LOBES INFÉRIEURS ET SAC VASCULAIRE
Chez les Poissons osseux et les Ganoïdes à l’état adulte, les lobes inférieurs sont de puissantes expansions latérales du lobe inf undibulaire. Leur signification est mal déterminée. Tandis qu'aujourd'hui on s 'acorde à y voir des- formations propres aux Vertébrés inférieurs, on s'est efforcé autrefois de leur trouver des homologies avec des organes appartenant aux Vertébrés supérieurs. Ainsi Philippeaux et Vulpian, Fritsch les ont considérés comme représentant les corps mamillaires des Mammifères. Plus récemment, Chatin a décrit dans la région infundibulaire des Mammifères, de chaque côté du tuber cinereum, deux petits ganglions qu'il a homologués aux lobes inférieurs des Poissons.
Le sac vasculaire des Poissons osseux et des Ganoïdes adultes est une véritable glande (Stieda, Ussow, Rabl-Rückhard), et non un plexus vasculaire, comme Gottsche l’avait cru ; il mérite ainsi le nom de « glande de l’infundibulum », qui lui a été donné par Rabl, et que Lundborg lui a conservé. Cette glande, tubuleuse et ramifiée, plongée dans des sinus sanguins, peut parfois demeurer chez l’adulte en un état embryonnaire (chez Argyropelecus , d’après David).
Dans les autres ordres de Poissons, ces organes sont moins développés. Balfour, chez des embryons de Requin âgés, indique deux éminences du lobe infundibulaire comme représentant l’ébauche de ce qu’il nomme les « sacs vasculaires » (qu’il nous semble regarder comme homologues aux lobes inférieurs des Téléostéens et des Ganoïdes) . Chez les Sélaciens adultes, Sanders décrit à la face inférieure du cerveau les lobes infundibulaires (qu'il appelle hypoaria), moins développés que chez les autres Poissons, situés au-devant de l'hypophyse; de chaque côté de cette dernière est une vésicule membraneuse, le sac vasculaire, que l’auteur considère d'ailleurs comme une formation nouvelle, distincte de la formation homonyme des Poissons osseux. — Edinger, chez les Sélaciens aussi, décrit comme appendices de la paroi infundibulaire du cerveau intermédiaire, non seulement les lobes latéraux de l’infundibulum, mais encore un « lobe ou recessus postérieur » ou « sac de l’infundibulum » ; la paroi ventrale de la partie caudale de ce prolongement postérieur, abondamment plissée, concourt à former le sac vasculaire. Le sac de l'infundibulum est ainsi un diverticule dorsal, le sac vasculaire un diverticule ventral de la partie infundibulaire
Fig. 244. — Coupe longitudinale médiane de la région infundibulaire et de l’hypophyse d’un embryon de Raie de 4 centim. de long (d’après Edinger).
in, înfundïbulüm. — si, saccus infundibuli ou recessus postérieur de l’infundibulum. — sv, saccus vasculo sus. — hy, hypophyse.
du cerveau (fig. 244, si,- su). Edinger indique que le lobe ou recessus postérieur de l’infundibulum qu’il décrit avait été signalé déjà chez un Sélacien par W. Müller et qu’il a été retrouvé par Gaskell. chez le Chien de mer, l’Ammocète et la Brebis. — Chez les Cyclostomes,les lobes inférieurs sont aussi représentés, mais sous une forme réduite. — Enfin, les recherches d’Edinger ont montré que les Amphibiens possèdent de même un organe correspondant au sac vasculaire des Poissons.
L’examen extérieur du cerveau nous a appris que le plancher du cerveau intermédiaire présentait deux régions à distinguer : en arrière, la région mamillaire ; en avant, la région infundibulaire. Nous avons dit en outre que celte dernière, qui offre la forme d’un entonnoir fortement tronqué, loge deux diverticules de la cavité cérébrale, le recessus optique et le recessus infundibulaire ; elle peut ainsi se partager à son tour en deux régions, la région optique et la région infundibulaire proprement dite. Les deux sont séparées par le chiasma des nerfs optiques qui forme une crête plus ou moins saillante entre les deux recessus optique et infundibulaire. Nous avons vu enfin le développement puissant que prend chez les Vertébrés inférieurs, notamment les Poissons, la région infundibulaire aux dépens de laquelle se forment les lobes inférieurs et le sac vasculaire.
§ 2. — Le plancher du cerveau intermédiaire examiné sur des coupes et par sa face ventriculaire. — Pour prendre une connaissance plus complète de la constitution du plancher du cerveau intermédiaire, il nous faut à présent l’étudier sur des coupes, et aussi l’examiner par sa face interne ou ventriculaire.
La région mamillaire ne présente rien de bien spécial à noter. Sur les deux cerveaux ouverts, vus par la face ventriculaire, on voit une fosse plus ou moins profonde, la fosse ou recessus mamillaire (fig. 246, ni) correspondant au relief de la face externe que nous avons nommé éminence mamillaire (fig. 229, m). Sur des coupes, on retrouve cette fosse ou recessus mamillaire, par exemple en m (fig. 247), en rm (fig. 248).
La région infundibulaire comprend, comme nous le savons, le lobe infundibulaire avec le prolongement infundibulaire qui se
RÉGION 1NFUNDIBULAIRE
met en rapport avec l’hypophyse pharyngienne. Nous savons aussi que ce lobe inférieur peut renfermer, chez les Vertébrés inférieurs, plusieurs annexes qui sont, dans l’état de plus grande complication, les lobes inférieurs ou latéraux, le sac infundibulaire et le sac vasculaire. Ces diverses parties, ainsi que le montrent les coupes sagittales médianes et latérales, contiennent autant de diverticules de la cavité de la partie infundibulaire principale, et sont limitées par une paroi qui peut s’amincir beaucoup en certains
antérieure du cerveau intermédiaire d’un embryon humain de 6,9 millim.
(reconstruction de coupes) (d’après Uis).
hs, paroi de l’hémisphère. — ïo, lohe olfactif. — st, corps strié. — o , entrée de la vésicule optique. — vo, vésicule optique. — sth, partie sous-thalamique. — in, infundibulum.
Fig. 246. — Vue de face de la paroi postérieure du cerveau intermédiaire d'un embryon humain de 10,2 millim. (reconstruction de coupes) (d’après His).
La section a été menée parallèlement au sillon de Monro. — tg, tori tegmentales ou bourrelets de la calotte. — ti, torus intermedius. — sth, région sousthalamique. — m, région mamillaire avec sa profonde gouttière médiane suivie d’une crête, et ses deux gouttières latérales. — in, entrée de l’infundibulum — P° > point de départ du pédicule optique.
endroits, au niveau du sac vasculaire par exemple (voir fig. 244). En outre, Kupffer distingue chez l’Esturgeon et rattache à la région infundibulaire un « sinus post-optique », situé immédiatement derrière le chiasma optique et figurant une baie peu profonde du contour de la cavité cérébrale (voir fig. 194, si). Chez les Vertébrés supérieurs, où l 'étendue et la complication anatomique de la région infundibulaire sont beaucoup moindres, l’infundibulum se présente, vu de l’intérieur de la cavité ventriculaire, comme une étroite et profonde dépression dont on voit Centrée en
ÉLÉMENTS d’eMBBYOLOGIE.
in (fig. 245 et 246) et que Ion découvre dans toute son étendue en ri sur les coupes figurées en 247 et 248. Dans l’intervalle qui sépare finfundibulum de la région mamillaire, la paroi cérébrale est mince et légèrement bombée en dehors : c’est le tuber cinereum (fig. 247, te).
Nous avons dit que le plancher du cerveau intermédiaire est de nouveau déprimé en avant de finfundibulum, et forme là la fossette appelée recessus oplicus (fig. 247 et 248, ro), que le
Fig. 217. — Section sagittale et médiane du cerveau d'un embryon humain de 10,2 millim. ( reconstruction
de coupes) (d'après His).
tg, tori tegmentales ou bourrelets de la calotte. — th, région thalamique. — rg, recessus geniculi. — sth, région sous-thalamique. — m, tubérosité mamillaire. — te, tuber cinereum. — ri, recessus inf undibuli, — ro, recessus optique. — It, lame terminale. — es, corps strié. — hc, hémisphère cérébral. — loa, lop. lobes olfactifs antérieur et postérieur.
chiasma optique (248, ch) séparedu recessus infundibuli (Rg. 247 et 248, ri).
Cette fossette a été décrite dans plusieurs groupes de la série des Vertébrés par divers auteurs qui lui ont donné des noms variés: « fossette optique » de Orr chez l’Amblystome, « recessus du troisième ventricule » de Holt chez le Hareng, « recessus præoptique » d’Edinger chez les Sélaciens et les Amphibiens. Sur les coupes sagittales du cerveau d’un embryon de Poulet ou de Mammifère, le recessus optique est un diverticule conique du ventricule, au niveau duquel la paroi cérébrale (plancher ventriculaire) se montre amincie chez des embryons d’un certain âge (fig. 248, ro);