CHAPITRE I
Développement de la bouche et de l'anus. Le slomodaeum et le
proctodaeum.
Rapports du stomodaeum, de la poche hypophysaire et de la corde dorsale. — L’intéressante question des rapports de l’extrémité antérieure de la corde dorsale avec la poche hypophysaire et le pharynx a été reprise par Bawden et Saint-Remy.
Saint-Remy, qui a étudié des représentants de toutes les classes d’Àmniotes, s’est proposé de rechercher principalement les transformations histologiques que subit l’extrémité de la corde dorsale, mais a observé aussi des faits organogéniques dignes d’ètre mentionnés. Chez tous les Amniotes, la portion terminale antérieure de la corde dorsale, qui se termine d’abord au point d’insertion de la membrane pharyngienne, comme l’auteur le montre particulièrement chez les Oiseaux, se coude ensuite pour garder son insertion sur l’épithélium, en formant un angle plus ou moins prononcé (voy. p. 77, fig. 46), de telle sorte qu’on peut y distinguer alors une branche ascendante et une branche descendante.
(1) Il ne sera question ici que des travaux concernant la bouche et les organes du voisinage. Nous retrouverons plus tard, avec les organes génitaux, les données nouvelles qui se rapportent à l’anus et aux parties voisines.
APPENDICE AU TUBE DIGESTIF
Celle-cidisparaît de bonne heurepar désagrégation de ses éléments; le sommet de l’angle et même une partiede la branche ascendante font de même. Chez les mammifères et les Reptiles cependant, l’angle de la corde s’épaissitet bourgeonne en produisant un bouton terminal, parfois considérable, et multilobé (fîg. 344, fig. 345 b) qui d’ailleurs subit secondairement une désagrégation ou une transformation, et disparaît en tant que partie constituante de la corde. Chez les Oiseaux, au contraire, ce bouton ne se produit pas. Le boulon cordai en question est considéré par Saint-Remy comme
l’homologue de la « poche palatine »
de Selenka (voy. p. 78) ; nous avions déjà regardé la poche en question comme un produit de dégénération de la corde. Rawden au contraire avait assimilé à cette dernière la poche pharyngienne de Seessel, c’est-à-dire le cul-de-sac præoral de l’intestin antérieur. La connexion que Romiti et d’autres ont aperçue et que Rawden a retrouvée chez les Oiseaux entre l’hypophyse et la corde dorsale est secondaire selon Saint-Remy et consiste dans un « cordon connectif » (Rawden), dû à la transformation secondaire de la branche descendante de la corde. Quant aux connexions que l’on trouve entre la corde dorsale et certains points de l’épithélium pharyngien, elles sont le résultat d’un retard dans la séparation de la corde d’avec Tentoderme.
Les faits histogénétiques observés par Saint-Remy consistent dans la transformation des tissus de la corde en tissu conjonctif embryonnaire et en cartilage. La métamorphose cartilagineuse du tissu cordai était connue depuis longtemps et V. Schmidt l’avait récemment constatée dans la région caudale de la corde des Urodèles. La transformation des éléments cordaux en cellules conjonctives embryonnaires a été décrite par Saint-Remy au niveau surtout de la branche descendante de la corde, chez le Chat, le Pou-
FiG. 344. — Extrémité antérieure de la corde dorsale chez un embryon de Brebis de 13 millim. (d’après Saint-Remy).
ba, branche ascendante de la corde. — pp, bouton cordai transformé en une formation irrégulièrement lobée, la poche palatine.
RAPPORTS DE LA POCHE HYPOPHYSAIRE ET DE LA CORDE DORSALE 731 let, etc. (fig. 345 bd). Il peut arriver aussi que le tissu cordai se détruise
Fig. 345. — Extrémité antérieure de la corde dorsale chez un embryon de Chat de 5 millim, de long
(d’après Saint-Remy;.
j 9, bouton cordai, se développant au niveau de l’angle de la corde. — ba, branche ascendante . — bd, branche descendante déjà transformée en tissu conjonctif sur presque toute sa longueur. — c, paroi cérébrale. — en, entoderme. — mp, reste de la membrane pharyngienne. — hy, poche hypophysaire. — pS, poche de Seessel,
purement et simplement, les éléments conjonctifs voisins jouant le rôle de phagocytes et faisant disparaître les restes des cellules cordales (1).
(1) Nous reportons plus loin (voir appendice au Système nerveux, p. 825) l’exposé de deux intéressants mémoires de Kupfïer et de Saint-Remy concernant la signification de la poche pharyngienne de Seessel.