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ÉVOLUTION DES FENTES BRANCHIALES

Quant à la situation de la langue dans l’intérieur de la cavité pharyngienne»

Nicolas et nous avons pensé pour plusieurs raisons que le rudiment de langue que nous avions trouvé dans le pharynx ne représente pas cet organe tout entier, mais sa base ou portion pharyngienne seulement, développée aux dépens des 2e et 3e arcs branchiaux fusionnés, et que la pointe ou partie buccale de la langue ne s'est pas développée.

B. Évolution des fentes branchiales. — Nous avons dit plus haut que, chez les Vertébrés supérieurs, les fentes branchiales, détournées de leur signification primitive et privées de leurs fonctions respiratoires, s’adaptent à des usages divers et produisent des organes variés, tels que l'oreille externe et moyenne, le thymus, etc...

Il ne faudrait pas croire toutefois que les fentes branchiales s’emploient en totalité à la constitution des organes, lè thymus par exemple, qu’elles sont destinées à fournir. Ces organes en d’autres termes ne sont pas nécessairement le résultat de la transformation ad integrum des fentes branchiales, mais peuvent être des dérivés de fentes branchiales ayant conservé d’ailleurs leurs fonctions respiratoires primitives. Us sont alors le produit pur et simple de la végétation de l’épithélium qui tapisse les fentes branchiales. C’est par exemple ce qui arrive chez les animaux aquatiques tels que les Poissons, où les fentes branchiales végètent en émettant des ébauches thymiques en même temps qu’elles continuent à porter des branchies.

Il ne faudrait pas croire non plus que telle fente, la 3e par / V? exemple, doive donner exclusivement et à elle seule tel organe comme le thymus. Au contraire la 3e fente branchiale peut fournir deux organes, et d’autre part le thymus peut dériver de deux ou de plusieurs fentes.

a) Destinée de la lre fente ou fente hyo-mandibulaire. — L’opinion classique veut que la lre fente soit, chez les Vertébrés supérieurs, l’ébauche de l’oreille externe et de l’oreille moyenne. L’oreille externe dériverait de la poche ectodermique, l’oreille moyenne (conduit tubo-tympanique) de la poche entodermique de cette fente; le tympan serait dû à la persistance de la membrane obturatrice qui sépare les deux poches. Cette opinion comporte actuellement certaines modifications. Nous renvoyons

DÉVELOPPEMENT DE L’iNTESTIN RESPIRATOIRE

pour cette question au développement des organes des sens.

b) Destinée des fentes branchiales proprement dites. — Quand on examine comparativement dans la série des Vertébrés les fentes branchiales successives à partir de la 2e fente, on voit que chez tous la portion ectodermique ou entodermique de l’épithélium de ces fentes produit un certain nombre de diverticules creux ou de bourgeons pleins. Ceux-ci sont les ébauches de divers organes de la région cervicale que l’on rangeait autrefois, ne sachant où les placer, dans la catégorie des glandes vasculaires sanguines, et dont nous connaissons aujourd’hui la véritable signification, puisque l’étude du développement nous permet d’en faire des produits de transformation ou des dérivés des fentes branchiales. Ces organes sont essentiellement le thymus, la glande carotidienne, la glande thyroïde ou du moins une partie de cette glande appelée glande thyroïde latérale.

La question de la destinée de ces fentes et de l’origine de ces organes est des plus controversées. Pour éviter les longueurs d’un historique, nous avons résumé les principales opinions en un tableau (p. 118), dont nous allons dégager les indications essentielles (1).

c) Origine du thymus . — Dans le tableau ci-après on peut lire que la plupart des auteurs s’accordent à reconnaître que la 3e fente branchiale et spécialement la partie entodermique de cette fente donne le thymus chez les différents Vertébrés. Mais on y voit aussi que, pour nombre d’auteurs, outre la 3e fente, la 4e peut aussi s’employer à former le thymus, que la 5e chez les Sélaciens, la 2e chez les Sélaciens, les Reptiles y contribuent également. Par conséquent, si le thymus paraît bien toujours formé par des poches entodermiques des fentes branchiales, il s’en faut que le nombre des fentes qui prennent part à sa constitution soit le même chez tous les Vertébrés. Cette diversité dans le nombre des ébauches thymiques considérées dans les différents groupes de Vertébrés est rendue évidente par les schémas de la fig. 63. Il résulte de là que le thymus, composé chez les différents Ver-

(1) Dans ce tableau les abréviations ecto, ento correspondent respectivement à poches ectodermiques, poches entodermiques des fentes branchiales.

TABLEAU DES OPINIONS PKINCIPALES RELATIVES A LA DESTINÉE DES FENTES BRANCHIALES

ORIGINE DU THYMUS

DÉVELOPPEMENT DE L’iNTESTIN RESPIRATOIRE

tébrés d’un nombre variable de parties homodynames, n’est pas dans tous ces Vertébrés un organe homologue.

Bien plus, si dans tous les cas rapportés plus haut la partie dorsale de la poche entodermique bourgeonne pour donner un organe thymique, il peut se faire, et c’est ce qui arrive chez les Mammifères pour la 3e fente branchiale, que la partie ventrale de la poche entodermique y contribue également et même prenne une part tout à fait prépondérante dans la constitution du thymus

Fig. 63. — Schémas de la formation du thymus, de la thyroïde médiane et des thyroïdes latérales (d’après

de Meuron).

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