‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 86 sur 284 · INFLUENCE DE LA DENTITION SUR LA MACHOIRE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA DENTITION SUR LA MACHOIRE

sont sorties, on remarque les faits suivants : le peu de hauteur de la branche montante du maxillaire inférieur, dont le condyle dépasse à peine chez le fœtus le bord alvéolaire de la branche horizontale ; l’inclinaison de la branche montante à angle obtus sur la branche horizontale ; la situation des germes dentaires des grosses molaires non encore sorties, qui, au lieu d’être contenus dans la région alvéolaire des maxillaires, sont enfouis, en arrière de cette région alvéolaire, dans la base de l’apophyse coronoïde pour le maxillaire inférieur, dans l’épaisseur de la tubérosité maxillaire pour la mâchoire supérieure ; la hauteur relative très grande, surtout chez le fœtus, de la partie alvéolaire du maxillaire, c’est-à-dire de cette partie qui,

Fig. 99. — Forme du maxillaire inférieur aux différents âges de la vie. A, enfant de 7 ans. — B, adulte. — C, vieillard.

contenant les dents ou leurs ébauches est placée au-dessus du canal dentaire inférieur; la hauteur relative par contre très faible de la partie non alvéolaire du maxillaire sou^-jacente au canal dentaire ; enfin chez un enfant où les dents sont en voie d’éruption, la hauteur variable du bord alvéolaire, au niveau des dents sorties et de celles qui sont encore profondément enfoncées, et les sinuosités du bord alvéolaire alternativement ren-

APPAREIL DENTAIRE

trant et saillant, qui sont la conséquence de ces variations de hauteur (comp. fig. 99, A, B, C).

Chez un adulte, la branche montante du maxillaire inférieur est devenue beaucoup plus haute ; elle fait avec la branche horizontale un angle (l’angle de la mâchoire) à peu près droit ; toutes les dents (la troisième grosse molaire elle-même, si elle a fait son éruption) sont situées sur le bord alvéolaire désormais régularisé du maxillaire inférieur, et forment une arcade dentaire régulière, où les couronnes des dents arrivent à la même hauteur la partie alvéolaire du maxillaire est demeurée relativement aussi haute que chez le fœtus et l’enfant, mais la portion sous-alvéolaire s’est beaucoup accrue dans le sens vertical, ce dont on peut juger par la situation du canal dentaire inférieur, traduite à l’extérieur par celle du trou mentonnier.

Chez le vieillard édenté enfin la branche horizontale du maxillaire inférieur s’est déplacée sur la branche montante, et tombe en avant, de manière à former avec la branche montante un angle maxillaire obtus ; la partie sous-alvéolaire du maxillaire est à peu près demeurée telle qu’elle était chez l’adulte ; mais la portion alvéolaire a presque complètement disparu avec la chute des dents, de telle sorte que la hauteur totale de la mâchoire a diminué beaucoup.

Il résulte de cet exposé que l’existence de la partie alvéolaire du maxillaire et sa forme sont absolument subordonnées à la présence des dents, et que par suite la hauteur de la branche horizontale dentée de la mâchoire est sous la dépendance de l’évolution dentaire. En second lieu l’accroissement en longueur de la branche horizontale et par suite la forme de l’angle mandibulaire sont commandés par le développement et l’éruption des dents les plus reculées, c’est-à-dire des molaires; à mesure que celles-ci se constituent et qu’elles font leur éruption, le bord alvéolaire de la mâchoire s’allonge d’autant pour leur donner place, en même temps que la base de l’apophyse coronoïde recule en arrière, et que l’angle mandibulaire se redresse ; l’allongement du bord alvéolaire et le recul de la base de l’apophyse coronoïde étant dus, pense-t-on généralement, à une résorption osseuse incessante des parties antérieures de la branche montante, compensée par une production osseuse continue sur les parties postérieures.

D. Epoques de V apparition du follicule et de l'éruption des dents. — Nous donnons ci-dessous, d’après Magitot, le tableau de l’époque d’apparition du follicule et de l’éruption des dents, chez l’Homme (1). La lecture de ce tableau permet de dégager les lois

(1) U ne faut pas accorder une valeur absolue aux chiffres de ce tableau, non plus qu’à l’ordre dans lequel les différentes dents se succèdent. En effet les chiffres donnés par d’autres auteurs sont plus ou moins différents de ceux fournis par Magitot. D’autre

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