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VENTRICULE MOYEN ET COMMISSURE GRISE

interne (fig. 293, cgi). Le sillon de Monro, très bien marqué vers la cinquième semaine chez l’embryon humain, devient de moins en moins évident avec les progrès de l’âge. La région sous-thalamique se confond alors avec la région thalamique dont elle semble, à cause de son faible développement, un simple appendice.

Les changements de forme qu’éprouve le ventricule moyen sont évidemment corrélatifs de ceux des parois latérales du cerveau intermédiaire. Comme ces dernières diminuent de longueur d’avant en arrière, augmentent verticalement de hauteur et surtout s’épaississent, il en résulte que le ventricule moyen, diminuant de capacité, prendra la forme d’un espace comprimé transversalement et plus haut que long.

La capacité du ventricule moyen est encore diminuée par le processus suivant. On admet généralement qu'à force de se rapprocher, les faces internes des couches optiques peuvent arriver à se fusionner sur une étendue plus ou moins considérable, moindre d’ailleurs chez l’Homme que chez d’autres Mammifères, annihilant ainsi en partie la cavité ventriculaire. C’est de la sorte que prendrait naissance la commissure grise ou molle (dite aussi moyenne ), résultat de la fusion partielle des couches optiques ; cette fusion se faisant, d’après Mihalkovics et Marchand, au cinquième mois chez l’Homme, selon His dès la fin du deuxième mois (fig. 293, com).

Cette donnée classique sur la genèse de la commissure grise, admise depuis Schmidt, a été vivement attaquée. Chez les Batraciens, où la commissure est constante chez le Triton, tandis qu’elle n’est que fréquente chez la Grenouille, Edinger n’ayant pas trouvé de fibres nerveuses qui s’étendent de l’une des couches optiques à l’autre, s’est contenté d’en faire un produit artificiel dû à l’accolement des parois. Cette interprétation a pour elle le fait indiqué par Viller chez les Mammifères, que les fibres s’infléchissent au niveau de la commissure grise, s’accolant à celles du côté opposé, sans y passer. Il n’y aurait donc pas soudure, mais seulement coaptation des parois ventriculaires. Contre l’opinion classique, Ehlers, à la suite de ses études sur les Sélaciens, ne considère pas non plus comme démontré ce processus de soudure, et il a sur la genèse de la commissure molle une manière de voir toute spéciale. Pour lui, elle appartient primitivement à la voûte du cerveau; elle est ensuite refoulée dans la profondeur par le fort développement des couches optiques ; elle a été séparée, d’autre part, de la commissure postérieure à laquelle elle était d’abord

réunie, par la formation de l’épiphyse, comme Miklucho-Maclay l’avait admis et avait cru l’observer déjà auparavant. En somme, de nouvelles recherches sont nécessaires pour élucider la question de la formation de la commissure grise.

D’importants déplacements de la couche optique se passent encore, qui ne sont pas sans modifier la forme du ventricule moyen. Ces déplacements ont été décrits par Schwalbe chez l’embryon humain. Primitivement, la face externe de la couche optique, celle qui confine au noyau caudé du corps strié, est antérieure, ou tout au plus antéro-externe (1). Les faces antéroexternes des deux couches optiques, prolongées jusqu’au plan médian, forment chez un embryon de 4 centim. un angle ouvert en arrière d’à peu près 80°; c'est 1’ « angle antérieur du thalamus ». Cet angle finit par tomber chez l’adulte à 40° en moyenne; la face antérieure primitive est alors devenue latérale. Les autres faces du thalamus embryonnaire éprouvent aussi des déplacements semblables. Chez un embryon de 4 centim., le bord externe du thalamus est libre et dirigé sagittalement, puis il se dévie jusqu'à former le bord postérieur de la couche optique, correspondant aux régions du corps genouillé externe du pulvinar. Ce bord postérieur court alors obliquement d’avant en arrière et de dehors en dedans, et limite avec celui du côté opposé, tous deux étant prolongés jusqu’à la ligne médiane, V « angle postérieur du thalamus ». Cet angle, qui n’était encore que de 60° chez un embryon de 8 centim., atteint chez l’adulte 180°.

Schwalbe montre, en outre, que la série phylogénétique concorde avec celle des stades ontogénétiques ; ainsi l’angle antérieur du thalamus tombe de 114° (Lapin) à 65° (Singe) ; l’angle postérieur s’élève de 15<> à 18° quand on passe du Lapin au Singe. Il y a enfin une corrélation entre la grandeur de l’angle antérieur du thalamus et celle de l’angle interpédonculaire (laissé entre eux par les pédoncules cérébraux) et par conséquent aussi l’étendue du plancher du troisième ventricule ; plus l’angle antérieur du thalamus est grand, plus l’angle interpédonculaire et le plancher du ventricule moyen sont petits.

Tel est le développement des parois latérales du cerveau intermédiaire chez l’Homme et les Mammifères.

(1) La question des rapports de la couche optique avec le corps strié sera examinée plus tard.

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