PREMIERS DÉVELOPPEMENTS DU MANTEAU CHEZ L’HOMME
médianes réside l’élément fixe, dans les zones latérales l’élément progressif; celles-là nous donneront le plan, celles-ci ses modifications ». Telle est la plaque du plancher à la base du cerveau, la plaque pariétale sur la voûte et particulièrement la lame supraneuroporique, constante et toujours identique àelle-même dans la série animale (1).
Pour d’autres auteurs au contraire, l’état rudimentaire du pallium est le fruit d’une régression, comme l’admettent, par exemple, Goronowitsch pour les Téléostéens, Waldschmidt pour le Polyptère.
D’ailleurs, on n’a jamais montré objectivement, à notre connaissance, comment la membrane épendymaire à une seule assise de cellules pouvait être le point de départ d’une paroi plus épaisse et plus compliquée et représenter ainsi un état primitif, ni comment elle se transformait en cette paroi. Il est vrai qu’on n’a pas fait voir davantage comment la paroi cérébrale se réduisait et s’atrophiait pour devenir membrane épendymaire.
§ 2. — Premiers développements du manteau chez l’Homme et les autres Mammifères. — Chez tous les Vertébrés supérieurs, le manteau des hémisphères se dévoloppe surtout en haut et en arrière, contrairement aux Amphibiens chez lesquels il s’accroît surtout en avant, et aux Dipnoï où il proémine surtout du côté ventral. Nous avons déjà dû indiquer les grandes lignes du développement des hémisphères, qu’il ne sera pas inutile cependant de retracer ici, vu leur importance. L’hémisphère s’incurve autour de son ganglion basal comme centre, si bien que son extrémité postérieure est à présent dirigée en bas (fig. 313). La région qui occupe le sommet de la courbe décrite par l’hémisphère est le lobe pariétal futur (Ip) ; la partie antérieure sera le^ lobe frontal (//) ; la partie postéro-inférieure deviendra le lobe lobe temporal (It) ; il s’y ajoutera un lobe occipital dirigé directement en arrière (lo). Toutes ces parties se développeront de plus en plus et s’étendront la première en haut, la seconde en
(1) Cependant Burckhardt dit ailleurs que le cerveau à parois également épaisses est le cerveau primitif cc aux dépens duquel se sont différenciés d’une part une substance médullaire fortement épaissie, d’autre part de l’épendÿme » ; l’épendyme n'aurait donc pas un caractère primitif.
HÉMISPHÈRES CEREBRAUX
avant, la troisième en bas et sur les- côtés, la quatrième en arrière. Le centre de l’hémisphère par contre, c’est-à-dire la partie insérée sur le cerveau intermédiaire et continue avec le ganglion basal, demeurera relativement stationnaire dans ce développement ; d’où résulte que, débordée par les autres régions, cette partie présentera une dépression verticale, circonscrite de tous les côtés par le reste du manteau. Cette dépression est la fosse de Sylvius ; le fond de la dépression s’appelle le lobe central ou insula de Reil (fs, le) ; tout le reste du manteau qui entoure
cette fosse peut être désigné du nom de lobe annulaire par opposition au lobe central.
Telles sont les modifications offertes par la face externe et supérieure du manteau (convexité de l’hémisphère). A mesure que les hémisphères grandissent, ils se séparent plus complètement l’un de l’autre et aussi du cerveau intermédiaire. Cette séparation procède de haut en baset d’avant en arrière, commençant naturellement là où les hémisphères sont le plus développés. De la sorte, ces hémisphères acquièrent, outre la face convexe (supéro-externe) (fig. 314, hc), une face interne ou plane, qui se sépare de la précédente par un rebord tranchant, 1’ « arête du manteau » (am). Dans la plus grande partie de son étendue, la face interne d’un côté regarde celle de l’hémisphère du côté opposé ; puis la partie postérieure de cette face se dévie un peu en dehors, formant un angle obtus avec la portion cérébrale, et se trouve contiguë à la vésicule cérébrale intermédiaire (fig. 314). Les faces internes des deux hémisphères sont séparées en avant par un sillon profond, la scissure interhémisphérique (fig. 315, sh), qui s’atténue peu à peu antérieurement, tandis qu’elle se prolonge en arrière en se bifurquant en deux branches; celles-ci sont les sillons qui séparent
Fig. 313. — Cerveau d'un fœtus humain de six mois , (d’après Kœlliker).
fs, le, fosse de Sylvius, dont le fond est formé par le lobe central ou insula de Reil. — If, Ip, lo, It, lobes frontal, pariétal, occipital et temporal formant ensemble le grand lobe annulaire de l’hémisphère. — bo, bulbe olfactif.
FACES ET BORDS DE l’hÉMISPHÈRE
chaque hémisphère du cerveau intermédiaire et dont le fond forme la limite dorsale du trou de Monro (fig. 314). Dans la scissure interhémisphérique s’engage un prolongement falciforme du tissu conjonctif et vasculaire où le cerveau est plongé; c’est la «faux du cerveau ». De même que la scissure interhémisphérique qu’elle comble, la faux du cerveau se continue sur les côtés et au-dessus du cerveau intermédiaire ; son prolongement, qui double supé-
lif
FiG. 314. — ^ Cerveau d'un embryon humain de sept semaines , vu d’en haut (d’après Mihal- . kovics).
lie, face convexe ou externe, des hémisphères cérébraux. — am, arête du manteau. — Ip, lobe pariétal. — It, lobe temporal. — lu, lame unissante des hémisphères (lame terminale). — ci, cerveau intermédiaire. — cm, cerveau moyen. — pv , pont de Yarole.
FiG. 315 . — Cerveau d’un embryon humain âgé de presque trois mois, vu d’arrière et d’en haut (d’après Mihalkovics) .
Mêmes lèttres que dans la figure précédente ; de plus : sh, scissure interhémisphérique. — ce, cervelet. — flrl, flocons et paroi des recessus latéraux. — ma, moelle allongée.
rieurement le toit épithélial du troisième ventricule, n’est autre que la toile choroïdienne.
La face interne de l’hémisphère, comme le manteau tout entier, est incurvée autour du cerveau intermédiaire et du trou de Monro. Celui-ci est limité en arrière par le pédicule du corps strié, au moyen duquel ce corps se rattache au cerveau intermédiaire. En avant, en haut et en dessous, il est borné par la zone qui réunit le manteau des hémisphères entre eux et au cerveau intermédiaire. Cette zone forme, dans la face interne du pallium, la « zone limite » ou limbus medialis de His, c’est-à-dire qu’elle contient le
HÉMISPHÈRES CEREBRAUX
bord même de l’hémisphère, continu avec le cerveau intermédiaire. Ce limbe médian a une forme générale curviligne. Une inflexion assez brusque de la courbe décrite par le limbe médian permet d’y distinguer deux parties : une antéro-inférieure, qui unit entre eux les deux hémisphères au-devant de la lame terminale ; l’autre
Fig. 316. — Vue latérale du cerveau d’un embryon humain de 4 semaines et demie (reconstruction de
coupes), d’après His.
hc, hémisphère cérébral. — loa, lop, lobes olfactifs antérieurs et postérieurs. — It, lame terminale. — Cï, cerveau intermédiaire. — Ip, lobe pinéal. — th, thalamus. — sth, région sous-thalamique. — pst, pédicule du corps strié. — ro, recessus opticus. — ri, recessus infundibuli. — te, tuber cinereum. — hy, hypophyse. — em, éminence mamillaire. — Cm, cerveau moyen. — I, isthme. — ce, cervelet. — ma, moelle allongée. — fsm, fosse supramamillaire . — ft, fosse de Tarin ou interpédonculaire.
Sur la voûte cérébrale, dans l’encoche qui sépare le cerveau antérieur du cerveau intermédiaire, on voit le bourgeon de la paraphyse ou épiphyse antérieure de His.
postéro-supérieure par laquelle chacun des hémisphères se rattache au cerveau intermédiaire.
Parallèlement et concentriquement au limbe de l’hémisphère vont se produire des plissements de la paroi cérébrale interne qui sont de la plus haute importance. En effet, entre le limbe médian et le bord supérieur de la face interne du manteau (arête du manteau), apparaissent deux replis parallèles entre eux et aussi au limbe médian et à l’arête du manteau. Ces replis doivent être