DÉVELOPPEMENT DES SYSTÈMES FIBREUX DES HEMISPHERES
prennent naissance dans l’intérieur des hémisphères cérébraux nous sont déjà en grande partie connus.
Nous avons étudié, en effet, chez les Vertébrés inférieurs, les trajets qui parcourent le cerveau intermédiaire ; or, ils sont en partie communs à ce dernier et aux hémisphères cérébraux. C’est ainsi que le « faisceau basal du cerveau antérieur », le « faisceau du manteau » et d’autres nous ont occupé déjà (p. 623 et suiv.) ; il n’en sera donc plus question ici.
On sait que les trajets fibreux dans les hémisphères cérébraux des Vertébrés supérieurs etparticulièrement des Mammifères se partagent entrois groupes systématiques bien distincts : les systèmes de projection, les systèmes d'association, les systèmes commissuraux.
Les premiers établissent des relations entre l’écorce cérébrale et des centres d’ordre inférieur; les fibres de projection qui vont de l’écorce aux ganglions cérébraux (corps strié et thalamus) forment dans leur totalité le système de projection no 1, appelé couronne rayonnante. L’ensemble des fibres qui porte ce nom fait défaut aux Vertébrés inférieurs, et la couronne rayonnante n’apparaît que chez les Reptiles (Herrick, Meyer, etc.). Le développement déjà cou ronne rayonnante chez l'embryon de Mammifère est, comme son apparition dans la série, assez tardif.
Néanmoins la formation de la couronne rayonnante précède celle du corps calleux : fait dont l’explication serait donnée par les résultats fournis par la méthode de Golgi sur la constitution de cette commissure. Le corps calleux, en effet (fig. 343, cc), outre des fibres cylindre-axiles issues directement de cellules nerveuses, serait en majeure partie formé de collatérales poussées par des cylindres d’axe, par ceux entre autres de la couronne rayonnante (cc); les fibres calleuses donc, n’étant que des branches d’autres fibres nerveuses, doivent donc se montrer après ces dernières.
On sait que, chez les Mammifères (et il en est de même pour les Oiseaux, d’après C. H. Turner), la couronne rayonnante se partage dans son trajet ultérieur en deux faisceaux, appelés capsule interne et capsule externe. La capsule interne, plus importante, a essentiellement trois ordres de fibres : des fibres pyramidales allant directement de la couronne rayonnante aux pédoncules cérébraux ; des fibres reliant la couronne rayonnante au corps strié et au thalamus ; des fibres par lesquelles les pédoncules se terminent dans
Fig. 343. — Schéma d’une coupe transversale du cerveau , montrant la disposition vraisemblable des commissures et des fibres de la couronne rayonnante (d’après Cajal).
cc, corps calleux. — ca, commissure antérieure. — cr , couronne rayonnante (fibres de projection).
HÉMISPHÈRES CEREBRAUX
le corps strié et le thalamus. On connaît, depuis Flechsig, le développement histologique des fibres de la couronne rayonnante et de la capsule interne dans les stades avancés, et les phénomènes de la myélinisation de ces fibres ; mais ce que l’on n’a jamais spécialement étudié, c’est la première formation, au point de vue anatomique, de ces masses fibreuses, pour laquelle nous n’avons d’autres documents que quelques figures de Mihalkovics.
Les systèmes d’association sont représentés par des fibres tangentielles, plus ou moins parallèles à la surface corticale, qui unissent entre eux deux points plus ou moins éloignés d’un même hémisphère. Ces systèmes, très nombreux en fibres, forment la plus grande partie de la masse blanche centrale des hémisphères.
Les systèmes commissuraux (corps calleux, commissure antérieure, trigone) nous sont déjà connus et ne nous occuperont plus. Ils relient des régions, symétriques ou non, des deux hémisphères.
La distinction des divers systèmes dont il vient d’être question s’établirait de bonne heure dans le développement ontogénique, et serait marquée, d’après Brandts, par l’orientation différente des chaînes cellulaires qui concourent au développement des fibres nerveuses. On voit en effet, chez des embryons de Lapin déjà âgés, la couche de la formation rayonnante offrir des rangées cellulaires disposées obliquement par rapport à la couche des cellules neuroblastes : c’est là l’ébauche des systèmes de projection. Vers la couche de Rolando, au contraire, ces rangées cellulaires deviennent parallèles à la surface; c’est l’ébauche des systèmes d’association.
L’étude histogénétique des trajets fibreux, l’étude de la myélinisation des fibres cérébrales en d’autres termes, a fourni à Flechsig, Edinger, Fuchs, Vulpius, etc., des résultats intéressants. Une donnée générale fort importante se dégage des recherches de ces auteurs, savoir : l’époque très tardive à laquelle les fibres cérébrales ont parfait leur développement histologique et se sont couvertes de myéline. C’est ce qu’Edinger a constaté dans le cerveau des Amphibiens. C’est surtout ce que Flechsig, Fuchs et Vulpius ont observé chez l’Homme. A la naissance, les fibres cérébrales sont encore dépourvues de myéline (sauf, selon Flechsig et Vulpius, au niveau de la circonvolution prérolandique ou frontale ascendante). Les premières fibres tangentielles ou d’association ne paraissent qu’à la naissance (Flechsig), qu’au quatrième mois (Vulpius) ou même au septième (Fuchs) ; elles forment d’abord deux couches interne et externe entre lesquelles paraît plus tard une couche moyenne (Vulpius). Le développement fibreux se passe d’ailleurs d’une façon très différente selon les régions du cerveau. Il procède très lentement, si bien que c’est seulement vers la septième ou la huitième année que les dispositions adultes sont réalisées (Fuchs) ; à 17 ans même, d’après Vulpius, le développement des fibres tangentielles n’est pas encore terminé dans toutes les parties du cerveau.
Pour prendre un exemple, voici quelques-uns des résultats obtenus par