RAPPORTS DU CORPS CALLEUX AVEC L’ARC MARGINAL
fournil les strice tectœ et Lancisii , et aussi la corne d? Ammon avec le fascia dentata ou corps godronné de la corne d’Ammon (fig. 329, fd). Kolliker montre ainsi embryologiquement la continuité du corps godronné avec les stries couvertes et de Lancisi, prouvée d’autre part anatomiquement par Giacomini; ces formations sont en effet sur le prolongement l’une de l’autre et dérivent toutes en commun de l’arc marginal supérieur. Quant à l’arc marginal interne ou inférieur, il se continue en avant avec la lame terminale épaissie qui fournit les piliers antérieurs du fornix, tandis qu’il fournit lui-même les piliers postérieurs (fimbriœ) du côté correspondant.
Marchand a vu la même disposition, à quelques détails près. Pour lui, en effet, le bourrelet du corps calleux, en se développant d’avant en arrière, emprunte la voie du sillon qui sépare les arcs marginaux; l’arc marginal externe, qui demeure ainsi au-dessus du corps calleux, devient le fascia dentata, tandis que l’arc marginal interne, sous-jacent au corps calleux, formera le trigone.
Pour Blumenau, les choses se passent plus simplement. Le corps calleux en effet se forme non dans le sillon qui sépare les deux arcs marginaux, mais au niveau de l’arc marginal externe même ; Tare marginal interne devient le fornix. Le sillon creusé entre les deux arcs marginaux fait défaut au niveau de ce qui sera plus tard le corps du fornix, et ainsi se trouve expliquée la fusion (qui serait donc primitive) qui existe à ce niveau entre le fornix et le corps calleux.
Chez le Chat, les dispositions seraient, d’après Martin, beaucoup plus compliquées. La situation du corps calleux serait différente suivant les parties de cet organe qui sont en question. C’est en effet aux dépens de l’arc marginal inférieur que se forme le corps calleux dans sa portion postérieure et ventrale, c’est-à-dire dans la région sphénoïdale du cerveau ; le bourrelet au contraire naît entre les deux arcs marginaux ; le corps se forme au niveau de l’arc marginal supérieur, mais n’en occupe pas toute la hauteur, de sorte qu’il reste au-dessus du corps calleux une bande de manteau, employée à la formation des stries longitudinales médianes et latérales (fig. 330, str). Entre les stries médianes et les stries latérales se creuse une rainure parallèle au corps calleux, qui n’a du reste qu’une existence éphémère; cette rainure, en effet, que l’auteur appelle « sillon calleux latéral » (sel), se confond de bonne heure au niveau du corps calleux avec le sillon arqué (saa) en une gouttière unique, qui est la « scissure supracalleuse ». A la hauteur de la portion ventrale, c’est-à-dire sphénoïdale, il existe de même un sillon, dit « scissure godronnée » (sg, sfd), qui est le
HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX
prolongement du sillon calleux latéral, mais qui persiste à ce niveau entre l’arc marginal interne (futur fornix) (fo) et l’arc marginal externe (corps godronné futur) [fd).
Martin a insisté sur la forme particulière qu’acquiert le corps calleux chez les embryons des animaux domestiques, du Chat particulièrement. Le corps calleux, grâce à la forte projection du splénium en arrière, prend la forme d’un hameçon très fermé, ainsi que Kôlliker entre autres l’avait du reste figuré déjà. Il se compose alors de deux parties (fig. 330 et 331) : une partie ventrale, qui commence à la lame terminale et qui s’étend d’avant en arrière et de bas en haut jusqu’au bourrelet (fig. 331, bo ); une partie dorsale, comprenant le corps (cc) et le genou (ge) et se terminant par le bec. Cette inflexion du corps calleux ne fait d’ailleurs que suivre celle du
Fig. 330. — Coupes médianes du cerveau d’embryons de Chat (d’après Martin).
A, Embryon de 6 millim. — B, Embryon de 11 millim. — cc, corps calleux. — spl, septum lucidum. — str, stries longitudinales. — sel, sillon calleux latéral. — saa, sillon arqué antérieur. — ca, commissure antérieure. — bo, bulbe olfactif. — sap, sillon arqué postérieur. — x, région de passage entre les sillons arqués antérieur et postérieur. — fd, fascia dentata ou corps godronné. — fo, fornix. — am arc marginal externe. — sg, sfd, sillon godronné ou du fascia dentata.
sillon arqué, fortement recourbé en S, le long duquel le corps calleux se développe (voir fig. 330, B). Il résulte de là que chez les animaux domestiques les parties développées aux dépens de la région postérieure de l’arc marginal, c’est-à-dire la corne d’Ammon, la fimbria et le corps godronné, se montreront aussi infléchies de la même façon, et par suite apparaîtront, sur une certaine étendue, au-dessous du corps calleux.
d) Développement des fibres calleuses. — Le développement anatomique du corps calleux nous étant connu, nous pouvons dès à présent passer à l'étude de la genèse de ses fibres, en nous servant de préférence de coupes verticales et transversales.