‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 269 sur 284 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Développement de la moelle.

Pour déterminer sur quelles portions du canal épendymaire primitif porte la réduction du canal central qui s’effectue au cours du développement, si elle s’exerce à la fois sur l’extrémité dorsale et sur l’extrémité ventrale de la lumière épendymaire, ou si elle n’intéresse que la partie dorsale, on n’a utilisé jusqu’ici que des faits d’ordre anatomique, cherchant à retrouver, en suivant les changements de forme qu’éprouve le canal pendant son évolution, la partie du canal primitif qui se conserve chez l’adulte. Nous avons employé dans ce but des critériums d’ordre histologique plus certains que les données purement anatomiques.

Ces critériums sont les suivants :

En premier lieu, la proportion des figures de division nucléaire dans les diverses régions du canal central primitif peut donner des renseignements précieux. Comme, en effet, la bordure épendymaire définitive ne comporte qu’une seule rangée de cellules, que les éléments qui entourent l’épendyme et qui forment la substance gélatineuse centrale sont clairsemés, la paroi épendymaire primitive n’aura que peu de cellules à former pour constituer la paroi immédiate et médiate du canal définitif; elle pourra donc, dans l’endroit qui plus tard entourera celui-ci, n’offrir que peu de figures mitotiques. Il en sera autrement de la région non employée à border le canal épendymaire définitif, et qui, d’après Lowe et Corning, doit subvenir aux frais de la formation de la substance gélatineuse de Rolando; cette deuxième région devra donc présenter de nombreuses mitoses.

En second lieu, il paraît évident que celle des régions de la paroi épendymaire primitive dans laquelle les cellules constituantes se rapprocheront le plus, par leur forme, des cellules

APPENDICE AU SYSTEME NERVEUX CENTRAL

épehdymaires définitives, sera celle qui persistera pour former l’épendyme de l’adulte; par suite, la région du canal central limitée par elle deviendra le canal épendymaire permanent.

Un troisième critérium est fourni par la ciliation des cellules. Les cils n’existent pas au début et sont une acquisition secondaire des cellules. Or, il est vraisemblable que, dans ces portions du canal central qui doivent plus tard s’oblitérer, les cellules épithéliales n'acquerront pas de cils, ceux-ci devant demeurer sans emploi.

Les propositions précédentes peuvent être considérées comme l’explication des divers résultats que nous a fournis l’étude d’embryons de Mouton et d’embryons humains dans la question de la partie persistante du canal central. Pour les diverses raisons qui viennent d’être exposées, c’est la portion ventrale du canal qui doit persister chez l’adulte. Les phénomènes se passent du reste d’une façon assez différente chez l’Homme et chez le Mouton.

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