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LA SEGMENTATION

Ce pronucléus (4, pm ) se confond substance à substance ou s’unit par un simple accolement avec le reste du noyau de l’œuf débarrassé des globules polaires, le noyau de l'œuf mûr ou pronucléus femelle (5, pf ), de manière à former un corps unique, le noyau de Vœuf mûr et fécondé (6, pm-\-pf). S’il y a mélange des deux pronucléus, si chacun des quatre globules chromatiques de la masse pm-\-pf contient à la fois de la substance mâle et de la substance femelle, la fécondation est un phénomène de conjugaison intime, de fusion. S’il y a au contraire simple accolement, si des quatre globules de pm+pf deux demeurent exclusivement mâles et deux autres exclusivement femelles, la fécondation consiste dans le remplacement par le noyau spermatique des éléments du noyau de l’ovule expulsés sous forme de globules polaires, et réside dans un échange.

A la question de la fécondation se rattache étroitement celle de l'hérédité , que l’on peut de la manière suivante formuler en une loi. La matière qui supporte les propriétés héréditaires doit être transmise dans l’acte de la fécondation au descendant ; car le descendant ressemble à ses générateurs et hérite de leur manière d’ètre. Comme dans la fécondation ce sont les noyaux seuls qui se conjuguent ou s’unissent, ce sont nécessairement eux qui sont le support de la matière héréditaire. De plus, le descendant ressemblant également le plus souvent au père et à la mère doit recevoir d’eux des quantités égales de propriétés héréditaires. Les noyaux mâle et femelle qui se conjuguent doivent donc être équivalents. C’est ce que vérifie l’observation; car les noyaux, ou mieux pronucléus mâle et femelle, malgré l’énorme disproportion des cellules desquelles ils dérivent (spermatozoïde et œuf), renfermant la même quantité du principe essentiel, la chromatine.

§ 3. — La segmentation. — L’œuf fécondé représente la première cellule embryonnaire. Cette cellule se divise par les procédés habituels de la division indirecte : c’est-à dire que le noyau se sépare d’abord en deux (caryodiérèse), cette séparation s’effectuant au prix de certains mouvements ( caryocinèse ) dont les éléments du noyau et principalement les éléments chromatiques sont le siège. Vient ensuite la séparation du protoplasma en deux

RÉSUMÉ DES PHÉNOMÈNES EMBRYOGÉNIQUES

moitiés ( plasmodiêrèse ). Ainsi se forment deux cellules embryonnaires. Chacune d’elles se divise à son tour de la même façon, et ainsi de suite. On donne à l’ènsemble de ces divisions successives, soumises à des lois régulières qu’il est facile de déterminer, le nom de segmentation. La segmentation partage en définitive l’œuf en une pluralité de cellules de segmentation ou blastomères. Dans le cas où l’œuf était petit et pauvre en deutoplasma, celui-ci y présentant une distribution régulière, les cellules de segmentation sont toutes égales ou subégales; la segmentation est dite égale ou subégale (Amphioxus, Mammifères) (fig. 4, A, I, IT, III, IV). Cependant à y regarder de plus près, on voit que les cellules de segmentation y sont franchement inégales, celles qui correspondent à l’hémisphère inférieur ou végétatif étant plus grosses. Cette inégalité est beauconp plus marquée dans les œufs des Amphi-

Fig. 4. — Schémas de la segmentation et de ses 'principaux types.

A, I-IY. — Phases successives de la segmentation égale.

B, I-IY. — Quatre stades successifs de la segmentation inégale.

C, Stade déjà avancé de la segmentation partielle. — dg, disque germinatif segmenté. — p, parablaste.

— v, vitellus indivis.

biens où les cellules de l’hémisphère inférieur, surchargées de matériaux vitellins, sont notablement plus grosses ; la segmentation est dite alors inégale (B, I-IV).

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