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DÉVELOPPEMENT DES LOBES OLFACTIFS

que cependant on soit en droit de sérier phylogénétiquement ces dispositions variées.

Les Mammifères offrent aussi un exemple manifeste de l’influence de l’adaptation sur le développement de l’appareil olfactif. Dans cette classe, en effet, la constitution morphologique fondamentale du cerveau demeurant partout la même, on voit varier d'un genre au genre voisin l’importance de cet appareil, et les variations peuvent se faire dans des limites étendues; d’où la distinction, acceptée depuis les travaux de Broca, d’animaux micr osmatiques et macrosmatiques , suivant que l’appareil olfactif est faiblement ou grandement développé.

B. — Développement des lobes olfactifs chez les Mammifères et V Homme. — Le développement individuel des lobes olfactifs chez les Vertébrés supérieurs nous fait assister aussi à la réduction relative de ces parties.

La région olfactive, d'abord très importante, finit par n’être plus qu’un appendice peu considérable de l’hémisphère.

Le lobe olfactif est indiqué d’abord, suivant la description donnée par His pour l’embryon humain, grâce à un prolongement antérieur de cette dépression légère de la face externe de l’hémisphère qui sera la fosse de Sylvius. Ce prolongement fait une entaille dans l’hémisphère (fissura rhinica de Turner), et cette entaille délimite en dessus un segment de l’hémisphère qui deviendra le lobe olfactif, le rhinencéphale. L’extrémité postérieure de ce segment olfactif est située juste au-devant de la racine de la vésicule oculaire, dont elle est séparée par une large gouttière, qui peut être considérée comme un prolongement inférieur de la fosse sylvienne. La paroi interne du lobe olfactif, tournée vers la ligne médiane, est déprimée par la partie initiale d’un sillon que nous décrirons plus tard sous le nom de « sillon arqué » (spécialement « sillon arqué antérieur »). Ce sillon divise le lobe olfactif en deux moitiés, l’une antérieure, l’autre postérieure. La première, que His appelle partie bulbaire du lobe olfactif ou lobe olfactif antérieur , est le lobe olfactif proprement dit des auteurs; elle fournira le bulbe, le tractus et le trigone olfactifs (fig. 302, loa). La seconde, appelée par His lobe olfactif postérieur , deviendra la substance perforée antérieure de

HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

l’anatomie descriptive (fig. 302, lop). A la limite de ces deux lobes, c’est-à-dire à l’extrémité inférieure du sillon arqué antérieur, vient s’épanouir le nerf olfactif. Le sillon arqué, en s’accentuant toujours davantage, forme dans la cavité ventriculaire un bourrelet de plus en plus saillant (voy. fig. 262, sa, entre lop et bo). Ce bourrelet rétrécit la région de la cavité ventriculaire qui sert de communication entre le lobe olfactif antérieur et le lobe olfactif postérieur et la transforme en un détroit, resserré encore du côté opposé au bourrelet déterminé par le sillon arqué, c’est-à-dire du côté externe, par la présence du corps strié. C’est à l’extrémité antéro-externe de ce détroit que débouche plus spécialement la cavité du lobe olfactif antérieur, c’est-à-dire la cavité du bulbe olfactif.

Si, chez un embryon humain de 4 ou 5 mois, on examine la base du cerveau, on voit dans la région olfactive les deux lobes olfactifs antérieur et postérieur, séparés par un sillon, la fissure ou incisure primaire [incisura seu fissura prima de His), qui n’est autre que la partie initiale du sillon arqué antérieur. Cette fissure se compose de deux parties : l’une est transversale [fissura prima proprement dite); f autre, oblique en avant vers la ligne médiane, remonte sur la face interne du cerveau où on la perd de vue [sulcus paroi factor lus posterior de la nomenclature anatomique).

Le lobe olfactif antérieur a déjà la forme de l’organe qu’il servira surtout à constituer; il se présente en effet comme un appendice bulbeux du cerveau, le bulbe olfactif, coudé sur lui-même de telle sorte que son extrémité libre est tournée en arrière. Libre, cette extrémité ne l’est en réalité pas ; car elle est enchâssée (fig. 311) dans une sorte de cupule que lui forme le ganglion du nerf olfactif, et qui constituera la couche externe du bulbe définitif, ou glomérulaire (pero des auteurs) (pg). La partie proximale, adhérente au cerveau, de ce lobe olfactif antérieur, est opposée sous le nom de pied [pes des auteurs) à la précédente portion ( pc ). Elle formera la partie centrale, ou cérébrale du bulbe, ainsi qu’un pédicule de ce bulbe, appelé tractus olfactif ou bandelette olfactive. Le pied (bulbe et tractus) est d’abord creux, chez l’embryon deMammifère, comme il l’est définitivement chez nombre de Poissons; puis il devient le plus habituellement plein, sauf chez quelques animaux

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