‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrésChapitre 102 sur 159 · PLANCHE III · texte numérisé non relu

PLANCHE III

Fig. 1. — Coupes transversales schématiques du germe de divers Vertébrés, destinées à montrer les homologies de la cavité intestinale et de ses dépendances chez les différents types de Vertébrés (imitées de Keibel).

A, Amphioxus. — B, Amphibien. — C, Sélacien. — D, Sauropsidé. — E, Mammifère.

— cg, cavité digestive ou sous-germinale (blastodermique) des Mammifères. — ch, cavité cordale. — c , cavité du cœlome. - — en, régions de l'entoblaste qui se correspondent dans les diverses figures.

Les espaces d’origine vitelline, creusés dans l’hémisphère végétatif de l’œuf et bordés par un épithélium de provenance végétative, sont teintés en bleu ; ceux qui sont le résultat d’une invagination de l’hémisphère animal, et qui sont limités par des cellules épithéliales provenant de cet hémisphère, sont représentés en rouge.

Fig. 2. — Vues de face de l'aire vasculaire , pour montrer la disposition différente qu'offrent, suivant Bischoff et VAN Beneden, les vaisseaux. (Les vaisseaux veineux sont bleus, les artères rouges ; les figures ont été un peu simplifiées et rapetissées.)

A. — Aire vasculaire et embryon de Lapin , vus par le côté ventral (d'après Bischoff). On y voit deux réseaux superposés : le réseau superficiel, à mailles plus ténues, est artériel ; le réseau profond, à mailles plus fortes, est veineux. Toutes les veines se rassemblent dans une veine périphérique ou sinus veineux terminal, et, d’autre part, par deux branches antérieures et deux branches postérieures, aboutissent à deux troncs transversaux, les veines omphalo-mésentériques, qui se jettent dans le cœur de l'embryon. Le réseau artériel est fourni par un assez grand nombre de petites artères omphalo-mésentériques qui proviennent elles-mêmes de deux aortes primitives, ou artères vertébrales postérieures, parallèles.

B. ■ — Aire vasculaire et embryon de Lapin au douzième jour, vus par la face ventrale (d’après VAN Beneden). Une artère omphalo-mésentérique unique débouche dans le sinus terminal qui est artériel au lieu d'être veineux, comme dans le schéma deBischoft. Des deux veines omphalo-mésentériques, une seule est bien développée ; elle se divise en deux branches, qui décrivent ensemble un trajet semi-circulaire. Il n’existe pas un double réseau, artériel et veineux, de vaisseaux superposés.

EXPLICATION DES PLANCHES

Fig. B, 4, 5. — Schémas représentant la formation des annexes fœtales chez les Marti'-

mifères et particulièrement le Lapin (selon VAN Beneden). L'ectoderme est rouge,

le mésoderme noir, l’entoderme bleu.)

Dans la figure 3 est représentée la coupe antéro-postérieure et médiane d’un blastocyste (vésicule blastodermique). En ce stade, les deux cornes antérieures du mésoderme se sont rejointes en avant de l’embryon, de façon à donner naissance à la portion médiane antérieure du mésoblaste ma. — cp, cavité pariétale. — cc, cavité cœlomique. — eep, épaississements épiblastiques de la zone placentaire. — zp, zone proamniotique, au niveau de laquelle le mésoderme fait défaut.

La figure 4 représente un stade plus âgé. — ■ z'p\ portion restée horizontale de la membrane proamniotique. — pr, capuchon proamniotique. — a, masse de mésoderme au-devant de laquelle se trouve le cul-de-sac entoblastique qui formera l’allantoïde.

En 5, blastocyste plus développé. Le mésoderme s’est dédoublé dans toute l’étendue de l’aire vasculaire, c’est-à-dire périphériquement jusqu’en st, le sinus terminal, au delà duquel cependant le mésoblaste s’étend un peu. — O a, orifice amniotique. — ca , cavité de l’allantoïde. L’allantoïde, considérablement développée, et en partie confondue avec la gaine caudale de l’amnios gc, est déjà soudée avec la vésicule séreuse qui montre l’épaississement épiblastique eep dans la totalité de l’étendue de la zone placentaire. En pf, placenta fœtal, formé par un épaississement du mésoblaste de l’allantoïde. Toute la membrane proamniotique, y compris la portion demeurée jusqu’alors horizontale de cette membrane, a été employée à la formation du proamnios pr.

Fig. 6. — Dessins diagrammatigues de la structure intime du placenta (d’après Turner)

(Dans ces figures les vaisseaux maternels sont coloriés en bleu, les vaisseaux fœtaux sont teintés en rouge.)

A, placenta schématique. — B, structure du placenta du Cochon. — C, structure du placenta de la Yache. — D, structure du placenta du Chat. — E, placenta humain.

Dans toutes les figures, / désigne la portion fœtale, m la portion maternelle du placenta, e est l'épithélium du chorion, e’ celui du placenta maternel. De plus, en E, au représente une artère flexueuse utéro-placentaire, vu est une veine utéro-placentaire.

Dans le placenta schématique A, les portions fœtale et maternelle du placenta sont simplement juxtaposées. — En B (placenta du Cochon), le placenta fœtal forme de villosités papilliformes qui s’enfoncent dans des dépressions ou cryptes du placenta maternel. Les villosités sont formées d’un cône de tissu conjonctif parcouru par des capillaires et sont recouvertes par une couche d’épithélium très plat ; les cryptes maternelles sont tapissées par l’épithélium utérin, immédiatement au-dessous duquel est un plexus capillaire ; les vaisseaux maternels et fœtaux sont donc séparés ici par une double couche épithéliale. — En C (placenta diffus ou polycotylédonaire des Ruminants), la disposition est la même, sauf que les villosités fœtales prennent un développement considérable et deviennent arborescentes ; les vaisseaux maternels conservent la forme de capillaires. — Dans les placentas zonaires, comme celui du Chat (D), la disposition est beaucoup plus compliquée; les portions fœtale et maternelle du placenta se pénètrent réciproquement de la façon la plus intime. Le tissu maternel est une trame trabéculaire, l’intérieur des trabécules étant parcouru par des capillaires dilatés ; les trabécules sont recouvertes par l’épithélium utérin, et sont en contact de chaque côté avec les villosités fœtales. Les capillaires des villosités fœtales conservent leurs dimensions normales, et les villosités sont revêtues d’une couche épithéliale plate. — Dans le placenta humain, la modification la plus considérable est due à ce que les capillaires maternels se dilatent en vastes sinus communiquant entre eux. Dans ces sinus plongent les villosités fœtales,

EXPLICATION DES PLANCHES

baignées par le sang maternel sur la plus grande étendue de leur surface, mais çà et là attachées aux parois des sinus, c’est-à-dire au tissu de la sérotine, caractérisé par ses grandes cellules, au moyen de trabécules. Les villosités fœtales, où les vaisseaux conservent leur forme capillaire, sont recouvertes d’une couche épithéliale e\ que Turner considère comme n’étant pas l’épithélium chorial, mais une assise cellulaire dérivée de la sérotine, c’est-à-dire du placenta maternel. En dehors de cet épithélium, entre lui et le sang maternel, on voit un mince liséré blanc qui pour Turner est aussi un prolongement du tissu maternel, et représente ou l’endothélium du vaisseau maternel, ou un tissu conjonctif modifié fourni par la sérotine, ou l’un et l’autre.

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