‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 143 sur 284 · CORNES ANTÉRIEURES ET COUCHE ARQUEE · texte numérisé non relu

CORNES ANTÉRIEURES ET COUCHE ARQUEE

de la moelle et comment se forment les premières traces de la charpente médullaire. Nous savons encore que la substance cellulaire de la moelle se différencie en deux couches, la couche interne ou épithéliale et la couche externe ou engainante, celle-là, ébauche de l’épendyme, celle-ci, formation première de la substance grise; en dehors de ces deux couches, la charpente médullaire en forme une troisième, rudiment delà substance blanche. Rappelons aussi la décomposition typique de la paroi médullaire en quatre parties : la plaque recouvrante, la plaque basale, formant respectivement la voûte et le plancher du canal médullaire; puis les parois latérales décomposées chacune en une zone dorsale et une zone ventrale (1).

La couche engainante s’épaissit de bonne heure dans sa partie ventrale, formant ainsi un bourrelet saillant, qui représente l’ébauche de la corne antérieure ventrale, ou motrice (fig. 181, cd). Quelque temps après paraissent dans la moelle les premières fibres nerveuses; ce sont les fibres radiculaires ou motrices; elles se montrent comme de petits bouquets de filaments sans noyau, que l’on peut suivre jusqu’aux cellules motrices ou radiculaires de la corne antérieure, du prolongement cylindreaxile desquelles, nous le savons, elles tirent leur origine (fig. 181, m, et 184 A, Rd). La méthode de Golgi a apporté, outre la confirmation de ce fait, la preuve que les fibres motrices d’un côté sont fournies par les cellules delà corne antérieure du même côté; cette méthode a montré en outre à v. Lenhossék et à plusieurs autres observateurs ensuite (van Gehuchten, par exemple) que les cellules de la corne antérieure n’envoient pas toutes leur cylindre d’axe dans les racines antérieures motrices, mais que quelques-unes, qui sont vraisemblablement motrices, émettent une fibre qui, par un trajet rétrograde, gagne la racine postérieure sensible : ce sont donc là des cellules motrices des racines sensibles.

Toutes les cellules de la couche engainante émettent des cylindres d’axe qui deviendront fibres nerveuses. Les fibres qui viennent des cellules de la zone dorsale se dirigent toutes en avant et

(1) Dans l'exposé qui va suivre, nous reproduirons la description de His, en la complétant chemin faisant par les faits qu’a révélés l’emploi du procédé argentique.

DÉVELOPPEMENT DE LA MOELLE

décrivent des courbes plus ou moins accentuées. Elles atteignent la corne motrice, la traversent ou bien la contournent soit en dedans, soit en dehors, et constituent ainsi, avec les cellules dont elles dérivent, le stratum semi-circulare de Hensen, la couche arquée (formatio arcuata ) de His (fïg. 181, ce). Les recherches

corporées à la formation arquée (fig. 182, A et B, ri). Les fibres de la couche arquée, parvenues dans la plaque basale, se rassemblent en un faisceau qui dépasse la ligne médiane et qui forme avec le faisceau congénère du côté opposé l’ébauche de la commissure antérieure (fig. 181, coa , fig. 182 B, com). Les cellules qui fournissent ces fibres, bref les cellules de la couche arquée, méritent donc le nom d q cellules commissurales. Chez la plupart des animaux, les cellules commissurales demeurent distribuées irrégulièrement sur toute la hauteur des parois latérales du tube médullaire, tandis que,

Fig. 180. — Coupe transversale du tube médullaire d'un

On distingue supérieurement la plaque recouvrante, inférieurement la plaque basale, toutes deux amincies ; de chaque côté, on voit les plaques latérales très épaisses. — Rp, racines postérieures. — Ra, racines antérieures. Dans la moitié droite de la figure, la courbe engainante a été seule représentée ; la plaque interne a été négligée.

embryon humain de 4 semaines (d’après His).

instituées à l'aide de la méthode chromo-argentique ont montré que les cellules, qui prennent part à la constitution de la formation arquée et qui à ce titre font partie de la région dorsale amincie de la couche engainante, ne sont autres que des cellules de la couche interne ou épithéliale, qui, de radiaires qu’elles étaient et perpendiculaires à la lumière du canal central, sont devenues tangentielles et parallèles à cette lumière ; les cellules des parois latérales qui sont les plus reculées du côté dorsal et même celles de la plaque recouvrante peuvent être in-

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