PREMIERS DÉVELOPPEMENTS DE L’APPAREIL PULMONAIRE V
les deux bourgeons de l’ébauche pulmonaire bilobée sont indiqués déjà même alors que cette ébauche s’isole du tube intestinal. En effet les bourrelets latéraux qui, proéminant dans la lumière du tube intestinal, tendent à partager celle-ci en une portion dorsale, œsophagienne, et une portion ventrale, pulmonaire, ne sont pas dirigés transversalement, s’avançant l’un vers l’autre dans un même plan horizontal, mais leur direction est telle qu’ils convergent l’un vers l’autre, du côté ventral, déterminant ainsi une sorte de dépression de la paroi dorsale de l’ébauche pulmonaire, dépression qui est l’indice d’une division en deux lobes.
La portion moyenne de l’ébauche pulmonaire, demeurée simple, constituera la trachée ( tr ). La partie initiale ou proximale ouverte dans le pharynx (p/i) subira des modifications à la suite desquelles elle deviendra le larynx.
On se rend peut-être mieux compte encore des dispositions anatomiques en question sur une série de coupes transversales de l’ébauche de l’appareil pulmonaire (fig. 77). Sur une telle série, on trouve en 1, sur la coupe la plus proximale, la gouttière pulmonaire (p), ouverte dans la portion laryngienne ( oe ) du pharynx. En 2, cette gouttière est en train de s’isoler du pharynx, qui dès lors peut porter le nom d’œsophage (œ) ; la séparation du tube pulmonaire est de plus en plus complète dans les coupes 3 et 4 (portion trachéale de l’ébauche pulmonaire). En 5 et 6, la coupe a porté au niveau où du tube pulmonaire simple partent les deux cæcums (p’, p’) qui deviendront les poumons droit et gauche. En 7, ces deux cæcums, indépendants l’un de l’autre, sont sectionnés non loin de leur extrémité borgne.
« Dès lors, peut-on observer avec O. Hertwig, sont ébauchées les parties essentielles de l’appareil respiratoire. Chez tous les Amniotes elles sont comparables à ce stade aux formations sacciformes simples que nous offrent les poumons des Amphibiens d’une manière définitive. »
Avant de quitter la première ébauche de l’appareil pulmonaire, il nous faut faire observer que, de même que le tube intestinal, aux dépens de qui elle s’est formée et au côté ventral duquel elle se place, cette ébauche est plongée dans une masse de tissu conjonctit embryonnaire. Celle-ci est bordée de part et d’autre par la
DÉVELOPPEMENT DE L’iNTESTIN RESPIRATOIRE
cavité générale, et spécialement, comme nous pouvons l’indiquer par anticipation, par cette partie de la cavité générale qui deviendra la cavité pleurale ou cavité des plèvres (tig. 76, cp). Les cæcums pulmonaires, s’accroissant dans la masse conjonctive en question, soulèvent même cette dernière en deux saillies droite et gauche, qu’on appelle les éminences ou ailes pulmonaires (fig. 76; fîg. 77, de 6 à 7). La masse conjonctive qui loge l’ébauche pulmonaire épithéliale est d’ailleurs rattachée au cœur situé
Fia. 77. — Série de coupes transversales de l'ébauche pulmonaire chez un embryon de Lapin de 10 jours. 1 est la coupe la plus proximale, 7 la plus distale.
oe, œsophage ou partie terminale du pharynx. — p, tube pulmonaire simple (futurs larynx et trachée). — p',p\ bourgeons pulmonaires ou tubes pulmonaires proprement dits. — a, a, aortes.
sur sa face ventrale par une sorte de pédicule. Nous ne faisons qu’indiquer ces rapports anatomiques qu’il nous faudra préciser plus tard.
Les premiers embryologistes (v. Baër, Rathke, Bischoff) croyaient que d emblée l’ébauche pulmonaire est double. His, Kastschenko ont maintenu cette opinion. Remak, Coste, Seessel montrèrent que cette ébauche est au contraire primitivement simple, quoique bilobée. Si l’on avait pu croire à la dualité primitive du rudiment pulmonaire, la faute en était, ici comme souvent ailleurs, à ce que l’on s’était adressé à des embryons trop âgés.
Pour Uskow, dire même que l’appareil pulmonaire est une ébauche impaire qui dérive d’une gouttière de l’intestin pharyngien, c’est donner