PHÉNOMÈNES DE MATURATION ET DE FECONDATION
que le vitellus formatif est réduit à une mince couche protoplasmique, le disque germinatif ou eicatricule. Les œufs privés de deutoplasma, les œufs alécithes , sont, on le conçoit aisément, beaucoup plus petits que les œufs qui renferment une quantité considérable de matériaux deutoplasmiques accumulés vers l’un des pôles de la sphère vitelline, et que l’on appelle œufs télolécithes (fig. 2, A et B).
Fig. 2. — Schémas d’un œuf alécithe (A) et télolécithe (B). vf, vitellus formatif. — vn, vitellus nutritif.
b) Le spermatozoïde représente, comme l’ovule, une cellule. Mais cette cellule est très réduite et très modifiée, de sorte que ce n’est que si Ton étudie le développement du spermatozoïde, c’està-dire là spermatogenèse, que l’on peut se convaincre de la nature cellulaire du produit sexuel mâle, et constater alors qu’il est constitué d’un corps protoplasmique représenté par la queue et d’un noyau qui n’est autre que la tête du spermatozoïde.
§ 2. — Phénomènes de Maturation et de Fécondation. —
Des œufs tels qu’ils ont été décrits précédemment ne sont pas capables de se développer, alors même qu’ils ont atteint leur taille normale. Si on leur ajoute du sperme mûr, ils demeurent stériles. En un mot ils ne sont pas mûrs. Pour pouvoir être fécondés, ils doivent auparavant subir une série de transformations que l’on rassemble sous le nom de phénomènes de maturation.
Le plus important de ces phénomènes consiste dans la production de certaines formations empruntées essentiellement à la tache germinative et accessoirement au reste du noyau ainsi qu’au vitellus.
RÉSUMÉ DES PHÉNOMÈNES EMBRYOGÉNIQUES
Ces formations étant habituellement rejetées au dehors par l'œuf, la maturation nous apparaît ainsi comme un phénomène de réduction des parties constitutives de l’œuf et principalement de sa masse chromatique. Les corps ainsi éliminés par l’œuf s’appellent les globules ou corpuscules polaires (fig. 3, gp\ gp2). Cette élimination se fait au moyen d’une division indirecte ( dl , d 2), plus ou moins typique suivant les auteurs, du noyau de l’œuf et du vitellus.
On est amené à penser que cette maturation le spermatozoïde a dû aussi l’acquérir, et, comme l’œuf, au prix de l’élimination de certaines de ses parties. Mais les phénomènes de maturation du spermatozoïde sont encore mal connus.
Un hémisphère de l’œuf est divisé en un certain nombre de segments 1-6, dont chacun répond à l’une des phases des phénomènes de maturation et de fécondation.
1. — Copulation des produits sexuels. Le spermatozoïde sp est venu au contact de l’œuf, dont vg est la vésicule germinative, renfermant 8 nucléoles chromatiques.
2. — dl, première figure de division indirecte, grâce à laquelle un premier globule polaire sera rejeté. —
sp, la tête du spermatozoïde.
3. — 9P1, premier globule polaire éliminé. — pm, pronucléus mâle, formé par la division en deux
globules chromatiques de la tête du spermatozoïde.
4. — d\ deuxième figure de division indirecte, pour le rejet d’un deuxième globule polaire.
5. — gp2, deuxième globule polaire éliminé. — Après le départ des deux globules polaires, les deux
globules chromatiques qui restent dans l’œuf forment le pronucléus femelle.
6. — -pf, conjugaison ou accolement du pronucléus mâle et du pronucléus femelle (fécondation
proprement dite).
Une fois mûrs, ou même avant que l’œuf ait commencé de mûrir, les produits sexuels viennent au contact l’un de l’autre ; c’est l’acte de la copulation sexuelle (fig. 3, 1). Il ne pénètre normalement dans l’œuf qu’un seul spermatozoïde. L’acte de la fécondation proprement dite consiste essentiellement dans les faits suivants. La tête du spermatozoïde (2, sp) se transforme, au sein même du vitellus, en un noyau, le noyau spermatique ou pronucléus mâle (3, pm).
Fig. 3. — Schéma des phénomènes de maturation et de fécondation.