‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 248 sur 284 · VOIE INTELLECTUELLE ET ARC REFLEXE · texte numérisé non relu

VOIE INTELLECTUELLE ET ARC REFLEXE

Flechsig sur des fœtus humains à terme. Certaines parties seulement delà couronne rayonnante sont myélinisées ; ce sont celles qui correspondent à la circonvolution centrale postérieure (pariétale ascendante) et aussi aux parties situées immédiatement en avant et en arrière ('circonvolution centrale antérieure et præcunéus). Dans des régions situées soit en avant, soit en arrière, le nombre des fibres myéliniques diminue. Les fibres pourvues de myéline sont des fibres sensibles, prolongement des cordons postérieurs de la moelle. Le noyau caudé ne reçoit nulle part de fibres myélinisées; la capsule interne, par exemple, ne lui amène que des fibres amyéliniques. Parmi les fibres qui abordent le noyau lenticulaire, les unes sont privées de moelle ; les autres en sont pourvues, et ce sont celles qui dans les lames médullaires courent concentriquement à la face externe du noyau, ainsi que les fibres de Y a anse du noyau lenticulaire ». Il en est de même pour les fibres qui se mettent en relation avec la couche optique; les unes sont myéliniques, les autres amyéliniques. Non seulement les fibres des systèmes de projection, mais encore celles des systèmes d’association se développent les unes après les autres, d'après des recherches récentes de Flechsig, de sorte que les différents territoires corticaux ne sont mis en connexion les uns avec les autres que successivement. Les fibres tangentielles d’association paraissent tout d’abord pourvuss de myéline en deux régions distinctes : dans la région rolandique d’une part, et d’autre part dans celle de la sphère olfactive (circonvolution de l’hippocampe, pédoncules du septum, stries de Lancisi) (Flechsig). En somme, les foyers de la formation myélinique coïncident d’une part avec les points de terminaison des fibres olfactives, d’autre part avec les stations terminales des nerfs sensibles musculaires et cutanés. Quand les fibres de projection qui aboutissent à ces régions sont myélinisées, les fibres d’association ne tardent pas à l’être.

On comprend toute l’importance que la question du développement des fibres cérébrales a pour révolution intellectuelle, pour le développement psychique de l’individu, les fonctions psychiques étant incompatibles avec une organisation histologique incomplète des conducteurs nerveux. Jelgersma a développé à ce sujet quelques considérations générales par lesquelles nous terminerons ce chapitre. Partageant l’axe cérébro-médullaire en un intellectuorium représenté par les hémisphères cérébraux, et un « arc réflexe » comprenant les autres parties de l’axe nerveux, il appelle « voie intellectuelle » l’ensemble des trajets fibreux compris dans l’intellectuorium et reliant deux points de ce dernier. La voie intellectuelle, ainsi comprise, n’existe pas dans l’ébauche primitive du système nerveux central, et ne prend naissance que secondairement, par le fait de la soudure secondaire qui s’établit entre le cerveau antérieur secondaire et le cerveau intermédiaire, soudure qui lui livre passage. La voie intellectuelle n’atteint que très tard son état histologique définitif ; ses fibres ne gagnent une gaine de myéline qu’après la naissance. Les voies motrices

ÉLÉMENTS D’EMBRYOIOGIE.

HÉMISPHÈRES CEREBRAUX

centripétales (pyramidales) et les voies sensibles centrifugales, qui relient rintellectuoriumàParc réflexe, apparaissent encore tardivement, mais avant la voie intellectuelle. Leur achèvement histologique, leur myélinisation, est aussi plus précoce. C’est l’arc réflexe enfin dont les trajets fibreux sont les premiers formés et les premiers histologiquement constitués ; ils sont présents déjà chez le jeune embryon avec leurs caractères définitifs de structure. La voie intellectuelle, dernière à se former, est celle dont le développement varie le plus selon les espèces et même les individus. L’arc réflexe au contraire, qui est à l’origine du système nerveux central, représente, chez les divers individus et même dans les différentes espèces, une constante (1).

INDEX BIBLIOGRAPHIQUE

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