ORGANISATION HISTOLOGIQUE DU CERVEAU RHOMBOIDAL
glosso-pharyngien et appelé tractus solitarius (faisceau solitaire) (fig. 199 et 202, ts).
Peu de temps après la formation de la lèvre rhomboïdale, la soudure des bords du sillon externe de la lèvre permet aux neuroblastes du la région de passer directement dans la zone ventrale, en dehors du faisceau solitaire, et de pénétrer ainsi dans les mailles du voile marginal (fig. 202, cm). Les neuroblastes qui émigrent ainsi de dehors en dedans, c’est-à-dire vers la ligne médiane, s’arrêtent de chaque côté du cordon antérieur, qui leur fait obstacle, et forment là une plaque cellulaire radiée, la plaque limitante , qui demeure séparée de la face ventrale de la moelle allongée par une bande de voile marginal (o. pi).
La distribution des masses cellulaires est ainsi la suivante. Les cellules de la zone ventrale se continuent par-dessus le tractus solitaire avec celles de la zone dorsale, qui font retour, par-dessous le tractus solitaire et par l’intermédiaire delà plaque limitante, au point de départ. On obtient ainsi deux strates cellulaires unies au niveau de la lèvre rhomboïdale, séparées par une couche intermédiaire sur la plus grande partie de leur étendue. Cette disposition peut être figurée schématiquement par une plaque infléchie au niveau de la lèvre rhomboïdale (fig. 202).
Les masses cellulaires de la zone ventrale primaire fournissent, d’après tout ce qui précède, les noyaux moteurs des cornes antérieures (noyaux de l’hypoglosse et de l’abducteur) et ceux qui correspondent aux cornes latérales de la moelle (noyaux de l’accessoire, du vague et du glosso-pharyngien) ; de ces masses dérive aussi une bonne part des amas cellulaires gris disséminés dans la substance réticulaire. La zone dorsale primaire produit par sa moitié interne l 'aile cendrée (ala cinerea ), avec le groupe des « noyaux marginaux » ( noyau du cordon grêle ou de Goll et masses grises du nerf acoustique); sa portion externe ou labiale donne naissance au noyau du cordon cunéiforme ou de Burdach et au noyau du cordon latéral. Puis cette même portion fournit les cellules qui émigrent, grâce à la soudure des bords de la lèvre rhomboïdale età travers le tissu qui résulte de cette soudure, jusque dans les parties médianes de la moelle allongée, où elles forment les olives et les noyaux juœta-olivair es ; ces dernières formations sont ainsi des descendants de la zone dorsale.
MOELLE ALLONGÉE, PONT ET CERVELET
§ 3. — Forme et organisation intérieure de la moelle allongée à la fin du deuxième mois et dans une période embryonnaire ultérieure. — Vers la fin du deuxième mois (c’est-à-dire chez les embryons de 18 à 22 millim. de longueur), on peut distinguer sur la coupe transversale de la moelle allongée deux faces, dorsale et ventrale, et deux faces latérales peu élevées. A côté de celles-ci, se trouve de chaque côté le taenia, qui se continue avec la membrane obturatrice. La face dorsale offre trois sillons: un médian qui est profond, et deux autres latéraux qui sont légers et qui correspondent à la limite des zones dorsale et ventrale. La face ventrale présente également trois sillons, dont les deux, latéraux sont peu profonds et représentent les sillons restiformes. En dedans de ceux-ci se trouve le territoire des olives, avec la bande de la couche inierolivaire , le territoire olivaire étant délimité en dedans par l’émergence des fibres du nerf hypoglosse. Quant aux pyramides^ elles n’ont pas encore fait leur apparition.
Sur la face dorsale, le sillon latéral sépare Yeminentia teres (1) des noyaux formés par la zone dorsale (aile cendrée et noyaux marginaux).
La zone dorsale devient beaucoup moins importante que la zone ventrale, ce qui tient à l’émigration de ses cellules, qui vont enrichir la zone ventrale.
Dans l’une comme dans l’autre zone, la plaque interne se réduit, ses éléments constituants étant absorbés par l’accroissement du manteau; les spongioblastes les plus internes persistent seuls alors dans cette plaque, pour former les cellules épithéliales épendymaires, dont la base se garnit de cils.
Après que la lèvre rhomboïdale primaire s’est soudée avec la zone dorsale et que le sillon externe a par suite disparu, il se fait une lèvre rhomboïdale secondaire (fig. 202, A, Ir), plus mince que la précédente, dont elle diffère en outre par l’absence complète de neuroblastes. Toute cette lèvre secondaire devient le taenia définitif ou secondaire , qui est ainsi une formation plus étendue que le tænia primaire; sa limite externe est, en effet, donnée par le commencement des villosités épithéliales, tandis qu’en dedans il s’étend jusqu’à l’origine du bord interne de la lèvre sur le corps resti-
(1) Et sans doute aussi, voulait dire His, le noyau de l’hypoglosse.