INTESTIN POST-ANAL ET INTESTIN CAUDAL
Chez les Mammifères l’intestin post-anal, d’abord court, s’allonge ensuite et s’enfonce dans la partie de la ligne primitive qui s'accroît pour former la protubérance caudale ; il mérite alors le nom de d’intestin caudal. Les expressions d'intestin caudal (Kôlliker) et d’intestin post-anal (Balfour) ont été employées indifféremment l’une pour l’autre. Il semble légitime et conforme aux faits d’appeler intestin post-anal le court cæcum intestinal qui dépasse en arrière l’anus alors que la queue n’est pas encore constituée, et de réserver le nom d’intestin caudal au cæcum beaucoup plus long qui résulte de l’allongement de l’intestin post-anal dans l’épaisseur de la queue. L'intestin post-anal et l’intestin caudal ont été figurés et décrits à plusieurs reprises chez les Mammifères, par Kôlliker, Braun, Mihalkovics, Strabl, Bonnet, Keibel, Tourneux et par nous ; chez l’embryon humain particulièrement par His, Fol, Janosik, Phisalix. Il résulte des recherches de Kôlliker, Braun, Tourneux et des nôtres, que l’intestin caudal avant de disparaître subit un accroissement parallèle à l’allongement de la queue; d’après les observations de Braun, sa disparition est précédée de sa fragmentation en plusieurs tronçons, qui se conservent le plus longtemps à l'extrémité de la queue.
Le diverticule allantoïdien, dans sa partie proximale, c’est-à-dire celle qui se continue avec l’excavation cloacale, devient un canal qui sert de conduit commun aux voies génitales et urinaires et qu’on nomme pour cette raison le « canal uro-génital » , la portion de ce canal qui est le plus proche du cloaque portant le nom spécial de « sinus uro-génital ».
Le cloaque, dans lequel débouchent à la fois le sinus uro-génital et l’intestin postérieur ou futur rectum, est divisé chez les Mammifères sauf les Monotrèmesen deux cavités dont l’une antérieure prolonge le sinus uro-génital, et peut s’appeler vestibule uro-génital, tandis que l’autre postérieure continue l’intestin et se nomme vestibule anal. Le , processus qui conduit à la séparation du cloaque en deux espaces indépendants, l’un appartenant aux organes génito-urinaires, l’autre propre au tube digestif, n’est pas encore complètement élucidé, malgré les recherches de Mihalkovics, de Retterer et de Tourneux.
Nous ne voulons pas examiner ici avec détails le mécanisme de ce processus qui sera exposé avec les développements qu’il comporte au chapitre des organes génito-urinaires. Nous voulons seulement, pour fixer les idées, présenter et expliquer les trois coupes de la figure 52, qui représentent trois stades successifs du cloisonnement du cloaque et de la formation de l’anus.
DÉVELOPPEMENT DE LA BOUCHE ET DE L’ANUS
En A, le cloaque (cl) est fermé du côté de l’extérieur par une épaisse masse épithéliale, la membrane cloacale ou mieux bouchon cloacal (6c). L’intestin postérieur (ip)e st séparé du pédicule de l’allantoïde ou partie uro-génitale de cet organe (al) par un éperon de tissu, le repli périnéal moyen (rp), dans l’épaisseur duquel il y a un
Fia. 62. — Sections antéro-postérieures et médianes ( sagittales et axiles) de la région caudale et périnéale d’embt'yons de Mouton d’âge différent , représentant le cloisonnement du cloaque (d'après Tourneux).
I. Embryon de 7,5 mm. de long. — II. Embryon de 14 mm. — III. Embryon de 32 mm. — cl, cloaque. — bc, bouchon cloacal, — ip, intestin postérieur. — al, pédicule de l’allantoïde. — su, sinus uro-génital. — rp, repli périnéal moyen. — ma, membrane anale proprement dite ou secondaire. — ic, intestin caudal. — cp, cp, cavité péritonéale. — tg, tubercule génital. — dp, cloison périnéale ou périnée.
cul-de-sac de la cavité péritonéale. En s’abaissant, le repli périnéal moyen vient s’appuyer sur la face supérieure du bouchon cloacal et s’y soude (B). Le sinus uro-génital su et l’intestin (ip) s’ouvriront ensuite séparément (C). L’intestin, dont nous avons seulement à nous occuper ici, demeure longtemps encore fermé