‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 220 sur 284 · DÉVELOPPEMENT DU CORPS STRIE CHEZ L’HOMME · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT DU CORPS STRIE CHEZ L’HOMME

sillon opto-strié ( sop ) : Chez un embryon de Mammifère autre que l’Homme, pris à un stade de développement correspondant, les dispositions sont essentiellement les mêmes (fig. 304).

De bonne heure, la base du corps strié change de forme et se complique en se prolongeant en plusieurs branches, que l’on peut distinguer en moyenne, postérieure ou inférieure, et antérieure (fig. 305) ; ces prolongements laissent leur empreinte sur la face externe du cerveau, et ont pour correspondants autant de sillons de cette face. La branche postérieure (p) correspond au prolongement inférieur de la fosse de Sylvius, et s’étend jusqua l’origine de l’infundibulum, contiguë à la lame terminale; elle forme la paroi antérieure de la fente qui conduit dans le pédicule optique.

La branche moyenne (m), plus large que la précédente, descend verticalement jusqu’au lobe olfactif postérieur, dont elle rétrécit la cavité. La branche antérieure (a), enfin, plus faible que les deux autres, marquée sur la face externe du cerveau par le prolongement antérieur de la fosse de Sylvius, se dirige directement en avant et forme la paroi supérieure de la cavité du lobe olfactif antérieur.

Le bord supérieur du corps strié se continue avec le manteau cérébral et correspond au bord antéro-supérieur de la fosse sylvienne. Le bord postérieur, par sa partie inférieure, borne en avant la fente qui conduit dans la cavité optique; par sa partie supérieure, il se rattache à la couche optique au niveau du sillon opto-strié (fig. 303).

Fig. 305. — Ventricule latéral d’un foetus- humain du commencement du troisième mois (d’après His).

es, corps strié. — a, m, p, branches antérieure, moyenne et postérieure du corps strié ; à cette époque, ces branches se sont déjà déviées de telle sorte que l’antérieure est devenue externe, les deux autres ayant pris une situation interne ; de plus, les branches moyenne et postérieure se sont confondues presque totalement en un prolongement unique. — pst, pédicule du corps strié, sectionné au niveau de son attache au thalamus. — loa, lop, lobes olfactif antérieur et postérieur. — bo, bulbe olfactif. — ro, recessus optique. — ri, recessus de l’infundibulum.

HÉMISPHÈRES CEREBRAUX

Il va ensuite se passer un phénomène d’accroissement très caractéristique du cerveau, phénomène qui modifiera complètement sa forme et spécialement celle du corps strié. Les hémisphères cérébraux ont tout d’abord une direction telle que leur axe croise sous un angle presque droit celle de Taxe du reste du cerveau et particulièrement du cerveau intermédiaire : tandis que celui-ci est dirigé obliquement en bas et en avant, l’axe de l’hémisphère cérébral est à peu près vertical. Mais ensuite, l’hémisphère s'incurve autour de son ganglion basal (corps strié) comme centre, de façon que son extrémité postérieure devient en même temps inférieure. On peut, à ce moment, distinguer dans le manteau cérébral une

portion antérieure ou frontale et une partie postéro-inférieure ou temporale, unies par une région intermédiaire ou pariétale, qui correspond au sommet de la courbe décrite par l’hémisphère. Le centre de l'hémisphère, c’est-à-dire la partie insérée sur le cerveau intermédiaire et continue avec le ganglion basal, n’éprouve pas une expansion aussi grande, d’où résulte que, débordée par les autres régions, elle présente une dépression verticale que le reste de l’écorce cérébrale circonscrit en avant, en haut et en arrière. Cette dépression est la fosse de Sylvius (fig. 306). La portion de l’écorce cérébrale qui en forme le fond s’appelle le lobe central ou insula deReil; l’ensemble de l’écorce cérébrale qui l’entoure peut lui être utilement opposé sous le nom de lobe annulaire. Yis-à-vis du lobe central se trouve dans la profondeur le ganglion basal ou corps strié, dont le relief sur la face interne de l’hémisphère et dans la cavité ventriculaire correspond exactement à la dépression que forme la fosse de Sylvius sur la face externe.

Le corps strié éprouve un changement de forme corrélatif de celui de l’hémisphère. Primitivement, le pédicule du corps strié

Fin. 306. — Cerveau d’un fœtus humain de six mois (d’après Koelliker).

fs. le, fosse de Sylvius, dont le fond est formé par le lobe central ou insula de Reiï. — If, Ip, lo, It, lobes frontal, pariétal, occipital et temporal formant ensemble le grand lobe annulaire de l’bémisplière. — ho, bulbe olfactif.

DÉVELOPPEMENT DU CORPS STRIE CHEZ l’hOMME

correspondait à l’extrémité postérieure de l’hémisphère. Mais quand celui-ci s’étend en arrière et se reploie en bas, le bourrelet que forme sur son plancher le corps strié fait naturellement de même. Le corps strié donc s’allonge et s’incurve, de telle sorte qu’à la fin du deuxième mois, il a pris la forme caractéristique d’un croissant dont les extrémités antérieure et postérieure descendent très bas et se rejoignent presque (fîg. 307). Ce croissant,

vu par la face externe de l’hémisphère, après que la paroi externe de la vésicule hémisphérique a été enlevée, circonscrit la fosse de Sylvius et par conséquent l’insula de Reil, ainsi que le lobe olfactif postérieur, qui forment le fond de cette fosse. Vu du dedans, la paroi externe de l’hémisphère demeurant en place, mais la paroi interne étant soulevée et une section sagittale du cerveau ayant détaché le corps strié de la couche optique, il se présente sectionné au niveau de son pédicule, tout le long du sillon curviligne par lequel il s’insérait sur la couche optique. Le bord convexe

7icA st

Fig. 307. — Encéphale d’un embryon humain de 10 centim. de long V. C. ( S mois et demi).

La paroi externe des hémisphères cérébraux a été enlevée. — pch, plexus choroïde latéral. — st, corps strié incurvé en un anneau presque complet. — e, i, ses branches externe et interne. — sS, scissure de Sylvius encore à l’état de fosse peu profonde, dont l’insula de Reil forme le fond. — bo, bulbe olfactif. — Cm, cerveau moyen. — Ce cervelet. — pV, pont de Yarole. — ol, olive.

du croissant se rattache au manteau, le bord concave est continu avec la couche optique. Il en est séparé par un sillon, dit pour cette raison sillon opto-strié , nommé aussi sulcus terminalis , sans doute parce qu’il marque la terminaison de l’hémisphère le long du cerveau intermédiaire, appelé enfin par His sulcus slriœ corneœ. Cette dernière dénomination vient de ce qu’au niveau de ce sillon se formera une lamelle nerveuse, dite plus tard lame, strie , ou bandelette cornée , bientôt épaissie par un autre ruban

HÉMISPHÈRES CEREBRAUX

nerveux fibreux nommé tœnia serai- circularis. Il faut voir dans ces formations des différenciations, des épaississements d’une lamelle mince, appartenant à la paroi interne de l’hémisphère, qui tapisse la couche optique et qui en s’épaississant comble en partie le sillon opto-strié ( lamina affixa de la nomenclature anatomique récente, ainsi nommée parce qu’elle se soude à la couche optique).

On voit que, par sa situation, le tænia semi-circularis correspond au bord de la paroi interne de l’hémisphère. Un « ligament postérieur des hémisphères cérébraux » a été décrit dans cette même position, c’est-àdire le long de l’insertion de la paroi postérieure de l’hémisphère sur la couche optique, chez les Reptiles et d’autres Vertébrés. De là une homologie toute naturelle entre les deux formations, homologie déjà affirmée par Serres et confirmée par Honegger, qui en a détaillé les raisons d’être. Honegger admet en effet pour les Oiseaux, Reptiles et Amphibiens, l’existence d’un faisceau qui va de la partie postérieure de la paroi interne de l’hémisphère à la face externe de la couche optique, placé en dehors du ganglion de l’habenula, et qui se croise avec celui du côté opposé.

L'extrémité ou corne postérieure du corps strié est simple et forme un bourrelet curviligne assez mince, qui se détache du manteau par un sillon profond.

L’extrémité ou corne antérieure au contraire se partage par un sillon en deux branches divergentes, une interne, l’autre externe, la première étant beaucoup plus incurvée que la seconde (fig. 307, i et e). De ces deux branches, l’externe représente le prolongement antérieur du stade précédent ; l’interne correspond à la fois aux prolongements moyen et postérieur du corps strié primitif, ainsi que l’atteste encore un léger sillon creusé le long de cette branche. Les deux branches interne et externe du corps strié sont séparées l’une de l’autre par une gouttière longitudinale qui, à son extrémité inférieure, vient se terminer près de la ligne médiane dans la cavité du lobe olfactif antérieur. Le pied de la branche interne a deux racines, l’une qui s’attache à la paroi du recessus optique, l’autre qui s’enfonce dans le recessus olfactif, c’est-à-dire dans la fosse du lobe olfactif postérieur (voir fig. 305).

Le corps strié a, dès cette époque, la figure piriforme qu’on lui connaît à l’état adulte. Il présente une extrémité postérieure ou

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