CHAPITRE II
Histogenèse du système nerveux.
On trouvera, comme complément à ce qui est dit (p. 367) sur l’évolution des cellules nerveuses, quelques renseignements et un dessin empruntés à Gajal (p. 718 et fig. 342).
La question de la différenciation des cellules névrogliques et nerveuses et de l’histogenèse de la névroglie a donné lieu à plusieurs travaux.
Valenti, étudiant le cerveau de quelques Poissons cartilagineux, voit les cellules névrogliques dériver tout aussi bien que les cellules nerveuses des éléments de la gouttière médullaire; car alors qu’il n’existe encore aucune trace d’enveloppe conjonctive cérébrale, se développent des éléments de forme conjonctive, des cellules névrogliques, qui ne peuvent avoir par conséquent qu’une origine ectodermique. En outre et plus tard, des éléments conjonctifs immigrés dans l’ébauche cérébrale prennent encore part à la formation de la névroglie. Celle-ci reconnaît donc une double origine, ectodermique et conjonctive.
Le développement de la névroglie dans la moelle épinière de l’Homme et d’autres Mammifères a été suivi par Colella, dont voici les principales conclusions. Il y a trois catégories de cellules névrogliques toutes d’origine ectodermique : 1° cellules de l’épithélium nerveux; 2° cellules névrogliques profondes; 3° cellules névrogliques superficielles. Les cellules névrogliques ne se mettent jamais en connexion, mais en simple contact les unes avec les autres ; elles ne sont ainsi que contiguës àla pie-mère, au-dessous de laquelle leurs prolongements périphériques se terminent librement.
Les études de Schaper, qui seront analysées plus loin, l’ont conduit, comme Colella, à admettre l’origine ectodermique unique de tous les éléments névrogliques du cervelet, à part quelques éléments immigrés avec les vaisseaux.
APPENDICE AU SYSTEME NERVEUX CENTRAL
On croyait que les cellules névrogliques épendymaires ne persistent pas chez l’adulte ou tout au moins ne demeurent pas en connexion par leur prolongement externe avec la périphérie du cerveau. On n’avait pu chez les Vertébrés supérieurs adultes montrer cette connexion périphérique. C’est cette lacune que Berkley a comblée en étudiant l’histologie de la région infundibulaire.
Relativement à l’origine des fibres nerveuses, périphériques, Mitrophanow combat les idées de Dohrn sur la provenance de ces fibres aux dépens d’épaississements ectodermiques. Il bat aussi en brèche les vues de Goronowitsch d’après lesquelles les fibres nerveuses périphériques, comme les ganglions spinaux eux-mêmes, seraient mésodermiques.