‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 238 sur 284 · ÉCORCE SUS-CALLEUSE ET SOUS-CALLEUSE · texte numérisé non relu

ÉCORCE SUS-CALLEUSE ET SOUS-CALLEUSE

compact [ce) ; c’est là l’ébauche des fibres calleuses. Ce faisceau repousse devant lui et invaginé vers la faux du cerveau les différentes couches du manteau, dont il détermine l'atrophie en se rapprochant de plus en plus de son congénère du côté opposé (fig. 332). La faux du cerveau subit à son tour le même sort, et, dès lors, les deux faisceaux droit et gauche du corps calleux sont unis sur la ligne médiane. Toutefois les deux faisceaux réunis offrent encore sur leur face supérieure un prolongement du manteau cérébral qui s’est réfléchi sur eux et qu’ils ont entraîné dans leur déplacement. Les deux moitiés droite et gauche du manteau ainsi entraînées se soudent à leur tour, comme les deux faisceaux du corps calleux eux-mêmes.

e) Influence du développement du corps calleux sur Vêtat de la paroi interne du cerveau. Écorce sus-calleuse et sous-calleuse. — De ce qui précède il résulte que la face supérieure du corps calleux est revêtue par le manteau tout entier, représenté par ses quatre couches, très amincies, il est vrai.

Le revêtement palléal supérieur du corps calleux porte, depuis Obersteiner, le nom d 'indusium, auquel Wilder a ajouté l’épithète griseum , ou encore il a reçu la dénomination de gyrus marginalis (Zuckerkandl). La puissance de cette couche palléale varie considérablement suivant les espèces animales et n’est nullement en rapport avec la condition microsmatique ou macrosmatique de ces espèces ; cette couche est en effet bien développée chez l’Homme et les Singes (des microsmatiques), tandis que chez le Chat (un macrosmatique) elle est réduite.

Le revêtement palléal supérieur du corps calleux est aussi d’épaisseur variable suivant l’âge des embryons, d’autant plus épais que l’embryon est plus jeune.

L ’indusium diffère enfin d’épaisseur suivant les endroits. Son maximum de développement se trouve sur les parties latérales de la face supérieure du corps calleux (fig. 333). En outre, grâce à un renflement de ses tractus fibreux, il forme des bandes longitudinales saillantes, que nous connaissons déjà sous le nom de stries longitudinales médianes et latérales de Lancisi. Ces stries, derrière le bourrelet du corps calleux, se continuent avec les fasciolœ cinereœ , et, par leur intermédiaire, avec les corps

HÉMISPHÈRES CEREBRAUX

godronnés, comme l’ont montré Kôlliker chez l’embryon et Ciacomini dans le cerveau adulte. Blumenau ajoute que non seulement les zones cellulaires de l’écorce, mais encore les couches fibreuses peuvent être suivies au delà du bourrelet du corps calleux dans les formations précitées : la couche superficielle pour former « la lame médullaire du corps godronné », la couche profonde pour constituer la substance blanche de la circonvolution de fhippocampe.

On comprend maintenant, d’autre part, qu’il puisse en être pour la face

inférieure du corps calleux comme pour la face supérieure, que les faisceaux du corps calleux entraînent sur leur face inférieure les couches du manteau et s’en revêtent. On aura donc à la face inférieure du corps calleux, sur toute l’étendue de cette face qui est libre, c’est-à-dire au-dessus de la cavité du septum lucidum et dans l’angle laissé par l’écartement des piliers postérieurs du trigone, une couche de substance grise. Cette substance grise, là où le corps calleux formera la voûte du ventricule de la cloison, sera l’équivalente de celle qui tapisse les parois latérales de ce ventricule, c’est-à-dire des lamina septi (1).

Il y a plus. On conçoit que, selon l’endroit exact du siège du corps calleux embryonnaire, une partie plus ou moins importante de l’arc marginal ou même cet arc tout entier puisse demeurer au-dessous du corps calleux. Les formations qui prendront naissance de cet arc marginal pourront par suite occuper dans certains cas, chez certains animaux, une situation sous-calleuse, au lieu d’être sus-jacentes au corps calleux. C’est là du moins la prémisse qu’il est nécessaire d’admettre pour donner une interprétation satisfaisante des faits anatomiques constatés par Duval. Duval a vu que chez le Mouton, le Rat, le Lapin, la formation ammonique dans son ensemble, dérivée de l’arc marginal et comprenant la corne d’Ammon, le corps bordant et le corps godronné, a la forme d’un fer à cheval dont la

(IJ L’existence de cette couche sous-jacente au corps calleux est niée par Fish chez la Brebis.

Fig. 333. — Coupe frontale du corps calleux d’un fœtus de Mouton de 30 centim. de long.

cc, corps calleux. — in, indusium griseum . — fc, faux du cerveau.

SEPTUM LUCIDUM

branche inférieure est très courte. La branche supérieure, plus longue, se montre, sur des coupes vertico-transversales du cerveau, sous-jacente au corps calleux (voy. fig. 340), au lieu qu’elle devrait être située au-dessus de cette commissure, pour que le corps godronné, par exemple, pût se continuer directement avec les stries longitudinales. De deux choses l’une alors : ou bien les stries longitudinales n’existent pas ici au-dessus du corps calleux et sont représentées par la continuation des corps godronnés audessous du corp calleux ; ou bien elles coexistent avec ces corps godronnés, mais n'ont aucune relation avec ces derniers, chez les animaux précités. Les formations ammoniques du Rat et du Lapin présentent, outre ce rapport exceptionnel avec le corps calleux, des relations entre elles, que l’on ne trouve pas ailleurs ; elles affectent en effet l’une avec l’autre des rapports intimes et se rapprochent jusqu’à s’accoler sur la ligne médiane (Duval).

D. — Septum lucidum. — Le développement de la cloison transparente sera facile à comprendre, à présent que nous sommes renseignés déjà sur la topographie de la région où cette formation se développe.

Nous avons dit plus haut que les hémisphères cérébraux, d’après la description de Schmidt, de Kolliker et de Mihalkovics, se soudaient dans une région triangulaire. Chez l’Homme, le processus de soudure, qui prélude à la formation du corps calleux et de la commissure antérieure, ne s’effectue, contrairement à ce qui se passe chez d’autres Mammifères, qu’à la périphérie de cette région triangulaire, au lieu que dans l’aire centrale du triangle, les parois cérébrales demeurent écartées et limitent ainsi latéralement dès le milieu du quatrième mois une cavité qui n’est autre que le ventricule du septum pellucidum ou cloison transparente.

D’après Martin, la plaque terminale épaissie (région de soudure de Schmidt et des autres auteurs) ne joue qu’un rôle accessoire dans la formation du septum lucidum ; celui-ci est surtout formé chez le Chat par cette portion de la paroi hémisphérique qui est entourée par le corps calleux (voir fig. 330, spl). Cette portion figure une aire considérable, de forme triangulaire, ouverte en bas et en avant, parce que là elle n’est pas encore fermée par le bec du corps calleux, alors encore incomplètement développé. Marchand au contraire, au lieu d’admettre, comme Mihalkovics et Martin, que le ventricule de la cloison est un espace ménagé dès le début par le processus de fusion, prétend qu’il résulte de la fissuration secondaire delà région soudée (voir fig. 328, B, spl).

Quoi qu’il en soit, le ventricule de la cloison, sur la coupe sagit-

HÉMISPHÈRES CEREBRAUX

taie du cerveau d’un embryon du sixième mois, a la forme d’une cavité triangulaire (fîg. 334, spl) ; son bord supérieur est constitué par la face inférieure du corps calleux; son bord inféro-postérieur est formé par un prolongement de la lame terminale, que l’on appelle « lame basilaire du ventricule de la cloison », et de chaque côté de laquelle courent les piliers antérieurs du trigone; le bord antérieur ou base correspond au reste du corps calleux qui, n’ayant pas encore toute sa longueur, n’arrive pas à clore le ventricule en avant et en bas; le sommet du ventricule s’étend à cette époque

Fig. 334. — Cerveau d’un fœtus humain du cinquième mois, détaché du thalamus (d’après Marchand).

cc, corps calleux. — sp, splénium. — ro, rostrum. — tt, taenia tecta. — spl, septum pellucidum. — Jd, fascia dentata. — fi, fimbria. — pst, pédicule du corps strié. — ça, commissure antérieure. — saa, sillon arqué antérieur. — sca, scissure calcarine. — spo, scissure perpendiculaire occipitale. — ssc, scissure supracalleuse.

jusqu’au splénium. Les parois de la cavité du septum lucidum ne sont donc pas seulement formées par le corps calleux et par la partie interne du manteau des hémisphères, mais comprennent encore au début un plancher constitué parla lame terminale prolongée.

Dans le cours ultérieur du développement, le ventricule de la cloison, qui avait d’abord une certaine largeur mesurée par celle même de la lame basilaire qui forme son plancher, et qui s’étendait longitudinalement jusqu’au splénium en arrière, se rapetisse

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