I. — Développement des dents cutanées des Sélaciens
11 convient de commencer l’étude du développement de la dent par le cas le plus simple, celui que nous offrent les dents cutanées ou écailles placoïdes des Sélaciens (1).
Chez de jeunes embryons de Baie se développent à la surface du derme, aux dépens du mésenchyme ou tissu conjonctif embryonnaire, de petites papilles, les papilles dentaires (fig. 91, A, pd), riches en cellules et issues d’une prolifération active des éléments déjà existants. De leur côté, les cellules épidermiques les plus profondes, au niveau de la papille, se modifient, s’allongent en éléments cylindriques, et représentent un organe, qui a pour rôle la sécrétion de l’émail, qu’on appelle pour cette raison membrane de l'émail ou adamantine (me) et dont les éléments constituants méritent le nom d’adamantoblastes. Par les progrès du développement, l’ébauche totale prend ensuite la forme de la future dent (fig. 91, B).
C’est alors que commence le processus de calcification. Les cellules les plus superficielles de la papille, ou odontoblastes, dont l’ensemble a reçu le nom de membrane de l'ivoire (tig. 91, B, o),
(1) Toute la description de la formation des dents des Sélaciens qui va suivre est empruntée à O. Hertwig, qui a résumé dans son traité le résultat de ses recherches sur le développement des dents des Sélaciens.