‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrésChapitre 116 sur 159 · FORMATION DE ^ALLANTOÏDE · texte numérisé non relu

FORMATION DE ^ALLANTOÏDE

Il résulte de l’exposé qui précède que : 1° l’allantoïde a pour ébauche première une dépression puis un cul-de-sac de l’intestin postérieur, ou plus exactement (puisqu’à cette époque l’intestin postérieur n’est pas complètement délimité) du sac entodermique général; 2° que cette ébauche est simple ; 3° que le mésoderme n’entre que secondairement et à titre accessoire dans la constitution du rudiment de l’allantoïde.

Plusieurs embryologistes ont été conduits à d’autres résultats.

1° Si l’on en croit Kupffer, il faut chercher à une époque très reculée du développement, alors que l’intestin postérieur n’est même pas ébauché, et dans un organe très primitif de l’embryon ou plutôt du germe, l’origine première de l’allantoïde. D’après Kupffer, en effet, l’allantoïde naît chez les

ec

FIG. 166. — Coupe longitudinale de l’extrémité postérieure d’un embryon de Lézard (d’après Kupffer).

ec, ectoblaste, — m, mésoblaste. — en, entoblaste gastruléen. — en, entoblaste secondaire ou paraderme de Kupffer. — pr, prostoma. — c, canal'neurentérique. — al, diverticule allantoïdien du canal neurentérique. — cr, croissant (ligne primitive).

Reptiles de l’invagination gastruléenne du blastoderme, que nous avons appelée prostoma. Le cæcum gastruléen devient en grande partie l’allantoïde, en se soulevant en un diverticule (al, fîg. 166).

Quand plus tard le cæcum en question, s’ouvrant à la fois dans le canal neural et dans l’intestin, est devenu un canal neurentérique, l’allantoïde paraît une dépression de la partie postérieure de ce canal. Chez le Poulet, d’après Kupffer, l’origine de l’allantoïde ne serait pas autre que chez les Reptiles.

La manière de voir de Kupffer était intéressante à signaler parce qu’elle vient à l’appui de la thèse exposée ci-dessus, d’après laquelle l’allantoïde

ANNEXES EMBRYONNAIRES

serait un produit, non de l’intestin même, qu’elle précéderait dans son apparition, ou dont elle serait tout au moins contemporaine, mais de l’entoblaste primitif. Cependant nous devons ajouter aussitôt que la plupart des auteurs qui se sont occupés de la formation de l'allantoïde chez les Reptiles, tels Strahl, Weldon, Hoffmann, Perenyi, ont nié qu’il en soit comme Kupffer l’a avancé, et que l’ébauche de l’allantoïde se trouve dans la paroi du canal neurentérique.

2° Si l’on est à peu près d’accord aujourd’hui pour admettre que l’allantoïde se forme aux dépens d’une ébauche entoblastique unique, les anciens embryologistes (Remak, Reichert, Bischoff), et plus récemment Gasser se sont exprimés en faveur de la dualité primitive de cette ébauche. Les recherches de Dobrynin et de Duval ont montré au contraire que le rudiment allantoïdien est dès le début simple et médian. Et si Ton a cru à la dualité de l’ébauche allantoïdienne, c’est qu’on s’en est laissé imposer par l’aspect extérieur bilobé que prend dans certains cas l’allantoïde, en un stade déjà avancé de son développement.

3» On a dit aussi que la première indication de l’allantoïde était donnée par un épaississement du mésoderme, représentant une éminence allantoïdienne, dans lequel pénétrait seulement ensuite un diverticule entoblastique. Telle était l’opinion de Remak, dont voici un résumé, d’après Dastre. Quoique le rudiment allantoïdien, dit Remak, apparaisse dans une région où les deux lames du mésoderme sont encore bien rapprochées et dans le voisinage du point où elles se confondent, cependant il est possible de s’assurer que c’est la lame cutanée (somatique) qui fournit à la formation nouvelle. Celle-ci se montre comme un double mamelon plein, dirigé vers l’intérieur de la cavité blastodermique. Mais bientôt ces deux mamelons se confondent en un bourgeon unique, qui contracte des rapports avec la lame fibro-intestinale (splanchnique). C’est à ce moment que le feuillet interne pousse un diverticulum, un repli aveugle, dans le bourgeon allantoïdien encore solide et plein. La néoformation organique a pris dès lors la forme vésiculeuse et se trouve en communication avec l’intestin; l’allantoïde est définitivement constituée.

Strahl chez les Reptiles admet aussi que l’ébauche de l’allantoïde est primitivement une masse mésodermique pleine ; celle-ci se creuse ultérieurement d’une cavité qui n’entre qu’ensuite en communication avec l’intestin terminal. Ordôs a émis une opinion analogue.

Chez le Cobaye, Keibel affirme également que l’allantoïde débute par un bourgeon mésodermique plein. Cependant, contrairement à ce qu’ont cru Bischoff, Hensen et Selenka, tel n’est pas, selon Keibel, l’état définitif de l’allantoïde; car bientôt le bourgeon se creuse d’une cavité allantoïdienne d’origine entoblastique, dont l’existence est d’ailleurs passagère.

L’allantoïde, malgré les observations contraires qui viennent d’être rapportées, paraît avoir son origine dans un diverticule entoblastique, et la participation du mésoderme à sa constitution semble bien n’être que secon-

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