‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 219 sur 284 · GANGLION CÉRÉBRAL OU CORPS STRIE · texte numérisé non relu

GANGLION CÉRÉBRAL OU CORPS STRIE

Dipnoï et des Amphibiens dans une tout autre direction, qu’Edinger nous a indiquée. Le pallium s’y épaissit beaucoup en même temps qu’il prend une extension considérable ; il en vient ainsi, dès les Amphibiens mêmes, à prédominer sur le ganglion basal. Cette prédominance s’accentue de plus en plus, de telle sorte que, chez les Mammifères, le ganglion basal est devenu relativement petit par rapport au manteau, qui le déborde de toutes parts. En même temps, le pallium a compliqué sa structure, et déjà chez les Reptiles a pris la structure typique d’une écorce cérébrale, qui faisait encore défaut aux Amphibiens, ou qui tout au moins n’était pas encore manifeste chez les Ichthyopsidés. Le revêtement cortical, peu prépondérant chez les Oiseaux, mais puissamment développé chez les Mammifères, donne lieu chez ces derniers à une épaisse masse de fibres qui s’échappent des cellules corticales ou y aboutissent, et dont l’ensemble forme la « couronne rayonnante ». D’autre part, pour relier les parties symétriques de l’écorce, un grand nombre de « faisceaux commissuraux », à trajet souvent complexe, se sont ajoutés à la « commissure interhémisphérique » primitive.

IL — Ganglion cérébral et région olfactive

§ 1. — Ganglion cérébral. — Aux dépens de la partie basale de chaque hémisphère, c’est-à-dire de cette partie qui sert au cerveau antérieur proprement dit de base d’implantation sur le cerveau intermédiaire, dans chaque moitié du grand cerveau par conséquent, se constitue le ganglion cérébral, ganglion basal, lobe fondamental (corps strié des Vertébrés supérieurs).

A. — Signification du ganglion basal chez les différents Vertébrés . — La signification de ce qu’il faut entendre par ganglion basal n’est pas exactement déterminée. L’épaississement plus ou moins fort de la paroi cérébrale, que l’on trouve à la base du cerveau antérieur, est-il la même formation chez les différents Vertébrés? Le ganglion basal se forme-t-il chez les différents groupes dans des endroits homologues? Telle est la question que les auteurs, Strasser entre autres, se sont posée. Nous avons laissé soupçonner déjà

HÉMISPHÈRES CEREBRAUX

que la réponse à cette question devait être négative. Il est certain qu’elles ne se correspondent pas exactement les formations désignées tour à tour, par les divers auteurs et suivant différents cas, sous les noms de corps strié par la majorité des anatomistes et pour l’ensemble des Vertébrés, de lobe fondamental par Reichert et Rabl-Rückhard pour les Téléostéens, de ganglion basal par Goronowitsch pour les Poissons osseux et les Ganoïdes, de « noyau cérébral » par Burdach et A, Meyer chez les Reptiles, de « lobe axial » par C. L. Herrick et G. H. Turner pour les Téléostéens et les Oiseaux.

Goronowitsch et Edinger ont déjà fait valoir (contre Rabl), que les ganglions basaux des Téléostéens ne pouvaient équivaloir aux corps striés des Mammifères, parce que ces ganglions basaux des Poissons osseux ne reçoivent pas de fibres de projection du système I, comme le font les corps striés des Vertébrés supérieurs, puisque l’écorce cérébrale fait ici défaut, et qu’au contraire en l’absence d’écorce cérébrale les ganglions basaux sont un centre d’origine pour les fibres du pédoncule cérébral et non un simple relai intercalé sur le trajet de ces fibres.

Edinger, C. L. Herrick et Turner ont insisté sur ce fait, tout à fait contraire à l’assimilation du ganglion basal au corps strié des Mammifères, que chez les Poissons osseux et les Sauropsidés le ganglion basal comprend non seulement les éléments des corps striés des Mammifères, mais encore des rudiments de l’écorce motrice et sensible, dérivés des cellules corticales qui, dans la série phylogénétique des Vertébrés, ont dû émigrer graduellement dans la profondeur, ou bien y ont été reportées par la croissance des parties ambiantes. Herrick et Turner, pour le prouver, s’appuient sur la similitude de forme et de situation des cellules corticales et des cellules du ganglion cérébral; ils retrouvent dans celui-ci les cellules pyramidales (type kinésodique) et piriformes (type aesthésodique) qui sont caractérisques de l’écorce; de plus, les cellules pyramidales occupent une situation telle, dans le ganglion cérébral des Poissons osseux, que déplacées en dehors, elles viendraient prendre dans l’écorce une position semblable à celle qu’elles ont chez les autres Vertébrés. A l’appui de cette donnée, que le ganglion basal est une portion de la paroi refoulée profondément, les mêmes auteurs rappellent que l’on retrouve sur ce ganglion les mêmes scissures fondamentales et par suite la même division lobaire que dans la région correspondante de l’écorce cérébrale des Mammifères.

Meyer, chez les Reptiles, fait de son noyau cérébral une formation qui est beaucoup plus étendue que le ganglion basal des auteurs, et que le corps strié, car elle comprend non seulement la base de l’hémisphère,

DÉVELOPPEMENT DU CORPS STRIE CHEZ l’hOMME

mais encore des parties appartenant à la paroi interne hémisphérique.

Strasser n’est pas davantage favorable à l’idée de l’homologie du corps strié des Mammifères et des ganglions cérébraux chez les autres Vertébrés. Il va même jusqu’à prétendre en effet que le ganglion basal ne se forme pas dans des endroits homologues, et il cherche à montrer comment l’épaississement cérébral duquel dérive le ganglion basal est lié au développement de l’appareil olfactif et comment la situation de ce ganglion est commandée par celle des- nerfs de l’olfaction (1).

B. — Développement du corps strié chez VHomrne. — Nous étudierons le développement du corps strié ou ganglion cérébral des

Fig. 302. — Section sagittale et médiane du cerveau d’un embryon humain de 10,2 millim. ( reconstruction

de coupes) (d’après His).

tg, tori tegmentales ou bourrelets de la calotte. — th, région thalamique. — rg, recessus geniculi. — sth, région sous-thalamique. — m, tubérosité mamillaire. — te, tuber cinereum. — ri, recessus infundibuli. — ro, recessus optique. — lt, lame terminale. — es, corps strié. — hc, bémispbère cérébral. — loa, lop, lobes olfactifs antérieur et postérieur.

Mammifères, en empruntant à His et à Marchand les descriptions très suivies qu’ils en ont données pour l’embryon humain.

Sur une coupe sagittale du cerveau d’un embryon humain très jeune, on voit que le corps strié forme une élevure assez peu proéminente sur la face interne de la paroi de l’hémisphère, élevure à laquelle correspond une dépression de la face externe que nous

(1) Nous ne pouvons suivre Strasser dans les considérations, d’ailleurs parfois obscures, qu’il a développées à cet égard.

HÉMISPHÈRES CEREBRAUX

connaîtrons plus tard sous le nom de fosse de Sylvius. Avec les progrès du développement, cette fosse devient plus profonde, et par suite le corps strié plus saillant, en même temps que mieux délimité vis-à-vis des parties ambiantes. Chez un embryon de 10,5 millim. de long (fîg. 302), le corps strié (es) forme à la base de la paroi externe de l’hémisphère une masse triangulaire très épaisse et parfaitement limitée. La base de cette masse est très étendue, depuis la racine du pédicule optique jusqu’à l’extrémité antérieure du lobe olfactif ; elle se confond avec le plancher de la

rt ro

Fig. 303. — Paroi externe du cerveau antérieur dun embryon humain de 4 semaines et demie (d’après His).

hc, hémisphère. — st, corps strié. — It, lame terminale* — loa, lop, lobes olfactifs antérieur et postérieur. — th, thalamus. — sth, région sous-thalamique. — ro, recessus optique. — ri, recessus infundibüli. — fM, sillon de Monro. — tM, trou de Monro. — sop, sillon opto-strié. — sr, sillon radiculaire.

Fig. 304. — Paroi externe du cerveau antérieur d’un embryon de Cochon de 3 centim. de long.

Mêmes lettres que dans la figure précédente. De plus : pc, pédoncule cérébral. — aq, aqueduc de Sylvius.

— pV, pont de Varole. — ma, région mamillaire.

— te, tuber cinereum.

cavité de l’hémisphère, c’est-à-dire du ventricule latéral. Le sommet remonte vers l’orifice qui donne accès du ventricule moyen dans le ventricule latéral, bref vers le trou de Monro, et atteint ainsi l’endroit où les parois de l’hémisphère et du cerveau intermédiaire se continuent l’une par l’autre ; il se rattache là à ces parois par une sorte de pédicule, le pédicule du corps strié (fig. 303,) : pédicule dont l’insertion est marquée par un sillon qui le sépare du cerveau intermédiaire et particulièrement de la couche optique (th), et qui a reçu pour cette raison le nom de

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