des cordons longitudinaux et celui de la commissure antérieure ont fait des progrès marqués. Les vaisseaux ont pénétré dans la moelle.
Nous connaissons déjà les deux premières étapes de cette évolution. Nous avons vu quel est le premier groupement des cellules