‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 8 sur 284 · LES DEUX FEUILLETS PRIMAIRES DU BLASTODERME · texte numérisé non relu

LES DEUX FEUILLETS PRIMAIRES DU BLASTODERME

dans l’œuf faisant obstacle à la gastrulation par invagination a modifié le processus primitif, a placé la gastrula dans des conditions nouvelles de développement, si bien que le type ancien transmis héréditairement a été masqué plus ou moins par des déformations secondaires ; la gastrula est devenue cœnogénétique.

Les Mammifères ne font pas exception, bien que leurs œufs soient à peu près dépourvus de vitellus. Car ce groupe descend, en commun avec les Oiseaux et les Reptiles dont les œufs sont obérés de vitellus, d’un même prototype, le Protamniote, également à vitellus. On comprend alors que la déformation coenogénétique, qui s’est exercée jadis sur la gastrula du Protamniote, se soit maintenue héréditairement chez les Mammifères, quand les œufs de ceux-ci, par suite de circonstances particulières, ont perdu leur vitellus.

L’existence, chez les Vertébrés supérieurs à l’Amphioxus, d’une gastrulation comparable à celle de PAmphioxus et d’une gastrula homologue à celle de ce dernier est un fait avéré ; mais on ne connaît pas encore tous les termes de la comparaison, et l'ensemble des homologies nous échappe encore (1). En tout cas, voici ce que l’on peut établir avec certitude. Il se fait chez les Vertébrés supérieurs une invagination du blastoderme très réduite, qui représente la cavité de la gastrula de l’Amphioxus (fig. 8, cg). La partie invaginée du blastoderme est un véritable entoderme, un entoderme gastruléen (i), mais on est amené à considérer également comme entoderme et à qualifier à’entoderme vitellin , le vitellus avec les noyaux vitellins (v), qui se seraient invaginés si la surcharge vitelline n’y avait mis obstacle. L’invagination consiste du reste soit dans un reploiement des bords du blastoderme (A), soit dans un enfoncement en doigt de gant communiquant avec l’extérieur par un orifice étroit. Cet orifice ne correspond d’ailleurs qu’à une partie d u blastopore de l’Amphioxus, la majeure partie de ce blastopore étant représentée par une formation particulière, la ligne primitive (fig. 8, B, Ip). Celle-ci,

(1) Pour l’examen de cette comparaison et l’étude de ces homologies et en général pour toute la question de la gastrula, nous renvoyons au tome premier de cet ouvrage, ne pouvant ici donner qu’un aperçu des faits et des considérations théoriques qui s’y rattachent.

RÉSUMÉ DES PHÉNOMÈNES EMBRYOGENIQUES

vue en coupe dans la figure 8, se montre sur le blastoderme vu de face sous la forme d’une bande antéro-postérieure plus som-

A. — Gastrulation chez les Sélaciens.

B. — Gastrulation chez les Amniotes. Coupes longitudinales et médianes du germe. — cg , cavité de la gastrula. — b, blastopore. — Ip, ligne primitive. — e, ectoderme. — i, entoderme (entoderme vrai ou gastruléen). — v, vitellus avec les noyaux vitellins (entoderme vitellin).

bre, occupant la ligne médiane du blastoderme [plaque axiale) (fig. 9, A, p). Elle n'est autre qu’un orifice blastoporique allongé

FlG. 9. — Aires embryonnaires du Lapin en deux stades successifs du développement (demi-schématiques).

A est le stade le plus jeune. — pc, prolongement céphalique (début de l’ébauche embryonnaire). — f/m, •gouttière médullaire bordée par les replis médullaires rm. — p, ligne primitive. — gp, gouttière primitive.

dont les lèvres se seraient soudées ; on a la trace de cette soudure dans une gouttière peu profonde, la gouttière primitive (fig. 9, B, gp), qui court le long de la ligne primitive.

Page 1