‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 182 sur 284 · VALEUR DES VENTRICULES MOYEN ET LATERAUX · texte numérisé non relu

VALEUR DES VENTRICULES MOYEN ET LATERAUX

de His) ; dans le deuxième, il est une partie surajoutée. Dans ce second cas, qui représente plutôt l’opinion classique, le cerveau hémisphérique, surajouté au cerveau antérieur primitif, se placera, selon les auteurs, soit sur le prolongement de l’axe de ce dernier (schéma de Mihalkovics), soit en dehors de cet axe (schéma de Kupffer). Avec cette dernière alternative, plus volontiers acceptée aujourd’hui, le cerveau hémisphérique devient un diverticule dorsal du cerveau antérieur primaire, et mérite par sa situation dans l’ensemble de la masse encéphalique, le nom d’éprncéphale.

Si un nouveau compartiment cérébral vient s’ajouter au cerveau antérieur primitif sur le prolongement de son axe, la paroi frontale primitive du cerveau antérieur, bref la lame terminale, deviendra, reportée en avant, la paroi frontale du cerveau antérieur secondaire néoformé. Si au contraire ce n’est qu’un diverticule dorsal du cerveau antérieur primitif, la lame terminale restant en place continuera d’être la paroi frontale du cerveau antérieur primitif, devenu entre temps cerveau intermédiaire. En outre, dans le premier cas, le troisième ventricule ou ventricule moyen de l’anatomie, qui est fermé en avant par la lame terminale, ne correspond pas seulement, comme on l’admet communément, à la cavité de la vésicule cérébrale intermédiaire, mais comprendra encore une partie de celle de la vésicule cérébrale antérieure secondaire; en d’autres termes, la région du troisième ventricule chez l’adulte sera plus étendue que la vésicule cérébrale intermédiaire de l’embryon. Avec la seconde manière de voir au contraire, le troisième ventricule et la cavité du cerveau intermédiaire coïncident exactement. C’est ce que les schémas ci-contre (fig. 236) sont destinés à faire comprendre. On y voit, en A, que V3, le troisième ventricule ou ventricule moyen de l’anatomie, qui s’étend en avant jusqu’à la lame terminale It, comprend non seulement la cavité de la vésicule cérébrale intermédiaire vi, mais encore une partie, la partie impaire de la cavité de la vésicule cérébrale antérieure secondaire va, le reste de cette dernière cavité formant les ventricules latéraux (VI, VI) des hémisphères cérébraux (hc, hc ). En B, le ventricule moyen ou troisième ventricule V3, équivaut au ventricule du cerveau intermédiaire vi.

Pour épuiser celte question de morphologie et déterminer la valeur respective du cerveau intermédiaire et du cerveau antérieur secondaire, il faut l’envisager d’une autre façon et voir sur des coupes sagittales de l’encéphale quelles seraient les limites de Pun et de l’autre compartiment cérébral.

Sur les coupes sagittales, la limite du cerveau antérieur proprement dit etdu cerveau intermédiaire est donnée par une ligne qui, partant du point, dès lors de plus en plus infléchi vers le dedans, où la paroi dorsale de l’hémisphère se joint à celle du cerveau intermédiaire, vient aboutir du côté ventral soit, d’après His, en

Fig. 236. — Schémas montrant la participation des cavités de la vésicule cérébrale intermédiaire et de la vésicule cérébrale antérieure à la formation des ventricules cérébraux définitifs.

En A, la ligne interrompue, correspondant à la lame terminale qui limitait le cerveau antérieur primaire, indique actuellement la séparation de la cavité du cerveau intermédiaire vi et de celle du cerveau antérieur secondaire va ; la ligne pointillée délimite, dans la cavité du cerveau antérieur secondaire va, d’une part la région moyenne, bornée en avant par la lame terminale U, qui, jointe à vi, formera le ventricule moyen ou troisième ventricule V3, et d’autre part les régions latérales VI, VI, ou ventricules latéraux des hémisphères cérébraux hc, lie.

En B, la lame terminale It n’a pas changé de place ; la cavité du cerveau intermédiaire vi, qui n’est autre que celle du cerveau antérieur primitif moins ses diverticules latéraux VI, VI, est aussi la même chose que le ventricule moyen V3.

arrière de cette saillie de la surtace externe du cerveau qu’il nomme crête basilaire, soit, pour d’autres auteurs, au niveau ou même en avant de cette saillie, c’est-à-dire dans la région même de l’insertion de la vésicule optique.

Ces deux schémas des limites du cerveau antérieur secondaire et du cerveau intermédiaire conduisent à deux interprétations bien différentes de ces régions cérébrales.

En effet, les frontières de ces deux cerveaux, dans le schéma de His, ne coïncident pas avec la ligne fictive de séparation des zones dorsale et ventrale des parois latérales; celle-ci vient en effet

LIMITES DU CERVEAU INTERMEDIAIRE

tomber plus en avant (voy. fig. 237). Delasorte, le cerveau antérieur secondaire comprend un compartiment (fig. 237, VI1), qui correspond aux zones latéro-ventrales du cerveau, étant situé au

Fig. 237. — Coupe médiane longitudinale du cerveau d’un embryon humain de la fin du premier mois, montrant l’étendue des zones dorsale et ventrale et des divers territoires cérébraux de ces deux zones (d’après His).

I. — Arrière-cerveau ou myélencéphale, comprenant I1 et I2, les deux zones ventrale et doi’sale. : —

II. Cerveau postérieur ou métencéphale, dans lequel II1 est le pont de Varole, II2, le cervelet. —

III. Isthme de l’encéphale, complétant avec I et II le cerveau rhomboïdal ou rhombéncéphale. —

IV. Cerveau moyen ou mésencéphale, avec IV la zone ventrale ou pédoncules cérébraux et IV2 la zone dorsale ou tubercules quadrijumeaux. — V. Cerveau intermédiaire ou diencéphale, comprenant quatre territoires distincts : V1, la partie mamillaire de l’ hypothalamus ; V2, le thalamus ou couche optique ; V3, le métathalamus ; V4, Vépithalamus. — VI. Cerveau antérieur ou terminal, ou encore télencéphale, renfermant : VI1, la partie optique de l’ hypothalamus ; VI2, le corps strié; VP, le rhinencéphale ; VI4, le pallium ou manteau cérébral. — V2, V3, V4 forment ensemble le thalamencéphale, de meme que VI2 VI3, VI4 composent l’hémisphère cérébral.

dessous de l’axe cérébral. Le cerveau antérieur secondaire aurait ainsi, d’après Lis, toute la hauteur du tube nerveux, delà voûte jusqu’au plancher.

Si, au contraire, la limite, telle qu’elle a souvent été figurée, se trouve coïncider avec la ligne de séparation des zones dorsale et ventrale du cerveau, il en résultera la conséquence suivante : Le cerveau intermédiaire, qui comprendrait, sur la figure 237 empruntée à His, non seulement les compartiments marqués du chiffre V, mais encore la région VI1, serait formé à la fois par la voûte, le plancher et la totalité des zones latérales du tube cérébral. Le cerveau antérieur proprement dit ne dériverait par contre que de la voûte et des zones dorsales de la paroi latérale; ni les zones ventrales de cette paroi, ni le plancher cérébral n’entreraient dans sa constitution. S’il en est ainsi, le cerveau antérieur définitif aura la signification précise d’une évagination dorsale du tube nerveux primitif, ainsi que l’ont soutenu plus ou moins catégoriquement nombre d’auteurs : tels Goette (Amphibiens), Gegenbaur (Sélaciens), Rabl-Rückhard (Poissons osseux), Goronowitsch (Esturgeon), Kupffer (Lamproie, Esturgeon). Par suite, selon Kupffer par exemple, il n’y aura plus lieu de décomposer le cerveau antérieur en deux compartiments secondaires de valeur équivalente, le cerveau intermédiaire et le cerveau antérieur secondaire. Le cerveau intermédiaire, en effet, n’a plus droit à l’existence, car il n’est autre que le cerveau antérieur primitif ; celui-ci figure une partie centrale, prosencéphale centralde l’auteur, dont les hémisphères cérébraux sont un diverticule, au même titre que l’épiphyse, que les vésicules optiques, etc. Le cerveau antérieur secondaire n’a pas plus de raison d’être, car il n’est que le produit de la réunion artificiellement faite d’un certain nombre des diverticules émis par le cerveau antérieur primitif devenu le prosencéphale central.

Bien qu’il paraisse, d’après ce qui précède, peu légitime de décrire séparément un cerveau intermédiaire, nous le ferons néanmoins pour faciliter l’exposition, sans attribuer cependant à ce cerveau intermédiaire une autonomie morphologique qui paraît lui faire défaut. Nous comprendrons alors le cerveau intermédiaire dans le sens habituel que l’on donne à ce terme, considérant le cerveau intermédiaire comme l’ensemble des parois du ventricule moyen de l’anatomie descriptive.

Avant de décrire en détail le cerveau intermédiaire, il convient,

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