‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 240 sur 284 · FACE INTERNE DU MANTEAU ET PLEXUS CHOROÏDES · texte numérisé non relu

FACE INTERNE DU MANTEAU ET PLEXUS CHOROÏDES

chez les Téléostéens, où même les plexus inférieurs sont très réduits, indiqués seulement par des plissements latéraux, très peu profonds, de la voûte épendymateuse du cerveau. Chez les Vertébrés supérieurs, les plexus inférieurs entrent en régression et finissent par disparaître chez les Mammifères, tandis qu’au contraire les plexus hémisphériques persistent seuls et se développent de plus en plus (1).

De toutes les régions du manteau, celle de la face interne est certainement la plus ancienne. 11 est certain, en effet, que le manteau ne se développe pas excentriquement d’une façon régulière à partir du ganglion basal, mais qu’il s’accroît incessamment en dedans et en bas, de telle façon que ses parties les plus récentes sont externes et dorsales. « Plus une partie du cerveau antérieur est externe et dorsale, plus elle est phylétiquement récente, plus au contraire elle est médiane et basale, plus elle est ancienne :» (Burckhardt). Cela serait dû à ce que le manteau reçoit de la part du ganglion basal un appoint incessant, et que des parties du manteau virtuellement présentes, mais enfouies dans le ganglion basal, viennent s’épanouir tour à tour dans la formation palléale.

D’après ce qui précède, la plus ancienne zone du manteau serait, chez les Mammifères, celle qui est voisine du limbe médian des hémisphères, et qui comprend successivement, en procédant vers le haut, c’est-à-dire vers l’arête du manteau : la lamina affixa; l’épithélium des plexus choroïdes latéraux; l’arc marginal avec ses deux subdivisions, l’arc interne et l’arc externe et leurs dérivés, c’est-à-dire le fornix avec la fimbria et les piliers antérieurs, le fascia dentata avec son prolongement, le fasciola cinerea et les stries longitudinales. Toute cette zone offre d’ailleurs des caractères particuliers, des marques évidentes de réduction, telles qu’on considère les diverses formations ci-dessus énumérées comme des circonvolutions atrophiées; cela n’est pas une des moindres preuves à faire valoir en faveur de l’ancienneté de cette région (2).

(1) Cet aperçu phylogénétique sur les plexus choroïdes est emprunté à Burckhardt.

(2) Nous ayons indiqué déjà plus haut comment certains auteurs ont été amenés à homologuer une grande partie du pallium des Amphibiens et des Reptiles, ou même la totalité, à la zone interne du manteau des hémisphères .

HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

B. — Face convexe du manteau. Développement de quelques sillons et circonvolutions. — Le manteau se développe chez les Mammifères, ainsi qu’on l’a vu (p. 652), tout autour du ganglion basal et du cerveau intermédiaire auquel celui-ci est attaché.

Nous avons vu déjà aussi comment le manteau se partage en plusieurs régions ou lobes, lobe frontal, lobe pariétal, lobe occipital, et lobe temporal. Ce dernier lobe, d’autant plus développé qu’on s’adresse à des types plus élevés dans la série animale, donne la mesure de la puissance d’expansion des hémisphères cérébraux.

On sait que chez les Mammifères la surface de ces lobes ne demeure pas régulière et lisse, mais qu'il y paraît un certain nombre de sillons ou scissures ( sulci ) délimitant des reliefs appelés circonvolutions ( gyri ), Ces circonvolutions n’existent que chez les Mammifères et sont le résultat d’un mode d’ampliation des hémisphères propre à ces animaux. Chez les Oiseaux, par exemple, comme C. H. Turner le dit, il peut y avoir, au lieu de circonvolutions, épaississement externe du manteau sous forme d’une tubérosité, dont il existe plusieurs, tant sur la face dorsale que sur la face ventrale du cerveau ; il peut y avoir aussi projection en dedans de la substance grise du manteau sans qu’il y ait extérieurement indication d’une circonvolution.

Parmi les sillons qui incisent la surface du manteau, les uns sont transitoires , les autres définitifs. D’autre part, on peut aussi diviser ces sillons en partiels ou totaux; les seconds intéressent toute l’épaisseur de la paroi cérébrale et par conséquent déterminent sur la face ventriculaire de cette paroi des bourrelets correspondants ; les premiers demeurent superficiels et ne produisent pas de reliefs sur la face ventriculaire. On distingue enfin, suivant l’époque de leur apparition, des sillons primaires et des sillons secondaires ; et il se trouve que les premiers sont précisément des sillons totaux.

Les sillons permanents sont en premier lieu les sillons qui limitent les hémisphères, savoir : la scissure inter hémisphérique, ou « sillon de la faux du cerveau », et le « pli latéral » de His ou « grande fente cérébrale de Bichat ». Ces scissures préexistent aux prolongements des méninges qui s’engagent dans leur inté-

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