DÉVELOPPEMENT DE L’APPAREIL P1NEAL DES MAMMIFERES
distale de l’ébauche, au lieu que chez les Oiseaux cette ébauche tout entière prenait partà leur formation (Hecksher). Elles ont une lumière très minime qui disparaît ensuite complètement. A la place des cellules cylindriques de la paroi des vésicules, on ne trouve plus alors que des éléments arrondis ou polygonaux, distribués en lobules grâce à l’envahissement de la glande par le tissu conjonctivo-vasculaire (fig. 286).
Chez les Oiseaux et les Mammifères, c’est en vain que l’on chercherait quelque
chose de comparable à l’organe pariétal des Reptiles (Hecksher
SP
Fig. 287. — Coupe sagittale de l’épiphyse chez un embryon de Lapin âgé de 16 jours .
ep, épiphyse . — pm, pie-mère. — erp, crâne primordial membraneux.
Fig. 288 . — Vue latérale du cerveau d’un embryon humain de 4 semaines et demie (reconstruction de
coupes), d'après His.
lie, hémisphère cérébral. — loa, lop, lobes olfactifs antérieurs et postérieurs. — It, lame terminale. — Ci, cerveau intermédiaire. — lp , lobe pinéal. — th, thalamus. — sth, région sous-thalamique. — pst, pédicule du corps strié. — ro, recessus opticus. — ri, recessus infundibuli. — te, tuber cinereum . — hy, hypophyse. — em, éminence mamillaire. — Cm, cerveau moyen. — I, isthme. — ce, cervelet. — ma, moelle allongée. — fsm, fosse supramamillaire. — ft, fosse de Tarin ou interpédonculaire.
Sur la voûte cérébrale, dans l’encoche qui sépare le cerveau antérieur du cerveau intermédiaire, on voit le bourgeon de la paraphyse ou épiphyse antérieure de His.
et les autres auteurs). Au contraire, Klinckowstrom a trouvé
chez de jeunes embryons d eLarus que l’extrémité distale de l’épiphyse tend à se séparer, comme chez les Reptiles, pour former une vésicule comparable à la vésicule pariétale de ces derniers.
G. - — La paraphyse au contraire existe chez les embryons d’Oiseau et de Mammifère. Nous savons déjà que Selenka l’a trouvée chez les Marsupiaux. Elle existe aussi, selon Francotte et Sorensen, chez l’embryon d’Oiseau; Sorensen en décrit même deux, chez le Canard, placées l’une derrière l’autre et séparées par le vélum transversum ; il appelle l’une «postparaphyse », l’autre « préparaphyse ». His et Francotte enfin l’ont signalée chez l’embryon humain même. Chez un embryon de 10,5 millim. (fig. 288), His a vu la paraphyse, qu’il appelle « épiphyse antérieure », sous la forme d’une évagination delà voûte cérébrale; celle-ci est décomposée en trois crêtes longitudinales saillantes dans la cavité du cerveau; la crête médiane se rend indépendante et devient l’épiphyse antérieure, avant même que le rudiment de l’épiphyse postérieure (ou proprement dite) ait paru. His a perdu de vue la paraphyse chez l’embryon humain plus âgé, où Francotte l’a retrouvée. Elle y affecte la forme d’un tube, de section irrégulière, creusé dans la faux cérébrale primitive, situé dans le plan médian en avant de la lame terminale ; ce tube, tapissé d’une seule couche de cellules, débouche encore chez l’embryon de douze semaines dans le troisième ventricule, à la hauteur des trous de Monro.
§ 2. — Considérations générales sur l’appareil pinéal et la paraphyse. — Appareil pinéal ( organe pariétal et épiphyse ). — Depuis que Rabl-Rückhard et Ahlborn ont avancé que la vésicule pinéale des Reptiles était un œil impair, comparable aux yeux pairs, et que de Graaf et Spencer vérifièrent cette hypothèse par leurs nombreuses observations, depuis qu’aussi les recherches instituées sur les Cyclostomes montrèrent que les Reptiles sauriens n’étaient pas les seuls à posséder un organe oculiforme impair et médian, il ne s’est trouvé que de rares auteurs pour se refuser à se rendre à l’évidence des faits (1). Partout dès lors au contraire,
(1) L’ancienne manière de voir de Gœtte, reprise par van Wijhe, est justement tombée dans l’oubli. Elle consistait à considérer l’épiphyse comme le résultat de la transformation de la connexion organique entre le cerveau et l’épiderme, bref comme