‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 161 sur 284 · RÉGIONS DISTINCTES DANS LA SUBSTANCE GRISE · texte numérisé non relu

RÉGIONS DISTINCTES DANS LA SUBSTANCE GRISE

forme. Ce dernier, dont la saillie se prononce de plus en plus, comprend le cordon restiforme , ou faisceau longitudinal de fibres cérébelleuses (fîg. 202, B, cr ).

Dans cette moelle allongée ainsi conformée, l’organisation de la substance grise est telle à la fin du deuxième mois que His a pu y distinguer quatre régions : 1° la région des noyaux moteurs ; 2° la région de la substance réticulaire ; 3° la région des noyaux latéraux avec la substance gélatineuse ; 4° la région des noyaux olivaires,

1° La région des noyaux moteurs est formée de nids cellulaires irrégulièrement limités, situés au-dessous de l’épendyme, dans lesquels les neuroblastes se distinguent par leur forme et leur taille des neuroblastes ordinaires. Les éléments cellulaires de la région des noyaux latéraux présentent d’ailleurs les mêmes caractères distinctifs. Les faisceaux radiculaires de fibres nerveuses qui s’échappent des noyaux moteurs traversent la formation réticulaire en cheminant à côté des fibres radiaires de charpente que l’on trouve dans cette dernière (fig. 202, hy , v).

2° La formation réticulaire (fig. 202, sr), d’après ce qui précède, ne peut être séparée nettement de la couche des noyaux moteurs. Outre les fibres radiaires, dont il vient d’être question, elle est faite de fibres arquées allant au .raphé, et formant, par leur entrecroisement avec les précédentes, une trame réticulée dans les mailles de laquelle on voit encore des coupes de fibres longitudinales.

3° La région des noyaux latéraux forme un complexus cellulaire très important, qui entoure le tractus solitaire, autour duquel ses différentes parties sont orientées. Sauf la substance gélatineuse, les différents noyaux composant ce plexus ne peuvent encore à cette époque être distingués les uns des autres.

4° La plaque limitante (fig. 202, o.pl) est le point de départ de la formation olivaire. Cette plaque est nettement limitée du côté interne. Du côté externe, au contraire, elle reçoit par sa face latérale de nombreuses bandes cellulaires, les « bandes olivaires », à direction oblique et arquée. La plaque limitante peut ainsi être considérée comme résultant delà juxtaposition en une série continue des extrémités internes épaissies des bandes olivaires. Celles-ci s etendentd’autreparten dehorsjusquedansla région desnoyauxlatéraux

MOELLE ALLONGÉE, PONT ET CERVELET

en suivant un trajet curviligne. Laplaquelimitanteest traversée par les fibres radiculaires du nerf hypoglosse. La masse principale de la plaque, située en dedans de la racine de l’hypoglosse, devient le noyau juxla-oliv aire interne. La formation de Y olive principale est surtout due aux bandes olivaires. A la fin du troisième mois, l’olive paraît déjà une masse dentelée, dont l'ouverture regarde du côté dorsal et ne se déplacera qu’à la suite du développement des pyramides. En même temps se forme Y olive supérieure , située en dedans du noyau du nerf facial qu’elle déborde par en haut. Se forme encore le noyau dentelé du pont, situé un peu plus en dehors que les deux masses olivaires (voir fig. 200, B, oi , os, nd).

La substance blanche forme sur les coupes transversales de la moelle allongée un arc brusquement recourbé (fig. 202), qui consiste en une branche interne voisine du raphé et une branche externe ou ventrale superficielle; celle-là est le champ interne de Flechsig (ca) ; celle-ci est appelée par His substance blanche marginale. Il s’y ajoute encore une courte branche latérale, occupée par le cordon restiforme ( cr ).

Flechsig, sur des fœtus âgés, partage son champ interne en plusieurs subdivisions, qui sont : d’une part, le reste du cordon antérieur (ca), puis la couche interolivaire ; il divise de nouveau le reste du cordon antérieur en faisceau longitudinal postérieur (faisceau longitudinal dorsal de Kolliker) et portion funiculaire antérieure de la formation réticulaire. Ces deux ou ces trois parties du champ interne n’apparaissent pas toutes en même temps. D’abord se forme le faisceau longitudinal postérieur (de Meynert), qui correspond à ce qui est désigné ci-dessus, d’après Ilis, comme champ du cordon antérieur primaire. Il circonscrit la saillie de la corne antérieure du côté interne et comprend des fibres longitudinales qui ont abandonné la corne antérieure du côté opposé dont elles proviennent. Par suite de l’allongement vertical du septum de la moelle et de la zone ventrale tout entière, le champ du cordon antérieur s’agrandit et devient en même temps plus profond, méritant alors par sa situation seulement la dénomination, d’ailleurs impropre, de faisceau longitudinal postérieur, qu’on lui a donnée.

La zone marginale blanche offre une épaisseur variable; çà et là, elle est pénétrée par les bandes olivaires, si bien qu’elle cesse

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