FISTULES BRANCHIALES
prise entre les bords internes des muscles sterno-cléido-mastoïdiens ( fistules cervicales ), à l’exception delà région suprahyoïdienne et de la région sous-maxillaire, que limitent les deux chefs du muscle digastrique. D’autre part l’orifice externe peut s’éloigner plus ou moins de la ligne médiane, et appartenir tantôt et le plus rarement à la portion médiane du cou (fistule médiane), tantôt et plus fréquemment aux parties latérales (fistule latérale) ; dans ce cas l’orifice est habituellement placé le long du bord interne du muscle sterno-cléido-mastoïdien.
La situation de l’orifice interne est beaucoup plus fixe. L’orifice interne des fistules cervicales proprement dites est situé dans la région du pharynx comprise entre le pilier antérieur et le pilier postérieur du voile du palais et plus haut dans celle de la « fossette de Rosenmüller » ; il répond alors, comme on pourra s’en convaincre plus loin à la deuxième poche entodermique branchiale. Dans le cas de fistules médianes on a voulu que ces fistules s’ouvrent dans la trachée; mais l’existence des fistules trachéales est des plus problématiques.
Le trajet fistuleux a une longueur variable de 1 à 10 centimètres ; il se dirige horizontalement si l’orifice externe de la fistule est situé à un niveau élevé ; mais si cet orifice se trouve sur les parties inférieures du cou, le trajet est oblique en haut et en dedans. Un épithélium, vibratile pour la portion interne ou pharyngienne, pavimenteux stratifié pour la portion externe ou cutanée du trajet, tapisse les parois de la fistule.
Aux fistules congénitales du cou on peut rattacher celles de la face (fistules des joues, fistules intermaxillaires) situées dans la région du premier arc branchial.
Nous avons dit que si le vestige de la fente branchiale est dépourvu d’orifices externe et interne, l’on a un kyste branchial , qui en s’ouvrant ultérieurement soit en dedans, soit au dehors, peut donner lieu à une fistule branchiale dite secondaire. Le contenu des kystes branchiaux peut’être un liquide séreux (hydrocèle congénitale du cou), une bouillie athéromateuse (athérome congénital du cou), un ensemble de productions dermiques et épidermiques (dermoïde congénital du cou).
Enfin il faut signaler des appendices cutanés ou cartilagineux que l’on trouve soit au-devant du pavillon de l’oreille, soit dans les parties supérieures du cou; ils doivent être considérés comme des productions des 1er et 2e arcs branchiaux.
Quant à l’interprétation précise des fistules branchiales et des kystes branchiaux de la région cervicale proprement dite, on avait cru pouvoir, d’après leur situation variable, rapporter à la persistance de l’une ou de l’autre des fentes brancihales successives les différents cas de fistule et de kyste, diviser le cou en un certain nombre de compartiments correspondant aux divers arcs et fentes et dans chacun de ces compartiments placer une fistule branchiale (Sutton, Cusset). On a dû renoncer à cette conception schématique de la genèse des fistules branchiales. En réalité, en raison de la situation à peu près constante de l’orifice interne des fistules
DÉVELOPPEMENT DE L’iNTESTIN RESPIRATOIRE
cervicales proprement dites au niveau de la deuxième poche pharyngienne entodermique (région limitée par les piliers du voile du palais), il faut attribuer à la persistance de la deuxième fente branchiale l’existence de ces fistules (Albrecht, Kostanecki et Mielecki). L’orifice externe fistulaire serait le résultat d’un défaut d’occlusion du sinus præcervicalis (Kostanecki et Mielecki). Le trajet fistuleux à son tour serait réalisé par l’ouverture de la 2e poche entodermique dans le sinus præcervical.
§ 3. — Destinée de l’appareil branchial. — L'évolution ultérieure des fentes et des arcs branchiaux doit maintenant nous occuper. En ce qui concerne les derniers, nous reporterons l’étude complète de leurs transformations au moment où nous traiterons le développement du squelette.
A. Évolution des arcs branchiaux.
a) Sommaire des organes dérivés des arcs branchiaux. — Nous pouvons cependant indiquer sommairement dès à présent, en nous limitant à l’embryon humain, quelle sera la destinée des arcs branchiaux.
Le premier arc ou arc maxillaire fournit essentiellement la mâchoire inférieure, et son prolongement maxillaire supérieur devient la mâchoire supérieure.
Le deuxième arc ou arc hyoïdien donne essentiellement : par sa partie externe ou internée 1 * appareil hyoïdien, c’est-à-dire cette chaîne formée entièrement d’osselets ou osseuse et ligamenteuse qui relie les apophyses styloïdes aux petites cornes de l’os hyoïde; par son côté interne ou pharyngien il fournit Y arc palato-glosse, ou piliers antérieurs du voile du palais , dont on fait chez l’adulte la limite de la cavité buccale et du pharynx.
Le troisième arc est considéré généralement comme devant former les piliers postérieurs du voile du palais , ou arc pharyngoglosse ; la deuxième fente correspondrait alors à l’intervalle ménagé entre les piliers antérieurs et postérieurs et rempli par l’amygdale ou tonsille.
Quant à la quatrième paire d’arcs, elle constitue (Callender, His, Dubois) le cartilage thyroïde.
b) Le champ mésobranchial. Formation de la langue , du plancher de la bouche et de V épiglotte. — Dans la suite du développement, les 2e, 3e et 4e arcs de chaque côté se soudent avec leurs