ORGANISATION HISTOLOGIQUE DU CERVEAU RIIOMBOIDAL
séparée par un sillon (fig. 202). Dans sa portion externe, la zone ventrale se place horizontalement, de façon que sa face ventriculaire affleure au même niveau que celle de la zone dorsale. Puis la zone ventrale devient de plus en plus épaisse et large, formant ainsi l’ébauche des olives.
Les transformations ci-dessus décrites ont exclusivement pour siège la moelle allongée.
§ 2. — Première organisation histologique du cerveau rhomboïdal et spécialement de la moelle allongée. —
L’étude du développement de la moelle allongée, dit His, nous apprend que le temps est un facteur de la plus haute importance pour la détermination de la constitution de cet organe. Dans chacune de ses coupes transversales, la moelle allongée contient des parties qui sont primitives, et d’autres qui sont surajoutées aux précédentes. Ces dernières, à leur tour, peuvent avoir paru sur la coupe transversale à des époques très différentes du développement, soit que les cellules et les fibres qui composent ces parties se soient effectivement formées tardivement, soit qu’elles aient eu, les fibres particulièrement, un long trajet à parcourir pour parvenir à l’endroit où on les trouve et qu’elles doivent définitivement occuper. Des parties surajoutées peuvent pénétrer, en effet, entre celles qui existent déjà, ou plus souvent encore se déposer à la fa ce externe de ces dernières. Il existe ainsi un rapport strictement régulier entre l’apparition chronologique et la distribution topographique des formations qui composent la coupe transversale de la moelle allongée. Ce rapport est tel que de la situation d’une formation l’on peut conclure à l’époque de son apparition, et inversement. Pour la moelle allongée on peut dire, en thèse générale, que les parties qu’offre la coupe transversale sont d’autant plus anciennes qu’elles sont plus voisines du ventricule, et inversement, que les parties qui se montrent les dernières occupent les couches les plus superficielles.
L’organisation histologique du cerveau rhomboïdal est primitivement la même que celle de la moelle. Nous retrouvons ici la charpente médullaire, à travées de direction essentiellement radiée, partagée en trois couches : la couche interne ou columnaire; la
ÉLÉMENTS D’EMBRYOLOGIE
MOELLE ALLONGÉE, PONT ET CERVELET
couche moyenne 011 nucléée des spongioblastes ; la couche externe ou voile marginal (fig. 199, vm). Comme dans la moelle, la couche moyenne se différencie en une assise interne compacte ou plaque interne (pi) et en une assise externe plus lâche, le manteau ou couche engaînanle (m); cette dernière loge les cellules nerveuses, incessamment formées aux dépens des cellules germinatives qui habitent la couche columnaire, et s’épaissit toujours davanlage aux dépens de la plaque interne. Ces transformations se fontdabord dans la zone ventrale et seulement plus tard dans la zone dorsale. La partie interne de la plaque interne compacte demeure, en formant l’épithélium ventriculaire ou épendymaire, dont les cellules s’étendent à travers toute la paroi médullaire par leur 'prolongement périphérique, qui dès le début occupe toute cette étendue. Le plancher du cerveau rhomboïdal se transforme pour donner le septum medullœ ou couche du raphé (fig. 199, sm). A ce niveau, la paroi de la moelle allongée ne présente à peu près pas de cellules germinatives; elle est formée presque uniquement de spongioblastes dont les prolongements divergent en éventail. Il en résulte à ce niveau un épaississement moindre que partout ailleurs. Comme conséquence, le sillon médian de la fosse rhomboïdale devient de plus en plus profond, en meme temps que sur la face externe ou ventrale du cerveau rhomboïdal il se produit un sillon. Le septum medullœ ne doit pas être confondu avec le raphé bulbaire. 11 n’v aura raphé, d’après His, que quand des fibres nerveuses pénétreront dans le septum medullœ, s’entre-croisant avec les fibres nerveuses du côté opposé et s’entremêlant en outre avec les fibres verticales de la charpente. La plaque recouvrante est, à partir de la quatrième semaine, une couche simple de cellules cubiques, qui deviennent plus hautes que larges au niveau du tænia.
Au début de la cinquième semaine, la paroi du tube médullaire se décompose, au niveau de la moelle, en trois couches : la plaque interne compacte, le manteau plus lâche, et extérieurement le voile marginal, constitué par le myélosponge et par les fibres nerveuses qui le traversent déjà à cette époque (fig. 199, pi, m, vm). Ces couches successives, reconnues avant His par Lôwe d’une façon particulièrement nette, ont reçu de ce dernier auteur les