DESTINÉE DE ^APPAREIL BRANCHIAL
congénères du côté opposé, et ensemble sur la partie médiane du plancher de l’espace bucco-pharyngien, qui se transforme ainsi en une lame épaisse, de forme triangulaire, à laquelle His a donné le nom de champ mésobranchial (1) (voy. fîg. 58, A,
B). L’extrémité antérieure de cette lame, qui correspond au point où se croisent les 1er et 2° arcs, se soulève du côté de la cavité du pharynx en une protubérance, 1 Qtuberculumimpar (A, ii). Celui-ci prend part à la constitution de la langue. Il constitue en particulier la pointe ou corps de la langue, c'est-à-dire toute la partie de cet organe qui sera comprise dans la cavité buccale proprement dite (D, E, pi). En arrière du tubercule impair, les portions médianes des 2e et 3e arcs sont, nous l’avons dit, fusionnés en une plaque (B, C, mb) qui représente le champ mésobranchial proprement dit.
Cette plaque, qui, grâce à la persistance de très légers sillons correspondant à la deuxième paire de fentes, a la forme d’une croix de St-André, fournit en se soulevant en deux proéminences droite et gauche, l’ébauche double de la racine ou
(1) His a donné toutefois à son champ mésobranchial une signification un peu différente de celle que nous lui avons attribuée pour simplifier la description. Il appelle ainsi en effet non pas toute la région qui est commune aux arcs branchiaux et qui en représente la portion antérieure et médiane, mais seulement l’espace triangulaire demeuré libre entre les extrémités antérieures ou ventrales des trois premiers arcs à une époque déjà très précoce du développement.
Fig. 61. — Cavité bucco-pharyngienne d’un fœtus humain de 6 mois ouverte pour montrer la bourse pharyngienne et la face dorsale de la langue.
La paroi postérieure du pharynx est à nu sur presque toute sa hauteur, le voile du palais vp ayant été en grande partie excisé ; on voit alors dans l’arrièrecavité des fosses nasales la bourse pharyngienne et le sillon médian qui la précède bph. Le plancher de la bouche et la langue ont été rabattus en avant et en bas ; en e, l’épiglotte. — bl, base de la langue séparée de pl, pointe ou corps de la langue, par un sillon en V, au sommet duquel se trouve un pertuis, le foramen cæcum ; en avant du sillon lingual la rangée des papilles caliciformes, appartenant au corps même de la langue.
DÉVELOPPEMENT DE L’iNTESTIN RESPIRATOIRE
base de la langue (D, E, bl,bl)> c’est-à-dire de la portion pharyngienne de cet organe.
La langue se constitue définitivement par la coalescence de l’ébauche impaire et antérieure avec les ébauches paires et postérieures préalablement soudées entre elles. A cet effet, le tubercule impair s’accroît de plus en plus en arrière au-dessus des deux mamelons postérieurs qu’il arrive à recouvrir partiellement. Il en demeure séparé par un sillon en forme de V, le V lingual (fig. 57, E, et 61), dont la pointe est marquée par un trou, le foramen cæcum, dont nous connaîtrons bientôt la signification ; plus tard le sillon et le trou qui délimitent les ébauches linguales antérieure et postérieure s’effacent habituellement de plus en plus. Le tubercule impair s’élève aussi en avant au-dessus du maxillaire inférieur, dont il reste séparé par un sillon curviligne. C’est ainsi que le corps ou pointe de la langue devient libre dans la cavité buccale, et constitue la pointe de la langue proprement dite.
ITis a fourni quelques détails concernant la formation du squelette et des muscles de la langue.
Ceux-ci, chez un embryon humain de 13,8mm de long, se montrent partagés en deux étages bien distincts : l’un supérieur, comprenant le muscle longitudinal supérieur et le transverse de la langue, l’autre inférieur renfermant des fibres verticales telles que celles du génio-glosse et le muscle longitudinal inférieur, 11 est digne de remarque que les fibres musculaires, les fibres du génio-glosse par exemple, n’arrivent pas à la surface de la langue, que cependant elles atteindront plus tard ; il en résulte que les muscles paraissent ne pas se former d’emblée sur toute leur étendue, mais progresser à partir de la profondeur de l’organe vers sa surface.
Dans l’épaisseur de la base de la langue paraît à l’état cartilagineux l’os hyoïde avec ses grandes cornes (5e semaine). Il peut être attribué à la partie médiane du 3e arc branchial. Les muscles stylo-glosse et palato-glosse se développent aux dépens du 2e arc branchial, le muscle hyo-glosse aux dépens du 3e arc.
Lechampmésobranchial,auquellalanguedoitsonorigine,forme, cet organe une fois produit, le plancher de la bouche, dans la constitution duquel on sait qu’il entre des fibres musculaires.
Voici comment, suivant His, le plancher buccal se formerait chez l’embryon humain. La face antérieure du champ mésobranchial est soudée au bulbe aortique (tronc commun des artères du corps entier), qui chez le très