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HISTOGÉNÈSE DE LA GLANDE THYROÏDE

allongé, situé au-devant de la fente laryngée, placé dans l’angle qui résulte de l’écartement des deux arcs aortiques de la 4e paire (future crosse de l’aorte et futur tronc brachio-céphalique) ; ce rapport disparaîtra plus tard par suite de la descente des arcs aortiques dans l’intérieur de la cavité du thorax. C’est seulement alors, assez tardivement par conséquent, que les glandes thyroïdes latérales entrent en connexion avec la glande médiane et se réunissent chacune à l’un des lobes de celle-ci. Ce ne sont donc pas, comme on l’a cru, les glandes thyroïdes latérales qui forment à elles seules les lobes latéraux de la thyroïde do l’adulte; elles viennent seulement renforcer desjobesde la thyroïde médiane déjà existants. La connexion se fait de telle sorte, suivant Born et chêz'le Porc, que l’ébauche thyroïde latérale, qui s’est accrue beaucoup entre temps,. et dont l’extrémité ventrale s’est même épaissie et s’est couverte de bourgeons, est recouverte, englobée par le lobe latéral de la thyroïde médiane, et que sa portion dorsale seule demeure encore libre, figurant de chaque côté un prolongement de l’organe tout entier.

b) Histogénèse. — Avant que la thyroïde médiane se soit fusionnée avec les ébauches latérales, chacun de ses lobes a commencé à bourgeonner et à émettre des prolongements épithéliaux sinueux. De la sorte, la glande se trouve transformée en un lacis de cordons épithéliaux. Puis, d’après W. Millier, Born, G. Herrmann et Tourneux, ces cordons s’anastomosent entre eux de manière à former un réseau (fig. 73, e) ; Kolliker, de Meuron au contraire n’ont pas pu constater l’existence de ces anastomoses. Les cordons n’ont d’abord pas de lumière ; celle-ci n’y apparaît que plus tard (Kolliker, G. Herrmann et Tourneux), et elle se montre tout d’abord au niveau de renflements sphériques que les cordons épithéliaux présentent soit à leur extrémité libre (Kolliker), soit sur quelque point de leur parcours (G. Herrmann et Tourneux). Les renflements épithéliaux vésiculeux bourgeonnent à leur tour pour produire de nouvelles vésicules, la structure de l’organe devient ainsi de plus en plus complètement vésiculeuse. Dans un stade ultérieur, l’état définitif est constitué par l’isolement des vésicules.

En même temps que se passent du côté de l’ébauche épithéliale de la glande thyroïde les transformations dont il vient

DÉVELOPPEMENT DE L’iNTESTIN RESPIRATOIRE

d’être question, le tissu conjonctif ambiant vient également prendre pari à la constitution de l’organe. A cet égard, il semble que les phénomènes puissent se passer de deux manières différentes. Les boyaux cellulaires épithéliaux peuvent emprisonner dans leur réseau du tissu conjonctif et des vaisseaux, tandis que le tissu conjonctif qui entourel’ensemblc de rorganeépithélial sedifférencie en une enveloppe capsulaire. Ou bien, comme on l’a plus généralement admis, et comme l’ont en particulier montré de Meuron pour les Sélaciens et les Reptiles, Kolliker pour le Poulet, Born pour les Mammifères, le tissu conjonctif et les vaisseaux pénètrent secondairement dans l’ébauche de la glande thyroïde primitivement entièrement épithéliale et séparent les cordons cellulaires les uns des autres. Quoi qu’il en soit, à un certain moment, le tissu conjonctif et les vaisseaux forment dans l'intérieur de l’organe un réseau

Fig. 73. — Ebauche de la glande thyroïde chez un embryon de Brebis de 3 cent, de long, montrant le réseau des cordons épithéliaux et le réseau vasculaire.

to, glande thyroïde. — oe, œsophage. — tr, trachée. — ■ e, cordons épithéliaux. — v, vaisseaux. — m, m ,

muscles.

(fig. 73, v), dans les mailles duquel sont compris les cordons épithéliaux libres ou anastomosés.

Ces processus atteignent d’abord l’ébaiiche médiane de la glande thyroïde. Ce n’est qu’ensuite que les ébauches latérales éprou-

GLANDES THYROÏDES ACCESSOIRES

vaient les mêmes transformations, et seulement après qu’elles se sont soudées à la partie médiane (Born).

Dès lors, on ne peut plus distinguer, dans la glande thyroïde définitive, ce qui revient à l’ébauche médiane et ce qui dérive des ébauches latérales. Les unes et l’autre sont décomposées par des cloisons connectives principales en lobules, constitués chacun d’un grand, nombre de vésicules que séparent les vaisseaux et des tractus connectifs. L’ensemble de l’organe s’entoure d’une capsule fibreuse.

D. Glandes thyroïdes accessoires. Glandes thyroïdes bi- et tripartite, , Arrêt de développement. — La question des ' glandes thyroïdes accessoires présente un intérêt pratique. Ces glandes en effet peuvent être le point de départ de tumeurs de nature diverse (de goitres colloïdes le plus souvent), qui sont . depuis longtemps connues. Nous avons vu plus haut (p. 135) que l’on peut rencontrer sur le plan médian ou tout à côté, à un niveau plus ou moins élevé, des glandules dont la présence est susceptible d’une explication embryologique précise et dont l’origine remonte aux débuts mêmes du développement de la glande thyroïde ; elles sont, en effet, la trace glandulaire laissée par la thyroïde médiane dans sa migration de haut en bas. Ces glandules ont été trouvées : dans l’épaisseur AaJüJaaBe de la langue, entre les muscles génio-glosses, entre les muscles génio-hyoïdiens, au-dessous du plancher de la bouche représenté par le muscle mylo-hyoïdien, au-dessous de ce muscle et audevanTUu corps de l’os hyoïde ou même dans son épaisseur ; toutes ces glandules peuvent être appelées glandes suprahyoïdienne et préhyoïdienne (fig. 74, gpr)7VTüs bas, on peut I trouver des' thyroïdes accessoires entre l’os hyoïde d’une part et l'isthme du corps thyroïde ou la pyramide de Lalouette d’autre part ; ces J glandes, que l’on peut nommer infrahyoïdien- \ nés, peuvent être divisées avec Grüber et Zuckerkandl en supérieures, moyennes et inférieures, selon qu’elles sont situées directement au-dessous du corps de l'hyoïde, au-devant de la membrane thyro-hyoïdîenne, du cartilage thyroïde

FlG. 74. — Glande thyroïde accessoire et conduit thyréo-lingual. (Cette figure est demi-schématique en ce qu’elle est la combinaison de deux cas distincts.)

gg, muscle génio-glosse. — hg, muscle hyo-glosse. — thy, muscle thyro-hyoïdien. — cth, muscle crico-tbyroïdien. — pL, pyramide de Lalouette ou prolongement médian du corps thyroïde. — dt/i, conduit thyroïdien. — dl, conduit lingual. — gpr, glande préhyoïde, située en arrière et au-dessus de l’os hyoïde, dont la partie médiane a été réséquée pour la laisser voir.

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et de la membrane crico-thyroïdienne, ou immédiatement au-dessus de l’isthme du corps thyroïde.

Indépendamment de ces thyroïdes dont la genèse a été expliquée plus haut, il en est d’autres pour lesquelles il faut invoquer un mécanisme de formation différent et qui doivent être considérées, ainsi qu’on l’avait fait à ^tort pour l’ensemble des thyroïdes accessoires, comme des parcelles de tissu thyroïdien détachées de la masse principale de la glande, à une époque où celle-ci n’était pas encore enfermée dans une capsule fibreuse. Ces grains glandulaires sporadiques peuvent se trouver au-dessous du corps thyroïde (Grüber) et même jusque sur la crosse aortique (« glande aortique » de Wolfler); cela est rendu possible par les rapports intimes qui existent primitivement entre la glande thyroïde médiane et la crosse de l’aorte (voy. fig. 66, A). Il peut en outre exister des « thyroïdes accessoires postérieures » (intratrachéales même?) et des « thyroïdes accessoires latérales ».

En somme, on peut reconnaître avec Wolfler que les thyroïdes accessoires, bien qu’elles siègent de préférence vers la ligne médiane et au-dessus du corps thyroïde, peuvent être rencontrées dans une région triangulaire assez étendue dont le sommet répond à peu près à la convexité de la crosse de l’aorte et la base aux angles de la mâchoire inférieure.

Si, d’après les indications de Grüber, Zuckerkandl, Kadyi, Streckeisen on établit le degré de fréquence moyenne des thyroïdes accessoires, on trouve que les glandes suprahyoïde et préhyoïde, les plus fréquentes, existent environ dans 18 0/0 des cas ; les glandes inférieures à l’os hyoïde dans 7 cas pour cent ; les glandes accessoires latérales 10 fois sur cent; les glandes accessoires postérieures dans 0,2 des cas seulement.

Si les deux lobes de la thyroïde ne se réunissent pas par un isthme médian, on peut avoir une bipartition de l’organe ( glande thyroïde bipartite). Si, l’isthme existant et même se prolongeant par en haut en une pyramide de Lalouette demeure indépendant des lobes latéraux, il y a tripartition de la glande (glande thyroïde tripartite). La thyroïde bipartite existe dans environ 5 pour cent des cas (Grüber). On a observé chez une petite fille un arrêt de développement et en même temps une absence de déplacement de l’ébauche thyroïde médiane ; la thyroïde médiane très rudimentaire était restée logée à la partie supérieure du cou comme chez l’embryon (Demme cité par G. Herrmann et Tourneux).

§ 2. Appareil pulmonaire. — L’appareil pulmonaire, comme l’ébauche médiane de la glande thyroïde, est un diverticule de l’intestin pharyngien, qui prend naissance sur la paroi ventrale de celui-ci en arrière de la thyroïde médiane. Le développement du poumon est comparable à celui d’une glande. Il est actuellement bien connu dans ses traits essentiels et se fait

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