TRIGONE
L’une se forme juste au-devant et le long de la lame terminale, dont elle figure un épaississement, et paraît de bonne heure sous la forme de deux tractus fibreux, les columnœ fornicis ou 'piliers antérieurs du trigone (fig. 324, cf). Ces piliers, sur une coupe frontale du cerveau se montrent de chaque côté de la ligne médiane, en avant et au-dessus de la commissure antérieure déjà bien marquée à cette époque, sous la forme de deux bandelettes fibreuses à section allongée. Suivis sur une coupe sagittale, les piliers antérieurs descendent vers le plancher cérébral et se terminent dans la région mamillaire.
L’autre partie prend naissance de toute l’étendue de l’arc marginal interne et s’infléchit par conséquent dans le lobe temporal comme cet arc lui-même. Elle constituera dans sa partie
Fig. 324. — Coupes frontales du cerveau d’un embryon de Chat de 3,8 de long (d’après Martin).
La coupe A est la plus antérieure. — saa, sillon arqué antérieur. — sap, sillon arqué postérieur. — pn, piliers nasaux du trigone. — cf, colonnes du fornix. — ca, commissure antérieure. — pp, piliers postérieurs du trigone. — ■ cc, corps calleux.
supérieure ou horizontale le corps du trigone {corpus fornicis s. fimbriae) qui résulte delà soudure des deux fornix droit çt gauche et représente ainsi la commissure du trigone proprement dite; dans'sa partie postérieure ou descendante elle formera les piliers postérieurs du trigone ( crura poster fimbriæ , corps bordants ) (PP) (!)•
Cette dualité d’origine n’est d’ailleurs qu’apparente. Car la région de la face interne de l’hémisphère, immédiatement contiguë à la lame terminale, n’est que le prolongement de l’arc marginal interne ou plutôt est partie constituante de l’arc marginal lui-
(1) Kôlliker rattache le corps du trigone même à la lame terminale et n’attribue que les piliers postérieurs à l’arc marginal.
HÉMISPHÈRES CEREBRAUX
même, à l’époque très précoce où se fait le premier développement du trigone.
Secondairement de nouvelles parties s’ajoutent au fornix constitué essentiellement comme il vient d’être dit. Chez les Mammifères, des fibres transversales se forment, constituant au-dessus du corps du trigone une couche dite fornix transversus (Forel). Chez l’Homme, entre les deux piliers postérieurs en voie d’écartement, se développe une lame fibreuse, en partie confondue avec le corps calleux, la lyre ou psalterium.
Enfin Marchand, chez le Chat, décrit, outre les piliers postérieurs (fimbriæ) et les piliers antérieurs (columnæ fornicis), des « piliers nasaux » (fig. 325, pn). Ceux-ci décrivent d’avant en arrière et de bas en
haut un arc de cercle qui lps amène au niveau de l’extrémité antérieure du corps du trigone ; là ils se continuent, de la même manière que les piliers postérieurs, avec les colonnes du fornix. Celles-ci reçoivent donc deux contingents de fibres arquées : un postérieur plus considérable venu des piliers postérieurs, un antérieur moins important fourni par les piliers nasaux.
C. — Corps calleux . — C’est le développement spécial du corps calleux qui a le plus fixé l’attention des embryologistes tels que Schmidt, Kolliker, Mihalkovics, Marchand, Martin, Blumenau, Hamilton.
a) Première ébauche du corps calleux. — Chez l’embryon humain du troisième mois, qui peut nous servir de point de départ, la lame terminale forme dans sa partie dorsale un épaississement allongé verticalement et légèrement infléchi en S (fig. 326, Zf), dont l’extrémité supérieure constitue sur une coupe sagittale un fin liséré, un tænia, auquel fait suite la toile choroïdienne du troisième ventricule (Marchand). Au quatrième mois, cet épaississement disparaîtrait et serait remplacé, d’après Marchand, par un épaississement de nouvelle formation (fig. 327, ce) produit par l’extrémité toute dorsale de la lame terminale, juste au-devant du trou deMonro (tm), et réalisant une nouvelle soudure des deux hémisphères.
Fig. 325. — Diagramme du fornix tout entier et du corps calleux chez le Chat (d’après Martin).
pp , piliers postérieurs. — pn, piliers nasaux. — cf, colonnes du fornix ou piliers antérieurs. — cc, corps calleux.