‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 213 sur 284 · PAROIS LATÉRALES DU VENTRICULE MOYEN · texte numérisé non relu

PAROIS LATÉRALES DU VENTRICULE MOYEN

La saillie déterminée plus tard par l’épaississement de la substance cérébrale ne s’étend pas à toute la paroi latérale du cerveau intermédiaire. La partie la plus élevée, immédiatement sousjacente à la voûte, demeure mince et forme par conséquent sur la face interne du thalamencéphale un sillon auquel correspond une crête de la face externe ; ce sillon, qui se dirige obliquement vers l’ébauche pinéale, est le sulcus habenulœ de His, retrouvé par Marchand (fig. 293, sh). En arrière de la tubérosité thalamique, le sillon de l’habenula se jette sur une gouttière verticale ou transversale, le sulcus pinealis transversus (fig. 293, sp), laquelle à son tour se confond plus bas avec le recessus geniculi (rg). La région du sillon de l’habenula se soulèvera plus tard, juste au-dessous de l’insertion de la voûte cérébrale, c’est-à-dire de la toile choroïdienne, en un bourrelet longitudinal, le pédoncule de la glande pinéale (troisième mois chez l’embryon humain, d’après Mihalkovics). Le long de ce pédoncule court une bandelette, qui est le tœnia thalami ou stria medullaris (fig. 294, tth). La région située au-devant du sillon pinéal transverse s’épaissira fortement pour devenir le ganglion habenulœ ou triangle de Vhabenula . En arrière du sillon pinéal transverse, la paroi latérale du cerveau intermédiaire est déjetée en dedans et rétrécit la cavité ventriculaire dont elle figure une sorte de collet ; c’est le canal cervical du cerveau intermédiaire (His) (fig. 293, cci), juste au-dessus duquel se trouve la commissure postérieure. Ce canal réunit ainsi à la manière d’un détroit l’aqueduc de Sylvius à la cavité de la vési-

Fig. 294. — Coupe sagittale du cerveau d’un embryon humain d’à ' peu près deux mois et demi (d’après His).

Mêmes lettres que pour la fig. 293. De plus : rth, pars retrothalamica, résultant de la réduction des recessus genouillé, sillon pinéal transverse et canal cervical . — tth , tœnia thalami. — gp , glande pinéale. — rp, recessus pinéal. — bo, bulbe olfactif. — ch, chiasma optique. — te, tuber cinereum .

cule cérébrale intermédiaire. Toute cette partie (recessus des corps genouillés, sillon pinéal transverse, canal cervical), que His appelle pars retrothalamica (fig. 294, rth), par opposition au tuber thalamicum ( th ) de la couche optique, est de plus en plus effacée par le développement puissant que cette dernière prend dans le cerveau humain (1).

De la partie thalamique, située au-dessus du sillon de Monro, dérivent chez l’embryon humain la couche optique, le ganglion ou triangle de Thabenula, les corps genouillés. La région sousthalamique donne naissance, outre les corps mamillaires qui appartiennent plutôt au plancher cérébral, aux différentes masses ganglionnaires connues sous les noms de « corps de Luys », « ganglionoptique basal », etc. (His). La région sous-thalamique, d’abord aussi étendue et même davantage que la partie thalamique, éprouvera un arrêt de développement rendu plus évident encore par le puissant accroissement de la région thalamique.

Le sillon de Monro sépare Lune de l’autre les deux régions précitées, comme Reichert l’a le premier établi en interprétant convenablement cette gouttière, déjà connue mais mal comprise de Burdach. Chez l’Homme (d’après His) et aussi chez les autres Mammifères, il se prolonge en avant et en bas par une fente que His nomme « sillon radiculaire » (fig. 293, sr) et qui a pour correspondant un relief allongé de la face externe du cerveau, le c( bourrelet radiculaire supérieur » : formations que nous retrouverons en nous occupant du développement de la vésicule oculaire. En avant aussi, et au point où il se continue avec le sillon radiculaire, le sillon de Monro se rencontre avec une gouttière qui se dirige obliquement en avant et en haut, et qui sépare le corps strié de la couche optique, le « sillon opto-strié » (fig. 293, sop). Un peu en arrière de cet endroit où il se bifurque, comme on vient de le voir, le sillon de Monro s’approfondit légèrement ; la dépression ainsi formée marque, selon His, le lieu du futur corps genouillé

(1) His a proposé depuis d’adopter pour ces divers territoires la nomenclature suivante. Il décompose (fig. 292) le thalamencéphalon (région du cerveau intermédiaire

sus-jacente au sillon de Monro) en thalamus (couche optique au sens restreint du mot)

(V1 2 *), epithalamus (territoire de l’habenula et des épiphyses) (V4), vietathalamus (région

du recessus (jeniculi et (les corps genouillés) (V:î).

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