‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 30 sur 284 · II. L’épicœlome est séparé du mésocœlome · texte numérisé non relu

II. L’épicœlome est séparé du mésocœlome

III. A droite de l’observateur, le mésocœlome est isolé, distinct du métacœlome.

epc, épicœlome ou myocœlome ( myc ). — msc, mésocœlome, ou cavité du népbrotome (nt), — mtc, métacœlome ou cavité pleur o-péritonéale (cpp).

PRINCIPES DE l’oRGANOGENÈSE

ques qui en forment les parois peuvent être appelées d’une manière correspondante « épimère », «. mésomère », « hypomère ». Dans la suite du développement ces différentes parties du cœlomeet du mésoderme s’isolent les unes des autres ; d’abord l’épicœlome et l’épimère des deux autres (fig. 38, II), puis le mésocœlome et le mésomère du métacœlome et de l’hypomère (III). Les diverses régions cœlomiques et mésodermiques deviennent d’ailleurs des organes différents du corps de ranimai : l’épicœlome (epc) devient un « myocœlome » ( myc ), c’est-à-dire la cavité d’un segment musculaire ou « myotome » ; le mésocœlome (msc) fournit la lumière d’un segment rénal ou « néphrotome » ou canalicule rénal (np) ; le métacœlome ( mtc ) devient la cavité générale définitive ou « cavité pleuro-péritonéale » (cpp).

Outre le cloisonnement dans le sens dorso-ventral que l’on doit

Fig. 39. — Coupes longitudinales schématiques d’embryons d’Amphioxus et de Sélacien menées à travers le cœlome pour en montrer le cloisonnement (imitées de VAN Wyhe).

A, Amphioxus. — B, Sélaciens. — epc, épicœlome. — msc , mésocœlome. — mtc, métacœlome. — d, peau dorsale. — v, peau ventrale.

Fig. 40. — Embryon d’ Amphioxus, en coupe longitudinale optique (d’après Hatschek).

e, épiblaste. — i, hypoblaste. — m, mésoblaste. — ip, cavité de l’intestin primitif. — pv, protovertèbre. — cpv, cavité protovertébrale.

étudier sur des coupes transversales de l’embryon, il se fait parallèlement à l’axe de l’embryon une segmentation longitudinale du

PHÉNOMÈNES REGRESSIFS

cœlome qui, se répétantd’une façon très régulière, donne naissance à des segments tous semblables les uns aux autres (fig. 39 et 40). La segmentation peut porter sur toute la hauteur du cœlome comme chez l’Amphioxus (fig. 39, A). Ou bien elle n’en intéresse que la portion médiane et dorsale, le reste du cœlome demeurant continu; c’est ainsi que chez les Sélaciens l’épicœlome, le mésocœlome, et la région dorsale du métacœlome se trouvent segmentés (fig. 39, B). Chez les Vertébrés supérieurs l’étendue dorso- ventrale du cœlome qui se segmente est moindre encore, vu que la segmentation n’atteint pas du tout le métacœlome.

On donne les noms de « somite », « segment primitif », « protovertèbre » à la région segmentée du cœlome, quelles qu’en soient d’ailleurs l’étendue et la composition.

D) En regard des manifestations diverses de la multiplication et de l’apposition cellulaire, qui constituent des phénomènes d’accroissement, en regard aussi des processus de cloisonnement, qui amènent une complication, il faut placer, pour lés leur opposer, des phénomènes régressifs qui consistent dans une atrophie de parties d’organes déjà existantes et qui produisent une simplification.

C’est quelquefois au prix de ces atrophies partielles, qui sont absolument du reste dans l’ordre normal des choses, qu’est acquise la forme d’un organe définitif. Aussi, certaines travées du réseau vasculaire s’oblitérant, le sang fait irruption dans celles qui subsistent et les dilate de façon à en faire des canaux de plus gros calibre, qui ne sont autres que les troncs et les branches des artères et des veines de l’anatomie descriptive. Ainsi encore doit se résorber, pour donner à l’os long la forme qu’on lui connaît et pour le creuser en particulier d’un canal médullaire, toute une partie de la substance osseuse, etc.

Nous venons de passer rapidement en revue les processus principaux qu’emploie l’organogenèse et que nous retrouverons dans le cours de cet ouvrage. L’étude des cas particuliers où se déroulent les uns ou les autres de ces processus constitue l’organogénie

PRINCIPES DE L’ORGANOGENÈSE

descriptive. Mais l’embryologie, et l’organogénie en particulier, ne doit pas consister seulement en une énumération de faits isolés ; elle doit aussi être comparative. Si chez un Poisson nous voyons un organe A (le tube digestif par exemple) émettre en un certain point un bourgeon creux B (la vessie natatoire), et que chez un Mammifère nous constations de nouveau que le même organe A’ produit au même point un bourgeon B’ également creux (le tube pulmonaire), nous en conclurons que la vessie natatoire du Poisson et le tube pulmonaire du Mammifère sont des organes homologues (1).

« L 'homologie est ainsi la similitude qui a pour cause une origine commune des organes considérés, quelle que soit d’ailleurs la destinée de ces organes » (Hatschek). Elle s’oppose à V analogie, « qui est une ressemblance ayant pour causes des conditions physiologiques pareilles, l’origine étant différente » (Hatschek). Sont homologues ainsi la vessie natatoire des Poissons et le poumon des Vertébrés supérieurs. Sont analogues au contraire les pieds d’un Vertébré et ceux d’un Insecte, ou les ailes d’un Vertébré et celles d’un Insecte. Les ailes d’une Chauve-Souris et celles d’un Oiseau ne sont homologues qu’en tant qu’extrémités supérieures; en tant qu’ailes elles sont analogues.

Quand à l’intérieur d’un même organisme les phénomènes de bourgeonnement, de cloisonnement, se font symétriquement à droite et à gauche de la ligne médiane, ainsi que c’est le plus souvent le cas chez les Vertébrés, les organes produits de chaque côté de l’axe, organes pairs de l’anatomie descriptive, qui donnent au Vertébré le cachet de bilatéralité qui est son principal attribut, ces organes pairs présentent entre eux une ressemblance morphologique qui est plus qu’une homologie. On les dit alors homotypiques. Sont homotypiques les extrémités droite et gauche antérieure ou postérieure, les glandes sexuelles, les paires nerveuses rachidiennes, etc.

On appelle d’autre part homodynames des organes morphologiquement semblables, qui se répètent à la suite les uns des autres

(1) Nous nous servons de cet exemple significatif, bien qu’il ne soit pas à l'abri de tout reproche, et que l’homologie du poumon et de la vessie natatoire ait été contestée.

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