‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 241 sur 284 · FACE CONVEXE DU MANTEAU · texte numérisé non relu

FACE CONVEXE DU MANTEAU

rieur, et sont le résultat du mode d'accroissement propre de l'hémisphère. Pour ce qui est de la scissure interhémisphérique par exemple, il est absolument démontré, contrairement à Mihalkovics et à Turner qui l’attribuent à la pénétration de la faux du cerveau, qu’elle est formée alors que la faux n’a pas encore pénétré entre les hémisphères.

La fente choroïdienne , dont il a été question plus haut, n’est que l’entrée d’une profonde scissure que limite le repli choroïdien du manteau et qui doit encore être rangée parmi les sillons permanents de l’hémisphère. Le repli choroïdien et la scissure du même nom doivent aussi uniquement leur existence à une exagération localisée de la puissance d’accroissement du manteau et non à la pénétration d’un prolongement de la pie-mère. La fente apparaît chez l’embryon humain dès la cinquième semaine du développement. Dans la même catégorie, il faut aussi placer les sillons arqués , ou du moins le sillon arqué postérieur (sillon d'Ammon ou scissure des hippocampes ) ; car le sillon arqué antérieur, ainsi que nous l’avons vu, disparaît assez rapidement (His, Marchand, Martin, Cunningham, contre Mihalkovics).

Ces sillons permanents sont très primitifs et ils sont totaux, au sens que nous avons attaché à cette expression. D'autres sillons, qui paraissent aussi de très bonne heure, dès le quatrième mois, et qui occupent toute l’épaisseur du manteau, ne sont au contraire que transitoires, et disparaissent déjà au cours du cinquième mois. Ceux-ci, découverts par Meckel, ont été considérés par Tiedemann comme les précurseurs des sillons futurs.

C’est F. Schmidt qui le premier a donné leur véritable interprétation et a montré qu’il s'agissait de sillons transitoires. Leur existence étant indéniable, Bischofï a douté de leur valeur réelle et les a considérés comme des artifices de préparation. Ecker, Kolliker, Mihalkovics, C. Giacomini, Cunningham au contraire ont montré que la production de ces plis n’était pas artificielle, bien que le nombre et la situation des plis fussent variables et que leur profondeur fût augmentée par le durcissement. Ces plis ou sillons passent pour appartenir exclusivement à la paroi interne des hémisphères ; ils sont disposés radiairement à partir du sillon arqué, auquel ils aboutissent ; de là le nom de plis,

HÉMISPHÈRES CEREBRAUX

sillons radiés , qui leur a été donné (fîg. 326 et 327, r). Cependant Giacomini a signalé sur la face externe ou convexe de l’hémisphère, avant le quatrième mois de la vie fœtale où se montrent nettement les scissures définitives et principales de cette face convexe, l’existence de sillons profonds, qui, en raison de la minceur du manteau à cette époque, paraissent sur la face ventriculaire sous forme de crêtes et sont ainsi des scissures totales. Ces sillons s’étendent radiairement du bord supérieur du manteau à la vallée sylvienne, et sont asymétriquement développés sur les hémisphères. A mesure qu’augmente l’épaisseur de la paroi cérébrale, ces sillons temporaires se comblent, la surface du cerveau redevient lisse, pour

être de nouveau sillonnée en tous sens par des scissures définitives. Quant à la signification de ces entailles, à leur rapport possible avec les sillons permanents, on n’en sait rien encore. Nous verrons plus loin quel peut être le mécanisme formateur des sillons provisoires.

Un certain nombre de scissures persistantes, totales ou non, bien que d’importance capitale pour la morphologie externe du cerveau, n’apparaissent que plus tard que les précédentes.

C’est en première ligne la scissure de Sylvius. Celle-ci paraît d’abord sous la forme d’une large fosse peu profonde, la vallée ou fosse de Sylvius, chez l’Homme à la fin du deuxième mois (Cunningham), au début du troisième (Giacomini). Le fond de la fosse de Sylvius correspond au corps strié, et on peut même considérer la fosse sylvienne comme une scissure totale dont le relief sur la face ventriculaire de l’hémisphère serait représenté par le corps strié. A mesure du développement, la forme de la fosse de Sylvius change considérablement. D’abord à peu près circulaire, le contour de la fosse s’allonge en arrière et du côté dorsal, et la

Fig. 336. — Cerveau d’un fœtus humain de six mois (d’après Koelliicer).

fs. le, fosse de SylYius, dont le fond est formé par le lobe central ou insula de Beil. — If, Ip, lo, II, lobes frontal, pariétal, occipital et temporal formant ensemble le grand lobe annulaire de l'hémisphère. — lo, bulbe olfactif.

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