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CIRCULATION VITELLINE LYMPHATIQUE CHEZ L’OISEAU

branches émanées des cavités pariétales, mais qui ne les rejoignent pas encore, sauf en avant où l’anneau du lacis lymphatique est interrompu et fournit des branches qui, de chaque côté de la ligne médiane, se dirigent en arrière et se jettent dans les cavités pariétales correspondantes.

En un deuxième stade se forment les cavités pleuro-péritonéales de l’embryon (déjà visibles au 1er stade, en A sur la figure 173), qui, injectées,

Fig. 173. — Système lymphatique de l'embryon et de l’aire vasculaire du Poulet (d’après Budge).

A. Premier stade : cavités pariétales injectées avec les cavités pleuro-péritonéales. — B. Deuxième stade : circulation lymphatique de l’aire vasculaire du sacvitellin.

se montrent sous la forme de deux tubes terminés en cul-de-sac à leur extrémité postérieure et ouverts en avant dans le bord postérieur de la branche transversale de l’H. De l’extrémité postérieure des cavités pariétales partent des lymphatiques latéraux qui se dirigent en arrière, en dehors du corps de l’embryon et parallèlement à lui. Au niveau de l’ombilic, ils communiquent avec les cavités pleuro-péritonéales.

Au troisième stade, les lymphatiques latéraux atteignent en arrière l’extrémité caudale de l’embryon derrière laquelle ils se recourbent en dedans et se rejoignent. Comme d’autre part, en avant, les extrémités des deux cavités pariétales se sont rapprochées et fusionnées, l’embryon est totalement encadré par une lacune lymphatique péri-embryonnaire. L’anastomose transversale des deux cavités pariétales est entrée en connexion avec le cœur, qu’elle entoure ; elle n’est autre que le sac péricardique. Les cavités pleuro-péritonéales ont atteint en arrière l’extrémité postérieure de la lacune péri-embryonnaire avec laquelle elles communiquent.

Au quatrième stade, on peut résumer comme il suit la circulation lymphatique vitelline et ses rapports avec la circulation de la lymphe dans l’embryon : un sinus lymphatique terminal et une lacune péri-embryonnaire; celle-ci n’est autre que la portion extra-embryonnaire du cœiome; le sinus

ÉLÉMENTS D’EMBRYOLOGIE

ANNEXES EMBRYONNAIRES DES OISEAUX

et la lacune communiquent ensemble ; dans l’embryon, les deux cavités pleuro-péritonéales sont anastomosées en avant avec la branche transversale ou péricardique, en arrière et au niveau de l’ombilic par la lacune périembryonnaire.

Le sac vitellin, dont nous venons d’apprendre la constitution à l'époque de son plein développement, ne tarde pas à entrer dans une phase de régression ; le vitellus se fluidifiant, et sa quantité diminuant, le sac vitellin devient flasque et forme une série de replis qui augmentent la surface d’absorption, et font que le vitellus est plus rapidement enlevé parles vaisseaux sanguins.

Pendant ce temps, le mésoderme s’étendait tout autour du sac vitellin, et subissait au fur et à mesure de son extension le clivage bien connu, grâce auquel lesac vitellin externe ou vésicule séreuse se détachait du sac vitellin interne ou vésicule ombilicale. Depuis longtemps déjà ces deux organes annexes étaient complètement •délimités, le premier par l’ectoblaste,le deuxième par l’entoblaste parvenus au pôle inférieur de la sphère vitelline. Ce n’est par contre que vers le 16e jour de l’incubation que le mésoblaste est délaminé en deux feuillets au niveau du pôle végétatif de l’œuf, et que son clivage est ainsi complet, l’un de ses feuillets, non vasculaire, s’accolant à l’ectoderme de la vésicule séreuse, l’autre, pourvu de vaisseaux, à l’entoderme de la vésicule ombilicale dont il agrandit l’aire vasculaire. Au 19° jour, le sac vitellin, de dimensions très réduites, mais encore considérable, est rétracté, en passant par le pédoncule somatique ou cutané, dans la cavité abdominale de l’embryon, qu’il distend largement, et où finalement il disparaît.

L’allantoïde, que nous avons vue faire saillie dans le cœlome externe ou extra-embryonnaire, s’y accroît librement dès le 4Ô jour et s’étend au-dessus du corps du Poulet. Dès lors aussi la vésicule allantoïdienne se pédiculise ; son extrémité libre se renfle et devient sphérique, tandis que sa partie initiale, attachée à l’intestin postérieur, s’étire en un pédicule. L’allantoïde s’accroît du côté droit de l’embryon, sur lequel elle repose (fig. 175). A ce moment, ses vaisseaux deviennent très importants ; elle reçoit deux artères allantoïdiennes et émet deux veines allantoïdiennesqui se réunissent en une seule débouchant dans la veine vitelline*

l’allantoïde chez l’oiseau

L’allantoïde, en s’étalant sur le flanc droit de l’embryon, prend une forme aplatie. Bientôt elle déborde l’embryon de tous côtés et s’étend sur la plus grande partie du sac vitellin, et au-dessous de la coquille, dont elle n’est séparée que par la vésicule séreuse et

Fig. 174. — Embryon de Poulet et ses anxexes au 7e jour de l’incubation (d’après Duval).

am, amnios, renfermant l’embryon. — si, limite de l’aire vasculaire (le sinus terminal est tout à fait effacé). — av, aire vitelline (partie non vascularisée de la vésicule ombilicale). — oo, ombilic ombilical.

les restes de la membrane vitelline. L’allantoïde se fusionne plus ou moins avec elles, de telle sorte qu’en ouvrant un œuf à la fin de l’incubation on risque de déchirer l’allantoïde en enlevant la membrane coquillière.

Par sa situation superficielle au-dessous de la coquille et par sa riche vascularisation, l’allantoïde est bien disposée pour être le principal organe de la respiration. Elle remplit cette fonction jusqu’à l’éclosion du Poulet, dont la circulation pulmonaire entre immédiatement en activité, tandis que le sang cesse de couler dans lesartères allantoïdiennes. L’allantoïde se ratatine, son pédicule se rétracte dans l’ombilic cutané qui s’oblitère.

Les recherches de Duval ont en partie modifié les données qui précèdent, relativement à l’évolution ultérieure et aux rapports du sac vitellin et de l’allantoïde, ou du moins ont fait connaître sur ce sujet des détails nouveaux et intéressants. Duval a montré qu’il se constitue aux dépens de l’allantoïde et du sac vitellin un organe

3o6 • ANNEXES EMBRYONNAIRES DES OISEAUX

placentaire ou tout au moins placentoïde, que nous avons déjà signalé plus haut, et dont nous allons décrire la formation et la constitution, en nous servant des conclusions mêmes de l’auteur.

Rappelons tout d’abord quelques données, indispensables pour la compréhension de ce qui doit suivre, et que les figures 151 et 152 mettent en lumière. Les trois feuillets du blastoderme, avons-nous dit selon Duval, se terminent à des niveaux différents sur la sphère vitelline, l’ect oderme précédant l’entoderme, qui devance lui-même le mésoderme dans l'enveloppement de l’œuf. L'ectoderme finit par un bord légèrement épaissi, le

mvi

a ri

P ai

Fig. 175. — Deux coupes d’œufs de Fauvette d'âge diffèrent (d’après Duval).

A correspond à un Poulet du 5e au 6e jour ; B à un Poulet du 8e au 10e jour. ali, albumine de l’œuf. — ail, cavité de l’allantoïde. — ae, ai, feuillets externe et interne de l’allantoïde. — am, amnios. — ex, ectoderme. — mvi, membrane vitelline. — vi, vitellus. — vo, vésicule ombilicale. — cq, coquille.

bourrelet ectoderinique ; l’entoderme se termine dans une couche nucléaire, non cellulaire, l’entoderme vitellin ; le feuillet moyen à son extrémité est épaissi en un bourrelet mésodermique. Quant à la membrane vitelline, elle est graduellement résorbée dans la région embryonnaire de la sphère vitelline ; cette résorption s’arrête quand elle a dépassé l’équateur de la sphère, et alors il reste une calotte de membrane vitelline, laquelle se rétracte et se plisse sur le pôle inférieur de la sphère vitelline, pour prendre ultérieurement part à une formation accessoire appendue à l'ombilic ombilical.

Quant aux rapports de la vésicule ombilicale et de l’allantoïde et à la formation de l’organe placentoïde aux dépens de ces deux annexes, voici quelle est la description résumée qu’en donne Duval lui-même.

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