CORDONS BLANCS FIBREUX ET CELLULES DE CORDONS
leurs fibres vont former, après avoir franchi la ligne médiane, les cordons antérieur et latéral de l’autre côté de la moelle.
De bonne heure, les cellules des ganglions spinaux envoient vers la moelle leurs fibres centrales, dont l’ensemble forme la racine 'postérieure ou sensitive. Ces fibres atteignent les unes après les autres la moelle, s’enfoncent dans son épaisseur et prennent une direction longitudinale, en formant un petit faisceau de figure ovale, d’abord peu important, puis de plus en plus considérable, mais toujours bien limité, le faisceau ovale , qui est l’ébauche du cordon postérieur (fig. 180; fig. 181, ftp). Les fibres radiculaires postérieures, pour le constituer, l’abordent par son côté antérieur ; ensuite elles deviennent longitudinales, montant ou descendant dans la moelle, et par conséquent se montrent en pointillé sur les coupes transversales ; elles peuvent être voisines des masses cellulaires de la substance grise, avec les éléments de laquelle elles n’entrent cependant jamais en connexion intime. L’emploi de la méthode de Golgi a modifié et complété ces données que les procédés d’investigation ordinaires avaient fournies à His. Les fibres radiculaires ne suivent pas dans la moelle un trajet soit ascendant soit descendant; mais elles se divisent (fig. 183), en pénétrant dans la moelle, en deux branches, l’une ascendante, l’autre descendante (Golgi, Nansen, Ramôn y Cajal, P. Ramon, Kôlliker, v. Lenhossék, v. Gehuchten, Retzius, Sala, Sclavunos, etc.). Dé plus, soit avant leur division, soit plutôt seulement après, elles envoient dans toute la moelle de fines fibres ou collatérales constatées également parles auteurs précités (fig. 183).
On ne voit d’abord, dans la mince bande de myelosponge qui s’étend entre le point d’entrée des racines sensibles et le lieu d’émergence des fibres motrices, que quelques rares fibres longitudinales, début des cordons latéraux. Ces fibres augmentent ensuite de nombre, et le cordon latéral, qui était d’abord le plus faible de tous, arrive à égaler les autres en puissance. En se servant delà méthode chromo-argentique, on a pu montrer que les fibres qui constituent le cordon latéral sont de deux ordres. Il y a d’abord les fibres venues de la couche arquée du côté opposé, ayant franchi la commissure, dépassé le cordon antérieur et pénétré jusque dans les parties latérales de la moelle (fibres des
DÉVELOPPEMENT DE LA MOELLE
cellules de cordons du côté opposé). H y a ensuite et surtout des fibres qui viennent de cellules de cordons du même côté , cellules des cordons tautomères (1), ou brièvement cellides de cordons; ces cellules, d’ailleurs, ne se trouvent pas que dans les parties latérales de la moelle, mais sont disséminées dans toute l’épaisseur de l’organe ; d’autre part, leurs cylindres d’axe ne vont pas seulement
Fig. 183. — Coupe sagittale longitudinale de la moelle d'un fœtus humain de 20 centim. (d’après y. Lenhossék).
a, fibres radiculaires postérieures. — b, leur bifurcation dans la partie antérieure de la substance gélatineuse de Rolando. — c, fibres longitudinales du faisceau de Burdacb. — d, collatérales.
au cordon latéral, mais encore aux cordons antérieur et postérieur.
En définitive, chez des embryons humains de la fin du premier mois de la grossesse, et chez des embryons d’autres Vertébrés en un âge correspondant (embryons de Poulet du 4e au 5e jour, embryons de Lapin du 14e jour), les parties constitutives de la moelle sont les suivantes :
1° Des ébauches cellulaires ; ce sont la plaque interne épithéliale , consistant surtout en cellules radiées ; la couche enganante (ébauche de la substance grise) ; celle-ci se partage en une corne antérieure motrice , une corne postérieure et une région intermédiaire.
(1) To auto yÂpo;, le même côté.